Entre le 24 et le 26 juin, la Maison Partagée de Nogent-le-Rotrou a accueilli la Dynamique Écologie d’ATD Quart Monde, qui réunit tous les groupes locaux engagés, de différentes manières, sur l’écologie.
Une vingtaine de personnes venues de Lyon, Dijon, Lille, Béthune, Cendras, Mulhouse et Cholet ont été reçues par les militants Quart Monde et alliés de Nogent-le-Rotrou qui ont su, comme à leur habitude, accueillir tout le monde dans le partage et la convivialité. L’équipe écologie était aussi présente pour assurer l’animation des échanges.
Après un jeu brise-glace à l’ombre des arbres du jardin de la Maison Partagée, la première après-midi a d’abord été consacrée au partage des nouvelles et actualités de chaque groupe. À Dijon, militants Quart Monde et alliés cultivent désormais deux jardins partagés, a expliqué Patricia. Comme à Mulhouse, où le groupe a commencé un jardin il y a six ans et a permis de lancer une dynamique qui a vu naître pas moins de dix-sept jardins dans toute la ville, dont deux d’ATD Quart Monde. « On a créé un groupe de tous les jardins où on se partage tout ce qu’on fait », a précisé Jean-Pierre.
Se reconnecter à la nature
Du coté de Lille, les « sorties nature » continuent pour « se découvrir et se reconnecter à la nature », a dit Maïe. Tandis qu’à Béthune la première sortie a eu lieu fin juin, à l’initiative de Chrystelle, militante Quart Monde, qui a voulu permettre à des familles particulièrement isolées habitant un quartier qui vit des problèmes de sécurité, de sortir et se ressourcer au milieu d’un marais. Parmi les projets en cours, il y a la création, là aussi, d’un jardin partagé. A Cendras, près d’Alès, la création d’un café pour se rencontrer et discuter entre voisins a permis de lancer des repas partagés pour créer des liens. Au travers de discussions et d’entretiens menés par les volontaires, les habitants ont fait émerger des difficultés à payer les charges liées au logement, dans un village avec 43 % de logements sociaux. Mais aussi des problèmes en lien avec l’isolation thermique et phonique.
C’est ainsi qu’a émergé l’idée d’investir un immeuble social très peu occupé et de le transformer en habitat participatif, dans le but de rassembler les besoins et baisser les factures. « Comme l’a résumé l’un des initiateurs du projet : partageons plus et payons moins de charges », explique Abdellah. Si, pour le moment, ce projet est « un rêve », le groupe de Cendras cherche activement à créer un collectif de personnes intéressées pour « devenir plus que des voisins », a dit Élodie, volontaire. Un autre projet d’habitat partagé est porté également par Michel et Chantal à Cholet, sous forme de coopérative d’habitants.
À Lyon, le groupe écologie est à la fois engagé dans des sorties nature, du jardinage et des débats autour de thématiques d’actualité sur l’écologie. Il s’est par exemple interrogé sur le fait d’« habiter dignement la Terre », d’après une phrase de Joseph Wresinski. Enfin, les militants et alliés de Nogent-le-Rotrou ont énuméré les multiples activités qui ont lieu chaque semaine à la Maison Partagée : jardin partagé, repas partagés, cours de piano, atelier couture, four à bois, massages, cours de français, bibliothèque de rue, etc. Et puis le Petit Marché Partagé, qui permet d’avoir accès à des produits bio et locaux à prix libre, tout en créant un échange vertueux avec les producteurs. Des réflexions sont aussi en cours sur la Sécurité sociale de l’alimentation. Chacun des groupes a pu par ailleurs présenter ses partenaires, dans le but d’apprendre les uns des autres des difficultés vécues mais aussi des réussites.
Se mettre ensemble face aux défis climatiques et environnementaux
Ensuite, un arpentage a eu lieu en petits groupes autour d’un document de synthèse sur la vision d’ATD Quart Monde sur l’écologie et la grande pauvreté. L’occasion de discuter entre autres du lien entre écologie et maltraitance institutionnelle, d’inégalités sociales et environnementales, et d’une conception globale de l’écologie comme une forme de bien-être au sein de son environnement. « On dit que les plus pauvres sont contraints à être écologiques. Dans ce que nous faisons il y a quelque chose de joyeux, les gens sont bien », a partagé Chantal, militante de Nogent-le-Rotrou.
La deuxième journée a également été dédiée à des discussions autour de l’évènement national qui se tiendra en 2026 sur l’écologie et la grande pauvreté. Le but étant de le construire ensemble et de connaître les attentes de chacun. En vue de cet événement, l’équipe de la priorité du Mouvement « Se mettre ensemble face aux défis climatiques et environnementaux », prépare notamment un « kit de balade exploratoire » qui devrait permettre à chacun de réaliser un diagnostic de son territoire, afin de comprendre comment l’environnement influence les militants et inversement.
Pollution de l’air, pollution sonore, accès à l’eau, à la nature, à une alimentation saine, gestion des déchets, ou encore lien social… Ce sont plein d’éléments à prendre en compte pour réaliser cette cartographie des territoires et ensuite réfléchir à des solutions.
Le soir, une vingtaine de participants sont allés découvrir le lieu collectif des Hautes-Planches à Bretoncelles, à la fois habitat partagé, lieu de formation et d’accueil de manifestations culturelles et militantes. Le lieu des Hautes-Planches fait partie du réseau du CLIP, qui rassemble des lieux solidaires et autogérés en propriété d’usage.
La rencontre s’est terminée par une visite du jardin partagé et un repas tous ensemble. À la fin, beaucoup ont dit avoir été marqués par l’écoute, la bienveillance et l’empathie qui ont caractérisé tous les moments partagés. Mais aussi par cette notion de « bien-être » qu’ATD Quart Monde associe à l’écologie et que la Maison Partagée à Nogent-le-Rotrou sait si bien incarner. « Je suis marquée par le fait de regarder l’écologie par en quoi ça nous rend heureux, plutôt que par quoi on doit se priver », a confié Chantal, militante.
Cette rencontre aura donc donné envie à tout le monde de continuer à travailler ensemble, à échanger et partager pour apprendre les uns des autres, et à « s’investir dans le commun », comme l’a dit Abdellah, en valorisant les forces mais aussi les vulnérabilités de chacun.
Photo : Rencontre de la Dynamique écologie à Nogent-le-Rotrou. © ATD Quart Monde
