Notre histoire

Lors de l'évènenement j'ai faim dans ma tête en 1981© mira marik atd quart monde centre joseph wresinski 6019 004 002

Notre histoire

Depuis plus de 65 ans, nous combattons aux côtés des familles qui vivent des situations de pauvreté pour éradiquer la misère. Retour vers les grands moments de notre histoire pour un futur inclusif et sans pauvreté.

1957
1.aide à toute détresse de l’assistance à la dignité
Aide à Toute Détresse : de l’assistance à la dignité.
Des familles du camp Château de France, à Noisy-le-Grand, créent avec Joseph Wresinski l’association « Aide à Toute Détresse », qui deviendra ATD Quart Monde. +
1964
2.geneviève anthonioz de gaulle une résistante présidente.
Geneviève Anthonioz de Gaulle : une résistante présidente
Née dans une famille aisée et cultivée, rien ne prédestinait, a priori, Geneviève Anthonioz de Gaulle à devenir militante de la cause des plus pauvres. Pourtant, en 1964, elle devient présidente d’ATD Quart Monde. +
1965
3.une maison d’éditions pas comme les autres
Une maison d’éditions pas comme les autres
En 1969, ATD Quart Monde édite et diffuse La condition sous-prolétarienne. L’héritage du passé de Jean Labbens, via sa branche éditoriale, Les Éditions Science et Service, qui deviendront plus tard Les Éditions Quart Monde. +
1967
4.au delà des frontières
Au-delà des frontières
La pauvreté et l’extrême pauvreté existant partout dans le monde et persuadé que l’on ne peut y répondre que mondialement, la Fédération Internationale d’ATD Quart Monde est créé en 1967. +
1968
5.mai 68 rédaction des cahiers de doléances à la cerisaie à stains en 1968 © miroslav marik centre joseph wresinki 0900 025 004
Mais 68 : le début du savoir dans la rue !
Mai 68. Paris est en ébullition et la France assiste à une révolution de la prise de parole dont va s’inspirer ATD Quart Monde. +
1969
6.« quart monde » la naissance d’un peuple les cahiers du quatrième ordre de pierre louis dufourny de villiers
« Quart Monde » : la naissance d’un peuple
Pour en finir avec les termes de « cas sociaux », « familles inadaptées », « famille à problèmes », Joseph Wresinski propose un nouveau nom : le « Quart-monde », inspiré des Cahiers du quatrième ordre de Louis-Pierre Dufourny de Villiers publié pendant la Révolution française. +
1970
7. du camp des sans logis à la cité de promotion familiale, socialela cité de promotion familiale d'atd quart monde dans les années 1970 © centre joseph wresinski 7000 001 001
Du camp des sans-logis à la cité de promotion familiale, sociale et culturelle
Grâce au combat des habitants, soutenus par ATD Quart Monde (alors nommé Aide à Toute Détresse), l’ancien camp des sans-logis devient une cité de promotion familiale. +
1972
8.le quart monde prend la parole lors d'une université populaire quart monde à paris en 1987 © atd quart monde centre joseph wresinki 0464 007 060 028
Le Quart Monde prend la parole
Pour construire et faire émerger un discours alternatif, ATD Quart Monde organise en 1972 les premières « rencontres du Quart Monde », prémices des Universités Populaires Quart Monde. +
1979
9.atd quart monde au conseil économique et social
ATD Quart Monde au Conseil économique et social
En 1979, Joseph Wresinski est nommé au Conseil économique et social français. ATD Quart Monde y siégera jusqu’en 2021 et y portera de nombreux avis. +
1982
10.violation des droits humains
Violation des droits humains
Pour le 25ème anniversaire du Mouvement ATD Quart Monde, un rassemblement public est organisé à Bruxelles. Les participants lancent une pétition demandant aux Nations unies de reconnaître la grande pauvreté comme une violation des droits humains. +
1987
11.reconnaissance de nombreuses personnalités assistent à cette première journée mondiale du refus de la misère © richard bruston centre joseph wresinski 0464 010 088 028
Reconnaissance
En 1987 marque une année de reconnaissance du travail et du combat mené par ATD Quart Monde. Le rapport sur la grande pauvreté porté par Joseph Wresinski est adopté au Conseil Économique et Social, tandis que quelques mois plus tard, le 17 octobre, 100 000 personnes se rassemblent à l’appel d’ATD Quart Monde : la Journée mondiale du Refus de la Misère est née. +
1988
12.rmi
Le RMI : de la charité aux droits
En 1988, Joseph Wresinski décède, quelques mois avant que le Revenu minimum d’insertion, inspiré de son rapport au CESE et expérimenté depuis 1981, soit créé. +
1992
13. 17 octobre 1996 est inaugurée une réplique de la dalle du refus de la misère au siège de l'onu, à new york © atd quart monde centre joseph wresinski 6006 005 001 001
Journée mondiale du Refus de la Misère
L'Assemblée Générale de l’ONU reconnaît le 17 octobre comme Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, portée par ATD Quart Monde depuis 1987. +
1998
14.avancées législatives
Impératif national et avancées législatives
Au cœur de l'été 1998 est promulguée la loi d'orientation relative à la lutte contre les exclusions. Portée par ATD Quart Monde et le Collectif Alerte, cette loi doit marquer un tournant dans la lutte contre la pauvreté. +
2007
15.loi dalo
Droit au logement opposable

Porté par ATD Quart Monde et un collectif d’association, la loi sur le Droit au Logement opposable (DALO) est adoptée en 2007. Elle doit permettre aux personnes sans-abris et mal-logées de faire un recours auprès de l’État pour obtenir un logement décent.

+

2011
16.objectif dévelopement durable
En route vers les Objectifs de Développement Durable
ATD Quart Monde lance une vaste recherche-action pour influencer l’élaboration des prochains Objectifs de développement durable par les Nations unies et ainsi contribuer à la réalisation d'un agenda de développement international inclusif. +
2012
17.principes directeurs
Principes directeurs
Fruit d'un travail de plusieurs années d'ATD Quart Monde avec des experts de l'ONU, les principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme sont approuvés par l'Assemblée générale des Nations unies. C’est le premier texte international reconnaissant les obstacles qui empêchent les personnes en grande pauvreté d'accéder à la pleine jouissance de leurs droits. +
2016
TZCLD, Territoires zéro chômeur de longue durée
Personne n’est inemployable
La loi d’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée initiée par ATD Quart Monde et ses partenaires pour résorber le chômage de longue durée est votée à l’unanimité. +
2016
20.stop pauvreté
Pauvrophobie
En 2016, la précarité sociale est reconnue comme 21ème critère de discrimination. Dans la foulée, ATD Quart Monde propose un nouveau mot pour désigner les discriminations et les idées fausses qui entourent la pauvreté. +
2017
21.les dimensions cachées de la pauvreté
Stop pauvreté : 60 ans de combat contre la misère
Pour son 60ème anniversaire, ATD Quart Monde lance une campagne mondiale contre la pauvreté : Stop Pauvreté. +
2023
22.archives reconnues par l'unesco
Précieuses archives
Témoignages du quotidien et des combats des plus pauvres, les archives d’ATD Quart Monde sont inscrites au Registre International Mémoire du Monde de l’Unesco. +
Quiz

En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté : le quiz !

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En France, à combien est fixé le seuil de pauvreté ?

2023 atdqm ideesfausses assistanat

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À combien s’élève le RSA pour une personne seule et sans enfant et avant déduction du forfait logement ?

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3 / 9

Il y a 20 ans, 20 % du budget dédié au RSA était alloué à l’accompagnement des allocataires. Selon vous a combien s'élève cette part aujourd'hui ?

2023 atdqm ideesfausses accompagnement

4 / 9

Quel pourcentage d’ayant-droits au RSA ne le demandent pas ?

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5 / 9

2023 atdqm ideesfausses chomage

6 / 9

A sa création en 1988, le RMI (ancêtre du RSA) avait été fixé à 49 % du SMIC. Selon vous, quel pourcentage du SMIC représente le RSA aujourd'hui ?

2023 atdqm ideesfausses rsavssmic

7 / 9

Les demandeurs d'asile peuvent percevoir les minima sociaux tels que le RSA.

2023 atdqm ideesfausses migrations

8 / 9

On estime que les émissions de CO2 des 10 % les plus aisés en France s’élèvent à 18,4 tonnes par an. A combien s'élèvent celles des 10% les plus modestes ?

2023 atdqm ideesfausses ecologie

9 / 9

Quelle part du budget de la protection sociale est aujourd'hui dédiée à la lutte contre la pauvreté ?

2023 atdqm ideesfausses protection sociale

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Emploi décent : testez vos connaissances !

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2023

Précieuses archives

Témoignages du quotidien et des combats des plus pauvres, les archives d’ATD Quart Monde sont inscrites au Registre International Mémoire du Monde de l’Unesco.

Depuis sa création, ATD Quart Monde rassemble un patrimoine exceptionnel abrité aujourd’hui au Centre de mémoire et de recherche Joseph Wresinski. Depuis Baillet-en-France (95), il veille ainsi sur plus de 2,7 km d’archives physiques et 130 To d’archives numériques parmi lesquelles plus de 6 millions de photos, des milliers d’heures d’enregistrement audio et vidéo, des écrits, des témoignages, des études et publications, des productions artistiques diverses recueillis depuis 1957 sur tous les continents : ce sont les archives d’ATD Quart Monde. Autant de trésors qui témoignent du quotidien et des combats des personnes en situation de pauvreté que les livres d’Histoire oublient trop souvent.

En 2023, l’Unesco a inscrit une partie de ce fond au Registre Mémoire du Monde : c’est une reconnaissance de la vie, des souffrances, des résistances et des intelligences des personnes les plus exclues à travers le monde.

Pour répondre à cet enjeu, une recherche participative internationale sur les dimensions cachées de la pauvreté, pilotée par l’Université d’Oxford et ATD Quart Monde avec le soutien de nombreux partenaires, a été menée dans six pays – trois au Nord et trois au Sud. Durant trois ans, les équipes de recherche composée à la fois de chercheurs universitaires, de professionnels et de personnes vivant en situation de pauvreté venant du Royaume-Uni, de France, des Etats-Unis, du Bangladesh, de Tanzanie et de Bolivie ont travaillé pour établir de nouvelles catégories d’analyse de la pauvreté. Moins technocratiques et davantage nourries par la vie des personnes qui en souffrent, ces « dimensions cachées de la pauvreté » mises en lumière par cette recherche ont pour but de faire avancer la pensée globale sur la nature et la mesure de la pauvreté. Objectif à long terme : contribuer à des actions de terrain plus efficaces et à l’élaboration de meilleures politiques de lutte contre la pauvreté aux niveaux national et international.

 Nous, les pauvres, la société ne nous aime pas et aimerait qu’on n’ait jamais existé. Maintenant que j’ai vu ce Centre, je sais qu’on ne pourra jamais plus nous effacer »

2019

Dimensions cachées

Afin de dépasser le simple aspect monétaire de la pauvreté et mettre en lumière les dimensions cachées de la pauvreté, ATD Quart Monde a mené une recherche participative dans 6 pays pendant 3 ans avec des universitaires, des professionnels et des personnes en situation de pauvreté.

S’il est largement admis que la pauvreté est multidimensionnelle, aujourd’hui encore on tend à la limiter à ses aspects financiers quand il s’agit de la mesurer, comme le fait par exemple la Banque mondiale qui fixe le seuil international de pauvreté à 1,90 dollar par personne et par jour. Pourtant l’enjeu est de taille : alors que la communauté internationale a adopté de nouveaux Objectifs pour un Développement Durable (ODD) – dont le premier est d’éradiquer la pauvreté partout et sous toutes ses formes – la manière dont nous comprenons et mesurons la pauvreté est plus que jamais essentielle.

Pour répondre à cet enjeu, une recherche participative internationale sur les dimensions cachées de la pauvreté, pilotée par l’Université d’Oxford et ATD Quart Monde avec le soutien de nombreux partenaires, a été menée dans six pays – trois au Nord et trois au Sud. Durant trois ans, les équipes de recherche composée à la fois de chercheurs universitaires, de professionnels et de personnes vivant en situation de pauvreté venant du Royaume-Uni, de France, des Etats-Unis, du Bangladesh, de Tanzanie et de Bolivie ont travaillé pour établir de nouvelles catégories d’analyse de la pauvreté. Moins technocratiques et davantage nourries par la vie des personnes qui en souffrent, ces « dimensions cachées de la pauvreté » mises en lumière par cette recherche ont pour but de faire avancer la pensée globale sur la nature et la mesure de la pauvreté. Objectif à long terme : contribuer à des actions de terrain plus efficaces et à l’élaboration de meilleures politiques de lutte contre la pauvreté aux niveaux national et international.

2017

Stop pauvreté : 60 ans de combat contre la misère

Pour son 60ème anniversaire, ATD Quart Monde lance une campagne mondiale contre la pauvreté : Stop Pauvreté.

Lancée le 12 février 2017, jour du centenaire de la naissance de Joseph Wresinski, la campagne a aussi été l’occasion de célébrer les 60 ans d’ATD Quart Monde et les 30 ans de la Journée mondiale du Refus de la Misère. Toute au long de l’année, elle permet à des dizaines de milliers de personnes dans une centaine de pays de raconter les histoires vécues de changement quand on s’unit contre la misère. En France, elle réunit des milliers de personnes au Village des initiatives d’ATD Quart Monde, installé place de la République, pour dire « Stop Pauvreté » et imaginer une société autrement.

2016

Pauvrophobie

En 2016, la précarité sociale est reconnue comme 21ème critère de discrimination. Dans la foulée, ATD Quart Monde propose un nouveau mot pour désigner les discriminations et les idées fausses qui entourent la pauvreté.

Le vote de la loi reconnaissant la précarité sociale comme 21ème critère de discrimination et son inscription dans le code pénal au même titre que les discriminations pour orientation sexuelle ou ethnique est le fruit d’un long combat mené par ATD Quart Monde.

Mais pour que cette discrimination soit pleinement connue et reconnue, encore fallait-il qu’elle soit nommée, de même que les mots homophobie ou xénophobie qualifient des discriminations reconnues et inacceptables. À ATD Quart Monde, nous avons toujours eu le souci de bien nommer les choses pour qu’elles ne soient plus niées : nous sommes à l’origine du mot « illettrisme » ou encore du mot « exclusion sociale ». C’est pourquoi, dans la suite de cette avancées juridique, ATD Quart Monde a lancé une campagne pour trouver un nom à la discrimination pour précarité sociale : « un nom pour dire non ». Une grande consultation publique a été menée aux termes de laquelle, c’est le mot « pauvrophobie qui a réuni le plus de suffrages parmi les six mots en lice – pauvrophobie, misérophobie, paupérophobie, pauvrisme, classisme et ptochophobie.

Il y a bien une peur ancestrale des gens très pauvres de la part des autres, qui produit toute sorte d’effets comme l’exclusion sociale, le rejet, la stigmatisation, la discrimination, l’apartheid social… Le néologisme de « pauvrophobie » désigne donc une discrimination pour précarité sociale qui implique des représentations, des croyances, des idéologies ou des pratiques à caractère hostile ou rejetant, basées sur la situation socio-économique des individus les plus pauvres. Les personnes très pauvres sont marginalisées à cause de l’argent mais aussi à cause de la façon dont on les voit.

Cette discrimination peut recouvrir de multiples forme et a des impacts concrets : discrimination à l’embauche, à la location ou encore aux soins médicaux… De plus en plus régulièrement, des dispositifs anti-SDF ou des règlements visant à interdire la mendicité font leur apparition. Chaque jour en France des enfants sont interdits d’école parce que leurs parents sont domiciliés en centre d’hébergement ou en squats, des CV sont ignorés parce que le postulant vit dans quartier pauvre… Les discours politiques fournissent également leur lot de pauvrophobie.

2016

Personne n’est inemployable

La loi d’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée initiée par ATD Quart Monde et ses partenaires pour résorber le chômage de longue durée est votée à l’unanimité. 

Le projet Territoires zéro chômeur de longue durée est initié par ATD Quart Monde – rejoint par Emmaüs France, le Secours catholique, le Pacte Civique et la Fédération des acteurs de la solidarité – au nom d’un principe énoncé dans le préambule de la Constitution de 1946 : “Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi.” Le principe : réaffecter les coûts dus à la privation durable d’emploi pour aider à financer de manière pérenne des emplois, socialement utiles et non concurrentiels avec ceux existants sur un territoire donné.

Dès 2014, un groupe de députés promeut l’initiative et à l’issue d’une campagne qui a mobilisée des élus et des acteurs des territoires, notamment autour de la grève du chômage, la loi d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage de longue durée  est votée à l’unanimité le 29 février 2016. Elle prévoit d’expérimenter pendant cinq ans, dans dix micro-territoires urbains ou ruraux comptant 5 000 à 10 000 habitants, l’embauche de chômeurs de longue durée en CDI, au moins au SMIC et à temps choisi via des Entreprises à But d’Emploi créée à cet effet, pour réaliser des activités adaptées à la situation de chacun et non couvertes par le secteur privé des bassins d’emploi concernés.

En 2017, 10 territoires se lancent dans l’aventure et l’association Territoires zéro chômeur de longue (TZCLD) prend le pilotage de l’expérimentation. Alors que les candidats à l’extension du projet sont nombreux, une seconde loi d’expérimentation a été adoptée en 2021, afin de permettre l’extension du projet à une cinquantaine de nouveaux territoires.

2012

Principes directeurs

Fruit d’un travail de plusieurs années d’ATD Quart Monde avec des experts de l’ONU, les principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme sont approuvés par l’Assemblée générale des Nations unies. C’est le premier texte international reconnaissant les obstacles qui empêchent les personnes en grande pauvreté d’accéder à la pleine jouissance de leurs droits.

L’adoption par le Conseil des Droits de l’Homme des Principes Directeurs Extrême Pauvreté et Droits de l’Homme en 2012 constitue une victoire significative dans la lutte pour l’éradication de la pauvreté, en reconnaissant expressément que la grande pauvreté n’est pas une simple question de manque de revenus mais une question de droits. Ces principes directeurs identifient explicitement les démarches que les gouvernements et les acteurs concernés devraient entreprendre pour garantir que toute personne puisse jouir de ses droits et que la misère soit éradiquée.

ATD Quart Monde, engagé dès le début dans le processus d’adoption des Principes Directeurs Extrême Pauvreté et Droits de l’homme en permettant la contribution des personnes en situation de pauvreté, a œuvré avec d’autres partenaires à l’élaboration de cet important document. L’étape suivante du travail a été de traduire ces principes dans un langage accessible à tous et de faire des suggestions d’action au plan local qui pourront être mises en œuvre par les organisations travaillant auprès des personnes vivant dans la grande pauvreté.

2011

En route vers les Objectifs de Développement Durable

ATD Quart Monde lance une vaste recherche-action pour influencer l’élaboration des prochains Objectifs de développement durable par les Nations unies et ainsi contribuer à la réalisation d’un agenda de développement international inclusif.

Dès 2011, ATD Quart Monde lance une vaste recherche action avec des personnes vivant dans la grande pauvreté pour évaluer les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) fixés par les Nations unies en 2000 et qui arriveront à échéance en 2015. Entre 2011 et 2013, cette recherche-action participative menée par ATD Quart Monde rassemble plus de 2 000 personnes dans 22 pays avec pour ambition de peser sur l’élaboration des 17 Objectifs de développent durable (ODD) qui viendront remplacer les OMD dans le cadre de l’Agenda 2030 piloté par les Nations unies. Pari réussi puisque, quand les OMD visaient à réduire la pauvreté de 50%, laissant sur le bord du chemin les personnes en plus grande situation de précarité, les ODD reprennent explicitement l’exigence de « ne laisser personne de côté », pour laquelle ATD Quart Monde se bat inlassablement depuis des années.

Par ailleurs, pour la première fois, ces objectifs lient étroitement les politiques qui visent à éliminer la pauvreté et celles qui visent à préserver la planète. Pour la première fois aussi, ces objectifs concernent toutes les nations et s’appuient sur les droits humains.

Déception tout de même car le document final n’énonce pas de dispositifs qui permettraient de rendre effectif l’accès de tous aux droits, ni ne fait référence aux Principes Directeurs Extrême Pauvreté et Droits de l’Homme, adoptés par les Nations unies en 2012, qui garantissent que toute politique de développement et de lutte contre la pauvreté associe pleinement les plus exclus.
Aujourd’hui, ATD Quart Monde veut aller encore plus loin en s’engageant au niveau international dans l’élaboration d’indicateurs de mesure de la pauvreté et, dans chaque pays, dans la mise en œuvre et l’évaluation de ces Objectifs de Développement Durable.

2007

Droit au logement opposable

Porté par ATD Quart Monde et un collectif d’association, la loi sur le Droit au Logement opposable (DALO) est adoptée en 2007. Elle doit permettre aux personnes sans-abris et mal-logées de faire un recours auprès de l’État pour obtenir un logement décent.

Dès 2003, sous l’impulsion de Paul Bouchet, alors président d’ATD Quart Monde et membre du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, 6 associations se regroupent au sein d’une plateforme pour un Droit au Logement Opposable. Cette plateforme réaffirme le droit au logement comme droit fondamental et interpelle le Gouvernement pour demander qu’une concertation s’engage sur le droit au logement opposable. Objectif : confier à l’État l’obligation de loger ou de reloger les ménages qui y sont reconnus éligibles, de façon prioritaire, urgente et avec une offre « adaptée ».

Trois ans plus tard, cette plateforme rassemble une soixantaine d’associations et fédérations associatives issues de divers horizons qui mènent un travail de lobbying auprès des décideurs politiques pour faire prévaloir l’idée du droit au logement opposable.

Par définition, l’idée de rendre opposable le droit au logement est contraignante pour la puissance publique. C’est pourquoi elle suscite alors peu d’enthousiasme parmi les décideurs politiques. Mais l’année 2006 est une année préélectorale et les candidats à l’élection présidentielle définissent leurs programmes. Pendant ce temps, le mal-logement continue à faire des ravages. Révoltés par la situation des sans-abris, les Enfants de Don Quichotte, emmenés par Augustin Legrand installent des tentes rouges le long du canal Saint-Martin. La question des sans-abris s’invite dans la campagne électorale. Les Enfants de Don Quichotte, avec les autres réseaux associatifs, défendent une plateforme revendicative dans laquelle figure en bonne place le droit au logement opposable. C’est ce contexte qui va amener le président Chirac, dans ses vœux aux Français du 31 décembre 2006, à annoncer sa décision de « mettre en place un véritable droit au logement opposable, c’est-à-dire faire du droit au logement une réalité ». Et de demander au Gouvernement « d’avancer sur ce point dans les toutes prochaines semaines. »

Ainsi, débattue dans l’urgence, la loi pour le droit au logement opposable est promulguée le 5 mars 2007. Elle crée une obligation à la charge de l’État de fournir un logement décent et indépendant à toute personne vivant de façon légale sur le territoire français et ne parvenant pas à se loger par ses propres moyens. Grâce à la mobilisation des associations, elle fait partie des toutes dernières lois de la mandature du président Chirac.

1998

Impératif national et avancées législatives

Au cœur de l’été 1998 est promulguée la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions. Portée par ATD Quart Monde et le Collectif Alerte, cette loi doit marquer un tournant dans la lutte contre la pauvreté.

Geneviève Anthonioz de Gaulle, alors présidente d’ATD Quart Monde France est invitée à prendre la parole à la tribune de l’Assemblée Nationale : elle incite l’ensemble des députés à voter cette loi, au-delà des clivages politiques. Un pari presque réussit puisque la loi sera adoptée à la quasi-unanimité. Née des rapports de Joseph Wresinski et de Geneviève de Gaulle-Anthonioz au Conseil économique et social, préparée par le gouvernement Juppé avant la dissolution de l’Assemblée nationale puis retravaillée par la majorité de gauche, il aura néanmoins fallu presque quatre ans de débats et de multiples rebondissements pour aboutir à son adoption définitive.

Comportant 159 articles qui concernent la plupart des ministères, la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions fait de la lutte contre les exclusions « un impératif national fondé sur le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l’ensemble des politiques publiques de la nation » : ambitieux ! En mettant l’égale dignité, qui est au fondement des droits humains, au cœur de la matrice de la lutte contre la pauvreté et des exclusions, cette loi fait des exclus des sujets de droit comme les autres, et non plus des citoyens de seconde zone à qui l’on consacrerait des mesures spécifiques. La politique de lutte contre les exclusions devient ainsi permanente, globale et transversale à toutes les politiques publiques avec pour objectif de garantir l’accès de tous aux droits de tous : emploi, logement, santé, éducation, citoyenneté, culture… Il ne s’agit plus de gérer la misère, mais de lui faire la guerre sur tous les fronts pour la détruire. Enfin, cette loi préparée avec les personnes concernées à partir de leur expérience de vie et de leurs connaissances – une première – consacre la participation de celles et ceux vivant la grande pauvreté « à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation » des politiques publiques. 

Un an plus tard sera votée la loi sur la Couverture Maladie Universelle, également portée par ATD Quart Monde.

1992

Journée mondiale du Refus de la Misère

L’Assemblée Générale de l’ONU reconnaît le 17 octobre comme Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, portée par ATD Quart Monde depuis 1987.

Par sa résolution 47/196 adoptée le 22 décembre 1992, l’Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 17 octobre Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. La première célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté date du 17 octobre 1987. Ce jour-là, plus de 100 000 personnes se sont rassemblées au Trocadéro, à Paris, où la Déclaration universelle des droits de l’homme a été signée en 1948, afin d’honorer les victimes d’extrême pauvreté, de violence ou de faim. Leurs convictions :

Là où des Hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. 

Depuis, des personnes de tous horizons, toutes croyances ou origines sociales se réunissent chaque année le 17 octobre afin de renouveler leur engagement et de manifester leur solidarité aux plus exclus.

1988

Le RMI : de la charité aux droits

En 1988, Joseph Wresinski décède, quelques mois avant que le Revenu minimum d’insertion, inspiré de son rapport au CESE et expérimenté depuis 1981, soit créé.

Début des années 80, la gauche arrive au pouvoir. Dix ans après la fin des Trente glorieuses, la notion d’emploi pour tous est encore la référence. L’idée est alors courante dans l’opinion – elle l’est encore aujourd’hui – que les chômeurs le sont parce qu’ils refusent de travailler et que l’État n’a pas à les « assister ». Pourtant, c’est aussi l’époque où le nombre de chômeurs explose, tout comme le nombre de personnes sans-abris. C’est dans ce contexte que Michel Rocard, alors Ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire, demande à Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde une étude allant « au cœur des inégalités extrêmes pour atteindre ceux que la vie économique avait complètement exclus ».

A Rennes, ATD Quart Monde lance alors une expérimentation pour un Complément local de ressources, avec l’appui de la caisse d’allocations familiales, la ville de Rennes, la Ddass (Direction départementales des affaires sanitaires et sociales), le conseil général d’Ille-et-Vilaine et la mutualité sociale agricole (MSA). Un revenu minimum est garanti pendant 14 mois à 126 familles très démunies et volontaires pour participer à l’évaluation de l’expérience. Aucune contrepartie ni aucun suivi social ne sont exigés, mais l’équipe de travailleurs sociaux est entièrement à la disposition des familles qui désiraient faire appel à eux.

Un bilan de ces expérimentations sera présenté dans l’avis rapporté par Joseph Wresinski en 1987 au Conseil Économique et Social. En ressort qu’une amélioration de la vie quotidienne s’est produite pour les volontaires ayant participé à l’expérimentation, en particulier par des dépenses plus importantes en nourriture et en vêtements, besoins que les ressources habituelles ne parvenaient pas à couvrir. Beaucoup ont pu régler leurs dettes quand certains ont également pu réaliser des projets attendus depuis longtemps : acheter des lunettes, se faire soigner les dents, entreprendre une formation… Cependant, le nombre de personnes sans travail ne change pas, alors que le souhait des volontaires à l’expérimentation était bien celui d’un emploi et d’un statut de travailleur.

Interviewées à l’issue de ces expérimentations, les personnes y ayant participé insistent sur le sentiment de dignité ou au contraire de dépendance que procure la garantie d’un revenu minimum. Pour les uns, elle représente une libération (ne plus avoir de dettes, ne plus avoir à quémander continuellement des secours ou même de la nourriture, ne plus avoir honte de son dénuement). D’autres craignent l’intervention d’un travailleur social, et pour cette raison ne font pas la demande d’un soutien. D’autres disent vouloir gagner leur revenu, et non le recevoir.

C’est en s’inspirant de ces expérimentations et de l’Avis présenté par Joseph Wresinski que Michel Rocard – devenu Premier ministre – crée le Revenu Minimum d’Insertion, connu aujourd’hui sous le nom de Revenu de Solidarité Active. Ce dispositif marque incontestablement une avancée à plusieurs points de vue : d’ampleur nationale, il s’adresse en priorité à des personnes sans aucune ressource. Si ATD Quart Monde aurait préféré une politique plus globale permettant un changement fondamental dans la société, il n’en reste pas moins que sa mise en place a permis de transférer la question de la pauvreté du domaine de la charité à celui des droits humains. Ce tournant législatif montre également que c’est en partant de l’expérience et de l’intelligence des personnes concernées, que des avancées peuvent être faites.

1987

Reconnaissance

En 1987 marque une année de reconnaissance du travail et du combat mené par ATD Quart Monde. Le rapport sur la grande pauvreté porté par Joseph Wresinski est adopté au Conseil Économique et Social, tandis que quelques mois plus tard, le 17 octobre, 100 000 personnes se rassemblent à l’appel d’ATD Quart Monde : la Journée mondiale du Refus de la Misère est née.

En 1987, le Conseil Économique et Social vote le rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale » porté par Joseph Wresinski. Pour la première fois, le peuple du Quart Monde s’exprime officiellement par la voix de l’un des siens. Dans ce rapport figure notamment une définition de la grande pauvreté reprise dans des textes de loi en France et à l’ONU :

La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi, permettant aux personnes et familles d’assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut-être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle devient persistante, qu’elle compromet les chances de réassumer ses responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible

De ce rapport est également né, en 1988, le Revenu Minimum d’Insertion (RMI), devenu Revenu universel d’activité (RSA) [lien vers date dédiée : 1988]. 

Le 17 octobre de la même année, ATD Quart Monde organise à Paris un grand rassemblement international des défenseurs des Droits de l’Homme, à l’occasion du trentième anniversaire du Mouvement. En présence d’une foule de 100 000 personnes rassemblée sur le Parvis des Droits de l’Homme, place du Trocadéro à Paris, une dalle est inaugurée en l’honneur des victimes de la misère :

Là où des Hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. 

Après cinq ans de combat, la pauvreté est enfin reconnue comme une violation des droits humains qu’il faut combattre. C’est à cette occasion que Joseph Wresinski prononce son discours « Je témoigne de vous

« Millions et millions d’enfants, de femmes et de pères qui sont morts de misère et de faim, dont nous sommes les héritiers. Vous qui étiez des vivants, ce n’est pas votre mort que j’évoque aujourd’hui en ce Parvis des Libertés des Droits de l’Homme et du Citoyen, c’est de votre vie dont je témoigne.

Je témoigne de vous, mères dont les enfants condamnés à la misère sont de trop en ce monde.

Je témoigne de vos enfants tordus par les douleurs de la faim, n’ayant plus de sourire, voulant encore aimer.

Je témoigne de ces millions de jeunes qui, sans raison de croire, ni d’exister, cherchent en vain un avenir en ce monde insensé.

Je témoigne de vous, pauvres de tous les temps, et encore d’aujourd’hui, happés par les chemins, fuyant de lieux en lieux, méprisés et honnis.

Travailleurs sans métier, écrasés en tout temps par le labeur. Travailleurs dont les mains, en ces jours, ne servent plus à rien.

Millions d’hommes, de femmes et d’enfants, dont les cœurs à grands coups battent encore pour lutter.

Dont l’esprit se révolte contre l’injuste sort qui leur fut imposé. Dont le courage exige le droit à l’inestimable dignité.

Je témoigne de vous, enfants, femmes et hommes qui ne voulez pas maudire, mais aimer et prier, travailler et vous unir, pour que naisse une terre solidaire.
Une terre, notre terre, où tout homme aurait mis le meilleur de lui-même avant que de mourir.
Je témoigne de vous, hommes, femmes et enfants dont le renom est désormais gravé par le cœur, la main et l’outil sur le marbre de ce Parvis des Libertés.

Je témoigne de vous pour que les hommes enfin, tiennent raison de l’homme et refusent à jamais de la misère la fatalité. »

1982

Violation des droits humains

Pour le 25ème anniversaire du Mouvement ATD Quart Monde, un rassemblement public est organisé à Bruxelles. Les participants lancent une pétition demandant aux Nations unies de reconnaître la grande pauvreté comme une violation des droits humains.

Cette pétition marque le début du combat public d’ATD Quart Monde pour que la lutte contre la misère soit menée sous l’angle des droits. A l’issue de la campagne, les 232 500 signatures rassemblées sont remises au Secrétaire général des Nations unies, Javier Perez de Cuellar. Les deux hommes se retrouvent alors immédiatement autour des premiers mots de la Charte des Nations unies « Nous, les peuples des Nations unies ». Porte-parole du peuple des pauvres, du peuple du Quart Monde, Joseph Wresinski se reconnait dans l’ambition de Perez de Cuellar d’aller au bout de ce à quoi il croyait : des Nations unies qui soient celles de leurs peuples, et plus particulièrement des plus pauvres parmi eux. 

Suite à cette première rencontre, Javier Pérez de Cuellar ouvrit au Mouvement ATD Quart Monde les portes du Centre des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève, pour un long chemin qui conduisit à la reconnaissance de l’extrême pauvreté comme violation des droits humains 5 ans plus tard, en 1987.

1972

Le Quart Monde prend la parole

Pour construire et faire émerger un discours alternatif, ATD Quart Monde organise en 1972 les premières « rencontres du Quart Monde », prémices des Universités Populaires Quart Monde.

Cette année-là, à lieu la premières « Rencontres avec le Quart Monde » au centre de Paris rassemblant des habitants des quartiers de misère et des personnes qui ne vivent pas la misère : le Quart Monde possède désormais des espaces de formation et d’expression qui pourront lui permettre de se forger une réflexion collective. Lieu de dialogue, d’échanges et de formation à l’expression individuelles et collectives les « rencontres avec le Quart Monde » deviendront les Universités Populaires Quart Monde.

Un pas décisif est ainsi franchi : les plus pauvres ont pris la parole. Avec d’autres engagés dans le même combat, ils ne la lâcheront plus.

1979

ATD Quart Monde au Conseil économique et social

En 1979, Joseph Wresinski est nommé au Conseil économique et social français. ATD Quart Monde y siégera jusqu’en 2021 et y portera de nombreux avis.

Très vite Jospeh Wresinski comprend combien ce lieu, troisième Assemblée de la République après le Sénat et l’Assemblée Nationale, peut servir la cause des plus pauvres et influencer le gouvernement et les parlementaires. Il y siège de 1979 à 1988 et est notamment rapporteur, en 1987, d’un rapport qui fait encore date : « Grande pauvreté et précarité économique et sociale », dans lequel figure une définition de la grande pauvreté reprise dans des textes de loi en France et à l’ONU. De ce rapport est également né, en 1988, le Revenu Minimum d’Insertion (RMI), devenu Revenu universel d’activité (RSA). 

Geneviève de Gaulle Anthonioz, succédant à Joseph Wresinski après son décès en 1988, portera à son tour dans l’hémicycle la voix des exclus. En 1995, elle présente une évaluation des politiques publiques en matière de lutte contre la grande pauvreté. C’est ce rapport qui permettra, trois ans plus tard, d’élaborer la loi d’orientation de lutte contre les exclusions de 1998.  C’est également de ce rapport et de cette loi qu’a été initiée la création de la Couverture Maladie Universelle pour l’accès aux soins.

A sa suite, Didier Robert, alors délégué national d’ATD Quart Monde, a été rapporteur d’un avis intitulé « L’accès de tous aux droits de tous, par la mobilisation de tous ». Il montre combien la participation des personnes très pauvres aux réflexions et aux décisions est essentielle et jette les premières bases pour l’instauration du droit au logement opposable (DALO). 

A leur suite, Lucien Duquesne puis Marie-Aleth Grard n’ont eu de cesse au sein de cette assemblée de travailler avec toutes les forces vives de la nation, organisations syndicales, employeurs et salariés, associations et ONG pour que soit pris en compte le savoir des personnes très pauvres, intervenant régulièrement pour faire entendre le combat pour l’égale dignité de tous. Marie-Aleth Grard, alors vice-présidente d’ATD Quart Monde, a ainsi été rapporteure de l’avis  « Une école de la réussite pour tous », qui montre que la réussite de tous à l’école est possible sous certaines conditions, et co-rapporteure avec Martine Vignau (UNSA), de l’avis « Revenu Minimum Social Garanti », qui propose la simplification de l’accès aux minima sociaux afin d’éviter au maximum le non-recours aux droits.

Tous les rapports et avis d’ATD Quart Monde au CESE, ont été réfléchis, construits et élaborés avec des personnes en situation de pauvreté.

Rapport_WRESINSKI

1970

Du camp des sans-logis à la cité de promotion familiale, sociale et culturelle

Grâce au combat des habitants, soutenus par ATD Quart Monde (alors nommé Aide à Toute Détresse), l’ancien camp des sans-logis devient une cité de promotion familiale.

Après l’appel de l’abbé Pierre à l’hiver 1954, l’association Emmaüs acquiert un terrain, en partie marécageux, au lieu-dit « le château de France », une ancienne propriété bourgeoise bordée d’une décharge publique à Noisy-le-Grand. Sous des tentes où s’agglutinent parfois jusqu’à huit familles, la misère prend ses quartiers au milieu des ordures et de la boue. « Il n’y avait pas d’eau et pas de toilettes », se souvient Marie Jahrling, qui a grandi dans le camp avec ses parents, réfugiés politiques espagnols. Petite avancée : petit à petit les tentes disparaissent et sont remplacés par des igloos en fibrociment. Mais, si le décor change, les conditions de vie inhumaines dans le camp restent les mêmes.

Quand Joseph Wresinski y est nommé comme aumônier en 1956, un peu plus de 1 000 personnes s’agglutinent alors dans ses abris de fortune. Il s’efforce d’améliorer l’ordinaire au cœur de ces 13 hectares de misère absolue : avec les habitants du camp et les volontaires venus le rejoindre au sein d’Aide à Toute Détresse [Lien vers date dédiée : 1956], ils isolent les igloos, installent des fontaines et une laverie collective, créent un jardin d’enfants, un salon de coiffure, une bibliothèque, des ateliers professionnels…

En 1970, c’est la révolution : les premiers logements en dur sortent de terre, construit par la société HLM d’Emmaüs, en même temps qu’un concept original porté par ATD Quart Monde : la cité de promotion familiale, sociale et culturelle, un lieu d’hébergement mais aussi d’accompagnement social et culturel de familles en situation de grande précarité.

Devenue vétuste, la cité a fait l’objet d’un programme de rénovation urbaine qui aboutira à la démolition de tous les logements et la construction de quatre nouveaux immeubles, en 2016. L’un d’entre eux, la résidence Geneviève Anthonioz de Gaulle, est dédié à la poursuite de l’accueil des familles du Centre de promotion familiale, sociale et culturelle d’ATD Quart Monde.

1969

« Quart Monde » : la naissance d’un peuple

Pour en finir avec les termes de « cas sociaux », « familles inadaptées », « famille à problèmes », Joseph Wresinski propose un nouveau nom : le « Quart-monde », inspiré des Cahiers du quatrième ordre de Louis-Pierre Dufourny de Villiers publié pendant la Révolution française.

Louis-Pierre Dufourny de Villiers publie les Cahiers du quatrième ordre le 25 avril 1789, indigné devant le fait que ceux qui ne paient pas six livres de capitation ne soient pas considérés comme des citoyens et ne puissent donc pas participer aux assemblées de district – lesquelles rédigent à Paris les cahiers de doléances et élisent leurs représentants en vue des États généraux.

 

La découverte par Joseph Wresinski du Cahier du Quatrième Ordre presque deux siècles plus tard, donnait une identité historique au Quart Monde : il a voulu signifier que les plus pauvres ne sont toujours pas considérés comme des citoyens à part entière. Mais c’est aussi un nom qui se veut porteur d’espoir et de dignité : pour ceux qui ont l’expérience de la grande pauvreté, « être du Quart Monde », c’est appartenir à un peuple. Et cette identité représente une force.

1968

Mais 68 : le début du savoir dans la rue !

Mai 68. Paris est en ébullition et la France assiste à une révolution de la prise de parole dont va s’inspirer ATD Quart Monde.

Au printemps, avec la révolte étudiante qui gronde et les grèves qui s’étendent, les cités d’urgence et les bidonvilles où Aide à Toute Détresse (ancien nom d’ATD Quart Monde) intervient, sont touchés de plein fouet. La Poste étant en grève, les habitants ne reçoivent plus leurs allocations. Le Mouvement lance alors des collectes. En même temps, Aide à Toute Détresse mène une action de recueil de doléances auprès des habitants des bidonvilles et des cités d’urgence. Objectif : faire entendre d’autres voix dans cette quête d’un nouveau projet de société qui traverse le pays. A Stains, Mulhouse, Orly, Créteil, Reims, La Courneuve, Saint-Denis, Toulon, Noisy-le-Grand et ailleurs, les habitants sont invités à exprimer leurs aspirations, en termes de santé, de travail, d’école, d’habitat, d’honneur, etc. Ce sera le Manifeste « Un peuple parle ». 

Simultanément, Joseph Wresinski appelle les étudiants du Quartier latin – qui cherchent alors plutôt à rejoindre le monde ouvrier dans les usines – à venir dans ces cités « partager leurs savoirs » avec ceux, écrasés par la misère, qui n’ont souvent pas eu la chance d’accéder à l’école. Ils sont nombreux à répondre présents et à débarquer dans les bidonvilles pour animer de l’aide aux devoirs et des ateliers culturels. Ainsi naissent les premières bibliothèques de rue, que mène encore aujourd’hui ATD Quart Monde dans une cinquantaine de lieux, partout en France.

1967

Au-delà des frontières

La pauvreté et l’extrême pauvreté existant partout dans le monde et persuadé que l’on ne peut y répondre que mondialement, la Fédération Internationale d’ATD Quart Monde est créé en 1967.

Si les premiers volontaires permanents à partir à l’étranger rejoignent les États-Unis dès 1964 pour travailler dans la communauté portoricaine de Manhattan, c’est en 1967 qu’ATD Quart Monde devient officiellement un Mouvement international.

Pour faire face à la puissance de l’argent qui échappe aux États, à l’assurance des experts internationaux qui appréhendent la pauvreté depuis leur tour d’ivoire et aux idéologies qui pointent l’étranger comme cause de tous les malheurs, il était en effet impératif de créer une autre mondialisation : celle de la connaissance du « monde vu par le bas » et du combat des plus exclus.

A la fin des années 70 ATD Quart Monde s’implante ainsi à l’Île de la Réunion, au Guatemala et en Thaïlande. Puis, en 1981, une première implantation voit le jour en Afrique avec des volontaires arrivant au Burkina Faso et, un an plus tard, au Sénégal.

Aujourd’hui, ATD Quart Monde International est présent dans une trentaine de pays.

1965

Une maison d’éditions pas comme les autres

En 1969, ATD Quart Monde édite et diffuse La condition sous-prolétarienne. L’héritage du passé de Jean Labbens, via sa branche éditoriale, Les Éditions Science et Service, qui deviendront plus tard Les Éditions Quart Monde.

Depuis, de nombreux témoignages et romans, livres pour enfants, journaux, revues, travaux de recherche, documents et supports audiovisuels sont publiés et diffusés chaque année. Objectif : témoigner de la vie et de la pensée des personnes vivant dans la grande pauvreté en leur donnant la parole le plus directement possible, contribuer à changer les mentalités et donner les moyens de réfléchir et d’agir en s’appuyant à partir des actions et des réflexions menées par ATD Quart Monde.

1964

Geneviève Anthonioz de Gaulle : une résistante présidente.

Née dans une famille aisée et cultivée, rien ne prédestinait, a priori, Geneviève Anthonioz de Gaulle à devenir militante de la cause des plus pauvres. Pourtant, en 1964, elle devient présidente d’ATD Quart Monde.

C’est en octobre 1958 que Geneviève Anthonioz de Gaulle, nièce du général de Gaulle, rencontre Joseph Wresinski lors d’un dîner chez une amie commune qui voulait lui faire connaître ce curé atypique. Il insiste alors pour qu’elle vienne visiter le bidonville où il vit aux côtés des familles. Là, au camp des sans-logis de Noisy-le-Grand, elle découvre un monde qui la renvoie au camp de femmes de Ravensbrück, où elle a été déportée en 1944 comme Résistante :

Sur le visage de ces hommes et de ces femmes, j’ai retrouvé quelque chose que j’avais connu sur les visages de mes camarades à Ravensbrück, quand on n’a plus d’espérance, quand on est usé par un combat quotidien dont on se dit qu’il ne peut finir que par notre mort.

Dès lors, Genevève Anthonioz de Gaulle ne quittera jamais plus ATD Quart Monde, dont elle sera présidente pendant 34 ans, jusqu’au vote de la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions, en juillet 1998.

Décédée en 2002 et panthéonisée en 2015, Geneviève de Gaulle a bousculé son milieu, sa famille politique, les certitudes des combats établis et, finalement, toute la société.

1957

Agir tous pour la dignité : De la honte de la misère à la fierté d'être un peuple

Des familles du camp Château de France, à Noisy-le-Grand, créent avec Joseph Wresinski l’association « Aide à Toute Détresse », qui deviendra ATD Quart Monde.

C’est un an plus tôt que Joseph Wresinski a rejoint les 252 familles rassemblées dans ce camp de sans-logis établit par Emmaüs au lieu-dit Château-de-France, à Noisy-le-Grand, près de Paris.  Né d’un père polonais et d’une mère espagnole et marqué par son enfance vécue dans la pauvreté, les humiliations et la honte, Joseph Wresinski reconnaît immédiatement, là, au milieu des tentes et des baraquements en forme d’igloos, « son peuple ».

Les familles que j’y ai rencontrées m’ont rappelé la misère de ma mère. Les enfants qui m’ont assailli dès le premier instant, c’étaient mes frères, c’était ma sœur, c’était moi, 40 ans plus tôt à Angers. […]. J’avais affaire à une misère collective. D’emblée, j’ai senti que je me trouvais devant mon peuple.

Très vite, afin que les habitants du camp ne dépendant plus du « bon vouloir des autres », il s’oppose à la soupe populaire. Avec les familles, sont créés un jardin d’enfants et une bibliothèque. Puis, des ateliers pour les jeunes et les adultes, une laverie, un salon d’esthétique et une chapelle Notre-Dame-des-sans-logis-et-de-tout-le-monde vont peu à peu être installés. L’association « Aide à toute détresse », qui deviendra ATD Quart Monde quelques années plus tard, voit le jour. Son objectif : détruire la misère et l’exclusion et faire reconnaître la dignité de toutes et tous. 

Des hommes et des femmes de tous horizons et de tous pays rejoignent peu à peu le camp des sans-logis pour aider. Parmi eux, certains font le pas de s’engager à long terme. Le volontariat permanent est créé, Joseph Wresinski considérant que « la lutte contre la misère ne sera pas simplement affaire de gouvernement, mais aussi affaire d’hommes acceptant de marcher avec les exclus, de lier leur vie à leur vie, parfois de tout quitter pour partager leur sort ».

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