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Écoutez le podcast d’ATD Quart Monde
#3 Pourquoi une Journée mondiale du refus de la misère ?
Le Collectif Refuser la Misère, qui rassemble des organisations diverses, organise la Journée mondiale du Refus de la Misère, chaque 17 octobre.
La Journée mondiale du refus de la misère
Née de l’initiative de Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, et de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992. La Journée mondiale du refus de la misère donne la parole aux personnes directement concernées par la pauvreté sur les conditions indignes qu’elles vivent, sur leurs résistances quotidiennes et leurs aspirations. Cette journée est également l’occasion de rappeler que la misère est une violation des droits humains et qu’elle n’est pas une fatalité.
Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l’homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l’ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n’est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.
Joseph Wresinski
En 2025...
Cette année, agissons ensemble contre la maltraitance sociale et institutionnelle !
En 2025, la journée mondiale du refus de la misère est dédiée à la lutte contre la maltraitance sociale et institutionnelle. Nous célébrons cette journée partout en France ! A Paris, nous perpétuons cette tradition en nous rassemblant sur le Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro) !
La maltraitance sociale et institutionnelle : qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit de deux dimensions cachées de la pauvreté qui prennent en compte la façon dont sont perçues les personnes qui vivent la pauvreté dans la société et les institutions : stigmatisation, préjugés… Une perception biaisée qui aboutit à des situations intolérables pour celles et ceux qui les vivent.
Agir ensemble contre la maltraitance sociale et institutionnelle – L’édito
La discrimination, le rejet, la disparition des guichets au profit de la numérisation s’appuient sur la persistance d’idées fausses sur la grande pauvreté : « On peut gagner plus avec le RSA qu’avec le SMIC », « Les pauvres sont des fraudeurs, il faut les contrôler », « Les pauvres ne savent pas gérer leur argent, ils sont responsables de leur situation »… Cela complexifie l’accès aux droits élémentaires pour les personnes qui vivent la grande pauvreté au quotidien.
Ainsi, lorsque l’on est allocataire du RSA, comment aller à une convocation de France Travail le 15 du mois, pour rencontrer un conseiller, alors que l’on n’a plus un euro dans le porte-monnaie pour régler le ticket de transport en commun ? Le dilemme est grand pour cette allocataire du RSA : « Si je voyage sans ticket, je risque une amende, mais si je n’y vais pas je risque d’être radiée. Et, du coup, je ne pourrai plus payer mon loyer alors que déjà je n’arrive pas à me nourrir sans aller aux distributions alimentaires dès la moitié du mois. »
Acceptons-nous vraiment que des millions d’adultes, de jeunes et d’enfants soient ainsi maltraités dans notre pays ? Les professionnels eux-mêmes subissent cette maltraitance institutionnelle, avec la diminution des moyens à leur disposition pour assurer accueil, proximité et facilitation de l’accès aux droits. Ils et elles alertent sur l’accumulation de réformes qui les éloignent de leur mission première : l’accompagnement humain.
Si l’État et les collectivités territoriales sont les premiers responsables, nous devons plus que jamais être unis. Chacune et chacun d’entre nous peut agir. Là où nous sommes au quotidien, dans nos quartiers, nos lieux de travail, de culture, dans les transports, ne laissons pas mettre de côté les plus défavorisés : prenons le temps de bâtir avec eux.
Nous avons besoin de chacune et chacun. Ensemble, luttons contre la maltraitance institutionnelle.
Christian Drouet, président de 82-4000 Solidaires ; Christine Mariotte, présidente de l’AGSAS (Association des groupes de soutien au soutien) ; Pascale Ribes, présidente d’APF France handicap ; Christian Wodli, président de l’Archipel des Sans-Voix ; Olivier Morzelle, président d’ATD Quart Monde ; Xavier Gay, président de Benenova ; Paul Israël, président du CCSC (Comité chrétien solidarité chômeurs) ; Marcel Rémon, directeur du Ceras (Centre de recherche et d’action sociales) ; Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT (Confédération française démocratique du travail) ; Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT (Confédération générale du travail) ; Didier Minot, président du Collectif Changer de Cap ; Bruno Morel, président et Tarek Daher, délégué général d’Emmaüs France ; Élina Dumont, présidente des Oubliés de la République ; Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité ; Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France ; Bernard Devert, président de la Fédération Habitat et Humanisme ; le comité d’animation collégial de l’ICEM-pédagogie Freinet ; Marielle Ménard, présidente nationale de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) ; Prisca Berroche, déléguée générale de La Cloche ; Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Pierre-Edouard Magnan, président du Mouvement national des chômeurs et précaires ; Alain Refalo, porte-parole du Mouvement pour une alternative non-violente ; Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France ; Anne Géneau, présidente des Petits Frères des Pauvres ; Didier Duriez, président du Secours Catholique-Caritas France ; Laurent Grandguillaume, président de Territoires zéro chômeur de longue durée ; les membres de la collégiale de l’UNAPP ; Daniel Golberg, président de l’Uniopss.
Rejoignez la mobilisation !
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Dites stop aux idées fausses sur les pauvres et la pauvreté
Ici, retrouvez des arguments et des outils pour démonter, décortiquer et réfuter ces préjugés et ces idées reçues, chiffres et études à l’appui.
