Des membres d’ATD Quart Monde ont organisé le 15 octobre dernier une formation au siège de France Travail afin de réfléchir, avec une vingtaine de professionnels, à la meilleure manière d’accueillir et d’accompagner les personnes privées d’emploi.
Pour certains, ce fut une « prise de conscience », pour d’autres, les quatre heures de formation ont suscité « plein de questions », « l’envie d’avancer ensemble » ou encore « des espoirs ». La vingtaine de professionnels de France Travail venus rencontrer ATD Quart Monde le 15 octobre ont mesuré la nécessité de travailler sur « une déconstruction profonde » de la posture des conseillers, mais aussi sur une « meilleure connaissance réciproque » des contraintes qui pèsent sur les personnes des deux côtés du guichet, a souligné Rosen Nicolas-Berthou, directrice du programme Accueil relation usagers et marketing, en conclusion de la matinée.
Toutes et tous doivent aujourd’hui appliquer la loi Plein emploi, qui prévoit notamment l’inscription automatique à France Travail de l’ensemble des personnes sans emploi et de nouvelles modalités d’accompagnement des allocataires du RSA (Revenu de solidarité active). « Je suis engluée dans les sujets techniques de mise en œuvre de la réforme. Ça fait du bien de prendre de l’air et de se recentrer sur ce qui est important : les personnes », a ainsi constaté une professionnelle, après la présentation des multiples dimensions de la pauvreté par Maria et Chantal, militantes Quart Monde. D’autres ont été marqués par « la dimension systémique, globale et multifactorielle des difficultés que rencontrent les personnes en situation de pauvreté ».
Changer d’état d’esprit
En petits groupes, ils ont ensuite été amenés à répondre à une question : « avec la mise en œuvre de la loi Plein Emploi, qu’est-ce qui doit absolument être connu et pris en compte dans l’accueil et l’accompagnement des personnes bénéficiaires du RSA au sein des équipes de France Travail ? ». Pour l’une des professionnelles, « une des réponses est dans l’aller-vers, le faire avec. On le fait depuis des années, mais il y a une nécessité de renforcer tout ça ». Cela peut par exemple passer par « une posture d’empathie et d’écoute », notamment lors du premier contact, une attention à « ne pas utiliser de jargon administratif », une réflexion sur « les représentations et les préjugés »…
Malgré les « efforts de simplification et de clarté » menés ces dernières années, les contraintes pèsent aussi sur les conseillers et les conseillères, qui sont nombreux à devoir gérer les dossiers de centaines de personnes, parfois plus de 600. Dans ces conditions, comment tisser un lien de confiance et « être perçu comme une ressource pour les personnes et non comme un lieu où l’on va avoir des problèmes ? », s’est interrogée une participante. L’une des réponses apportées est « d’avoir en tête qu’on reçoit avant tout un homme, une femme, qui a une place dans la société avec toute sa singularité, et non un ‘demandeur d’emploi’ ou un ‘bénéficiaire du RSA’, car ce sont des catégories administratives. Quand on a cet état d’esprit-là, on peut bien accueillir une personne, être d’abord à l’écoute, avant même de s’attarder sur ce qu’il ou elle a fait ou pas fait ».
Pour Rosen Nicolas-Berthou, « la route est encore assez longue », mais cette première formation au siège de France Travail devrait en entraîner d’autres au sein même des agences.
Photo : Les membres de France Travail et d’ATD Quart Monde au siège de France Travail le 15 octobre 2025. © ATD Quart Monde
