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Lutter contre la grande pauvreté, cela passe aussi par des vacances.

« Je n’avais pas vu mes enfants depuis cinq ans. Ils sont placés et vivent dans le Jura d’où je suis originaire. Et moi je vis à Béziers. Je venais de récupérer mes droits de les voir. Ça nous a permis de passer un moment ensemble, de nous retrouver. C’étaient les premières vacances seul avec eux. Que du bonheur. »

 

La Bise : plus de 1000 séjours familiaux en 40 ans

Depuis plus de 30 ans, La Bise, dans le Jura, accueille des familles qui ne sont jamais parties afin de leur permettre de vivre un temps de vacances ensemble. Des séjours s’adressent également aux personnes seules en situation d’exclusion, très isolées ou vivant à la rue. La capacité d’accueil est limitée pour préserver une atmosphère familiale, conviviale, favorable à la rencontre et permettant une attention à chacun et chacune.

Après l’ouverture de maisons de vacances familiales à Frimhurst en Grande-Bretagne, à Wijhe aux Pays-Bas et à Treyvaux en Suisse, ATD Quart Monde a inauguré en 1978 la maison de La Bise, une ancienne cartonnerie près d’Arbois, dans le Jura. Depuis, La Bise accueille des familles qui sont en lien avec ATD Quart Monde et qui ne sont encore jamais parties en vacances. Depuis 2000, elle accueille aussi des familles qui viennent par l’intermédiaire d’autres associations ou de services sociaux.

Chaque année, plus de 1 000 journées de vacances sont ainsi vécues dans cette maison qui peut recevoir en même temps quatre ou cinq familles. Il s’agit de faire en sorte que chaque personne y ayant séjourné puisse retrouver la force, l’amitié et l’estime de soi.

La Bise propose des séjours de 2 à 7 jours à des familles et des personnes isolées privées des sécurités de base : logement, emploi, santé, et/ou en situation d’exclusion. Les vacances à La Bise reposent sur le vivre-ensemble et réunissent systématiquement des personnes d’horizons divers tels que des volontaires permanents d’ATD Quart Monde, des accueillants, qui viennent renforcer l’équipe pour assurer l’accueil, l’animation, les services, la cuisine, la présence avec les familles, des animateurs bénévoles qui viennent pour animer des ateliers artistiques ou manuels et enfin des familles et personnes isolées en situation de grande pauvreté.

Les animateurs ne se substituent jamais aux parents. Ils n’assurent pas non plus une garderie. Ils sont présents pour offrir les meilleures vacances possibles. Au retour, il y a de beaux souvenirs, mais surtout des fruits : une ouverture, un autre regard sur soi-même, davantage de force et de confiance en soi…

Le droit aux vacances : un droit pour toutes et tous

30 ans après avoir été reconnu comme objectif national, les vacances sont encore considérées par beaucoup comme un luxe et leur accès reste aujourd’hui largement inégalitaire. Plus d’un Français sur trois, dont 3 millions d’enfants, ne partent pas en vacances. Au-delà de ce chiffre se cachent par ailleurs de fortes disparités : selon une étude menée en 2014 par le Centre de recherche pour l ’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), 40% des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile pour des congés en 2014, contre 86% de celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Des chiffres qui restent stables depuis plusieurs années. Dans son Baromètre 2018 de la pauvreté, le Secours populaire français constate que 67% des foyers dont le revenu mensuel est inférieur à 1 200 € ont des difficultés pour partir en vacances. Pourtant, la loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions de 1998 précise que cela procure des bénéfices vitaux pour chaque enfant, jeune et adulte.

Pour en savoir plus sur le centre de vacances de La Bise: [email protected]