Les visages d'Atd Quart Monde :Domitille de Goÿs : un engagement radical face aux incohérences du monde

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Les visages d’ATD Quart monde

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Domitille de GoysDomitille de Goÿs est en découverte du volontariat depuis un an à Marseille. Cet engagement radical bouscule ses certitudes et entraîne « un vrai renversement des valeurs ».

« Le doute, chez moi, c’est un peu un moteur », affirme Domitille de Goÿs en riant. Les questions qu’elle se pose sans cesse sur sa posture, ses engagements et parfois sur « l’absurdité » du monde qui l’entoure, ne l’ont pas empêchée de faire un choix de vie radical en devenant volontaire en novembre 2024. Après ses études de communication politique, elle se renseigne sur les associations qui lui permettraient de « commencer le monde professionnel par un engagement associatif à l’étranger ». Avec son compagnon, Antoine, elle découvre alors ATD Quart Monde. Même si cela ne semble pas vraiment répondre à leurs attentes, la curiosité les pousse à participer à un week-end de découverte du volontariat.

Pendant trois jours, les témoignages de volontaires permanents mettent Domitille face à « un vrai renversement des valeurs ». Jusqu’alors, ses études et ses engagements associatifs dans des collectifs féministes et écologistes, lui ont parfois donné « l’impression d’un entre-soi, d’être un peu hors-sol, porte-parole de causes qui ne sont pas forcément les nôtres ». ATD Quart Monde semble lui ouvrir des perspectives nouvelles. Pour la première fois, on ne lui demande pas « d’apporter quelque chose à quelqu’un, mais de se laisser former par les personnes les plus pauvres ».

Crainte d’un décalage

Elle repart très enthousiaste de ce week-end, mais le doute est toujours présent : si elle choisit le volontariat, les missions proposées seront d’abord en France. « C’était un peu dur de renoncer à l’idée de partir à l’étranger. Mais j’avais surtout envie de m’investir pour une cause qui me tenait à cœur. » Avec Antoine, ils se laissent quelques mois pour réfléchir. Pendant cette période, les questions affluent, notamment sur sa capacité à s’engager aux côtés des personnes très pauvres. « J’ai beaucoup déménagé avec mes parents, en France et à l’étranger, je suis quelqu’un qui s’adapte assez bien. Et pourtant, quand je suis dans des milieux sociaux différents du mien, je ne suis pas si à l’aise que cela. On a beau parler d’ouverture d’esprit, c’est beaucoup plus simple d’être ouvert d’esprit avec des gens qui ont le même parcours que toi », détaille-t-elle. Elle craint de ne pas savoir gérer ce « décalage » et en même temps elle se dit qu’elle en a besoin.

Finalement, l’idée de se rendre entièrement disponible pour une cause, de faire partie d’un collectif avec les autres volontaires, et le séjour très enthousiasmant d’Antoine à la Bise, la maison de vacances familiales d’ATD Quart Monde, les convainquent. Huit mois après le week-end de découverte du volontariat, ils sautent le pas et s’installent à Marseille. Les trois premiers mois la déroutent. « J’avais l’impression que j’avais fait un choix radical et, en fait, c’était tranquille. Nous nous sommes formés, nous avons pris le temps de connaître les alliés et les actions. »

S’ajuster

Rapidement, le rythme s’intensifie. Elle propose de créer un groupe de jeunes adultes, puis un groupe d’adolescents et représente ATD Quart Monde au sein du Pacte du pouvoir de vivre à Marseille, un collectif qui réunit plus de 60 organisations pour répondre à l’urgence sociale, climatique et démocratique. Elle apprend chaque jour à bâtir des relations de confiance avec les personnes en situation de pauvreté. « Quand je ne suis pas à l’aise, j’ai un ton maternant. Face à des personnes qui ont des parcours d’errance, qui ont été maltraitées par les institutions, on ne peut pas arriver avec nos certitudes, parce qu’elles, elles savent que le pire peut arriver. Il faut savoir écouter ce qu’elles ont à dire, déceler les peurs, ne pas les mettre en doute, mais y travailler ensemble. »

C’est avec les plus jeunes qu’elle se sent d’abord le plus à l’aise. Son meilleur souvenir reste pour l’instant un séjour à Arles avec les enfants du Pivot culturel de Noisy-le-Grand. « Nous avons passé les dix jours les plus éreintants de nos vies, mais cela a répondu à mon envie de radicalité, en apprenant énormément des enfants et en tissant des liens forts avec les autres volontaires », se souvient-elle.

La relation avec les personnes alliées, souvent beaucoup plus âgées qu’elle, lui demande aussi des ajustements dans sa posture. « Certaines mènent des actions depuis 20 ans. Leur expérience a de la valeur, elles transmettent la connaissance de l’histoire du Mouvement, de ce que nous cherchons à faire avec les familles les plus pauvres. Mais les jeunes volontaires peuvent aussi apporter les réflexions des milieux militants dont ils et elles sont issus. »

« Un message simple et puissant »

Après un an de volontariat, Domitille trouve peu à peu des réponses à ses questionnements. Elle n’envisage plus sa vie sans rester engagée à ATD Quart Monde, mais « peut-être que cela passera par des va-et-vient » entre le monde professionnel classique et « l’engagement radical ». Pour elle comme pour la société en général, elle estime que le Mouvement apporte « de la cohérence ». « On ne se rend pas compte à quel point notre société telle qu’elle est organisée aujourd’hui est absurde. Des discours nous font croire que c’est la norme d’avoir des écarts de richesse qui s’agrandissent. À partir du moment où tu reconnais l’autre dans sa dignité, dans son humanité, tu ne peux pas accepter que cette personne vive dans la pauvreté et c’est ce que rappelle le Mouvement », constate-t-elle.

Pour faire passer ce « message simple et puissant », nul besoin d’être forcément volontaire permanent, rappelle-t-elle. « Devenez ami avec vos voisins, recréez des liens de solidarité autour de vous et vous retrouverez un peu de cohérence ! »

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