Le volontariat permanent, un engagement qui “part de l’humain”

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Après de nombreux engagements associatifs, Gaëlle Delorme a trouvé dans le volontariat permanent la possibilité de “se sentir entière”.

Gaëlle a toujours rêvé d’une vie “riche de relations”, d’un “engagement fort”. Son refus de l’exclusion remonte à son enfance, où elle prenait “toujours la défense des enfants avec qui les autres ne voulaient pas traîner”. À l’âge de 8 ans, des problèmes de santé l’obligent à passer beaucoup de temps dans les hôpitaux. “Ce que j’ai vécu m’a donné une force et une envie de changer des choses dans ce monde”, estime-t-elle. Au collège, elle crée une association pour venir en aide à une famille dont la maison a brûlé, dans un village alsacien proche du sien. Puis elle s’investit, avec d’autres, pour distribuer des gâteaux de Noël chez les personnes âgées isolées. “Cet engagement pour des causes que je souhaitais défendre m’épanouissait vraiment”, se souvient-elle.

Gaëlle grandit aussi en écoutant avec passion les récits de sa grande-tante, religieuse engagée dans un quartier défavorisé de Strasbourg. Quand elle lui rend visite, elle admire cette femme que tout le monde connaît dans le quartier, chez qui les enfants viennent sonner pour demander des crayons de couleur ou boire un chocolat chaud. “Je trouvais sa vie géniale et c’était vraiment ce que je voulais faire, mais pas en tant que religieuse.” Aujourd’hui, dans le quartier de Langlet-Santy, dans le 8e arrondissement de Lyon où elle vit, c’est bien chez elle que les voisins viennent frapper pour discuter, demander un conseil ou proposer qu’un enfant vienne à la Bibliothèque de rue

Prendre le temps

Mais avant de s’engager avec ATD Quart Monde, Gaëlle a eu de nombreuses expériences associatives. Après un service civique au Secours Catholique-Caritas, en Alsace, elle travaille dans une association pour le logement des personnes sans-abri, puis s’envole pour Madagascar avec l’association Grandir dignement. Elle intervient alors dans un centre de rééducation et une prison pour mineurs de Tananarive. Puis, elle s’engage à nouveau avec le Secours Catholique, mais cette fois à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où elle part avec son compagnon, Fabien, rencontré à Madagascar. “Là, je me suis rendue compte que j’avais une fiche de poste qui ne correspondait pas toujours aux besoins prioritaires.” La jeune femme négocie et parvient à faire évoluer sa mission, mais cela la fait réfléchir.

À son retour en France, elle part, avec Fabien, à la recherche d’une nouvelle association avec laquelle s’engager, avec une condition : “nous voulions quelque chose qui parte vraiment de l’humain, où l’on prenne le temps de connaître les personnes avant de monter des projets avec elles.” Sur Internet, elle tombe sur ATD Quart Monde. L’idée du volontariat permanent dans le Mouvement la séduit, mais elle décide de prendre son temps. Au bout de trois ans ponctués par des week-ends de découverte du volontariat, le couple se sent prêt à s’engager en 2019 avec, à leur côté, leur petite fille née en 2016.

Grande flexibilité

Leur première mission les emmène à Béthune, dans le Pas-de-Calais. “Avec mes expériences passées, je pensais connaître la pauvreté en France, mais ça m’a fait découvrir la situation des familles pauvres dans le Nord de la France. Ça m’a mis une claque.” Elle travaille principalement sur un projet exploratoire autour de la petite enfance, dans le bassin minier. “L’idée était de partir de la parole des familles pauvres pour voir ce qu’il était possible de mettre en place pour répondre aux besoins des parents”, explique-t-elle.

Au quotidien, Gaëlle trouve peu à peu “ce qu’elle cherchait en venant à ATD Quart Monde : une grande flexibilité grâce à une confiance forte de la part du Mouvement et la volonté de partir des personnes rencontrées”. Elle apprécie par ailleurs le “côté multiculturel” du Mouvement. “Nous sommes un couple mixte, de deux nationalités différentes. Les associations envoient souvent des Européens à l’étranger, mais il n’y a pas d’étrangers qui viennent en Europe, alors qu’à ATD Quart Monde cela fonctionne dans les deux sens et ça me plaît.”

Elle est aussi parfois déconcertée par sa mission et apprend qu’il faut “laisser le temps aux choses de se faire. Au départ, c’est assez inconfortable de ne pas trop savoir que faire de ses journées. Mais c’est nécessaire de prendre ce temps d’observer, d’être simplement présent”.

“Un engagement de vie”

Après un an et demi à Béthune, ils arrivent à Lyon où les confinements les forcent à “réinventer des manières de faire et à être patients, encore”. Elle est notamment très impliquée dans la question du droit à un logement digne, notamment après avoir vécu elle-même une infestation de punaises de lit, comme de nombreux habitants. Chaque jour, elle alterne “les relations individuelles avec les voisines et les actions collectives, les sorties, la préparation d’Universités populaires Quart Monde, Tapori…”.

À ses amis qui ne comprennent pas toujours son travail, elle tente d’expliquer que c’est “un engagement de vie”. «”Ma vie personnelle et ma vie professionnelle sont imbriquées. Quand je vais prendre un café chez une voisine, ce n’est pas une contrainte, je n’ai pas l’impression de travailler. J’ai du temps pour aller à la rencontre des familles et vivre des moments forts avec elles.” Elle ne s’imagine pas pour l’instant « reprendre un travail salarié classique » et conclut, dans un sourire : “Je n’y trouverais pas assez de possibilités d’être moi-même, de me sentir entière, comme aujourd’hui”.

Cet article est extrait du Journal d’ATD Quart Monde d’avril 2022.

Photo : © Gaëlle Delorme

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