Caroline Petitat-Robet, une vie d’engagement et d’écriture

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Volontaire depuis 1979 à ATD Quart Monde, Caroline Petitat-Robet relate son engagement et l’importance des rencontres dans son dernier livre “Vers l’autre”. Originaire d’un milieu social favorisé, elle a su changer de regard sur la pauvreté lors de ses missions à ATD Quart Monde et en se passionnant pour l’écriture.

J’ai découvert dans la souffrance de mon père, la source de mon engagement.” Dans sa maison en Suisse, la septuagénaire a ressorti ses cahiers d’écriture où l’on trouve des passages de sa vie tout comme des citations d’auteurs qu’elle apprécie. Impossible d’imaginer le nombre de cahiers entreposés ici depuis tant d’années. Son rapport à l’écriture se renforce dans les années 2000, lorsqu’elle fait face au décès de son père.

Pourtant, son goût pour cet art débute bien avant. Documentaliste de métier, elle travaille d’abord au Bureau International du Travail, à Genève en Suisse, puis au CNDP (Centre National de Documentation pédagogique) – migrants à Paris. En parallèle, elle s’engage auprès d’ATD Quart Monde dès 1975 comme alliée, puis en tant que volontaire permanente en 1979 : « à ATD Quart Monde, on écrit beaucoup. Le père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement, nous poussait à le faire après chaque rencontre pour observer et écouter les gens de manière précise. Cela nous formait à voir derrière les œillères qu’on avait”.

Caroline Petitat-Robet est originaire de Rennes, d’un milieu social favorisé dans lequel elle ne se reconnaissait pas plus jeune. Son environnement familial l’empêchait de voir “la réalité du quart monde. On donnait aux pauvres, mais sans les regarder, moi ça ne me convenait pas”, raconte-t-elle. Participer chaque mercredi aux Bibliothèques de rue au sein de la cité des Émouleuses, à Créteil, lui a ouvert les yeux sur la vie des familles en situation de grande pauvreté. “À Rennes, je n’ai rien vu de cette réalité, alors que j’aurais pu. Il y avait des baraquements tout près de chez moi, mais mes parents avaient très peur que j’aille dans ce quartier”, explique Caroline Petitat-Robet.

L’écriture devient une routine

Cette appréhension de l’autre, vécue dans son enfance, elle la raconte dans son premier livre intitulé Aube-épine paru en 2008. L’ouvrage relate également le deuil de son père, décédé sept ans plus tôt, et la dépression dont il souffrait : “Je trouvais ça injuste sa maladie et cette impression d’injustice a été source de mon engagement.” Le livre Aube-épine est celui qui met Caroline Petitat-Robet sur le « chemin de l’écriture”. Elle effectue plusieurs missions, comme créer la bibliothèque des volontaires à Méry-sur-Oise, être responsable des alliés en Suisse, organiser les archives du fondateur du Mouvement, Joseph Wresinski.

En 2006, elle poursuit son volontariat sur sa terre natale, à Rennes. Sur place, elle s’adonne à l’écriture d’un second ouvrage : “Il s’est passé une réconciliation entre mon engagement et d’où je venais. La ville a énormément changé.” Ce livre est celui qui sera finalement publié cette année, en 2022, car un évènement tragique interrompt, en 2013, son écriture : “Mon fils est tombé malade, j’ai tout arrêté. Peu après sa mort, Nathalie, une amie, m’a proposé de la rejoindre pour continuer à écrire.” Elle reprend donc sa plume aux côtés de ses proches. Caroline Petitat-Robet entame un nouvel ouvrage intitulé Le fils rompu. Récit d’une mère, qui sera publié en 2017.

L’importance de la rencontre

En Suisse, Caroline Petitat-Robet est maintenant à la retraite, mais elle continue avec son mari à s’engager auprès d’ATD Quart Monde. “Mes quarante années d’engagement m’ont fait avancer dans un élan vers l’autre et réfléchir sur le monde d’aujourd’hui, dans lequel il existe des barrières créées par la peur de l’autre”, raconte-t-elle avec le sourire. Elle a l’impression que son engagement lui a permis de faire tomber ces barrières en elle et de se déculpabiliser du fait de venir d’un milieu favorisé. Après la publication de son second livre, elle décide de reprendre l’ouvrage qu’elle avait commencé à Rennes intitulé Vers l’autre. Ce dernier met en avant l’importance des rencontres et plonge le lecteur dans l’histoire de Yannick, un homme en marge de la société.

Elle se passionne au même moment pour la philosophie et s’inspire de Martin Buber, Emmanuel Levinas et Simone Veil. “Ils m’ont permis de prendre du recul, car ils évoquent beaucoup la rencontre de l’autre.” Ce livre, publié le 9 juin dernier, relate un témoignage inspiré de la vie de Caroline Petitat-Robet, ses origines et son engagement : “Il évoque l’unité entre mes quarante années de volontariat et mon enfance.” Elle n’a pas souhaité citer le nom d’ATD Quart Monde dans son ouvrage, malgré l’importance de son engagement, car son objectif premier est de toucher un large public afin de diffuser une valeur importante à ses yeux : la rencontre de l’autre. Justine Le Pourhiet

Le livre de Caroline Petitat-Robet, Vers l’autre, 280 pages, 10 €, est publié aux Éditions Torticolis et Frères et à retrouver dans vos librairies.

Photo : © Caroline Petitat-Robet

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