Les représentations sur la pauvreté créent “un fossé entre les familles et l’école”

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Invitée par l’association la Ville en Commun, Clotilde Granado, responsable du département École d’ATD Quart Monde, a présenté le 2 décembre le projet mené depuis six ans avec les équipes éducatives de la ville de Grigny, en Essonne.

Peut-il y avoir des politiques publiques locales utilisant le concept de dignité ?” Tel est le thème de la recherche-action menée par l’association la Ville en commun depuis 2016. Ce projet s’est notamment inspiré d’une expérimentation portée par ATD Quart Monde, la ville de Grigny et l’Éducation nationale.

À l’occasion d’une conférence en ligne intitulée “L’usage du concept de dignité pour transformer les politiques publiques locales”, Clotilde Granado, responsable du département École d’ATD Quart Monde, rappelle que ce projet est basé sur la démarche du Croisement des savoirs et des pratiques. L’objectif est de permettre “une participation réelle” des personnes en situation de pauvreté et de prendre en compte leur savoir de vie. “Si on construit des projets sans prendre en compte ce savoir, on va reproduire l’exclusion que subissent ces personnes”, explique-t-elle.

Ainsi, lorsque les membres d’ATD Quart Monde ont demandé aux professionnels comment ils percevaient les enfants issus de familles en situation de pauvreté dans leur école, “les retours ont porté systématiquement sur des manques : des enfants ‘mal habillés’, qui ont ‘un vocabulaire insuffisant’, des parents ‘éloignés de l’école’… Il s’agit d’une définition de la pauvreté par le manque, sans prise en compte du savoir que ces personnes pourraient apporter”. Les parents interrogés ont quant à eux répondu que “la pauvreté, c’est être traité comme rien, moins que rien et l’accepter”.

Construction d’une co-éducation

Ces représentations créent “un fossé entre les familles et l’école” et entraînent des difficultés dans la construction de la co-éducation. “Les parents ne se sentent pas légitimes dans ce rôle et les enseignants ne leur laissent pas cette place.” Le Croisement des savoirs et des pratiques permet de les faire travailler en groupes de pairs : les parents d’un côté, les professionnels de l’autre. Chaque groupe réfléchit à sa posture, aux savoirs de ses participants, à l’utilité des liens entre parents et professionnels et à la manière d’améliorer ce lien. Puis, chaque groupe de pairs présente sa réflexion à l’autre et un projet est construit ensemble.

Plusieurs rencontres organisées en 2019 ont, par exemple, permis la publication d’un livret expliquant très clairement le rôle de chacun. Ce croisement des savoirs a été mené avec “cinq groupes de pairs, des animateurs du périscolaire, des agents de la restauration, des enseignants, des directeurs d’école et des parents en situation de précarité”.

Nous avons eu des réussites avec des parents. Certains ont pris en charge la scolarité de leurs enfants, alors que, jusque-là, ils avaient peur et ne se sentaient pas légitimes. Certains n’allaient pas à l’école et ne rencontraient pas les enseignants et sont venus les rencontrer. Certains sont même devenus délégués des parents d’élèves”, détaille Clotilde Granado. Au niveau des professionnels, elle remarque également un “changement de posture” et une façon de travailler désormais systématique. Un constat partagé par la directrice de l’une des écoles partenaires, qui pointe, dans une vidéo de la ville de Grigny, une plus grande fluidité des échanges entre parents et professionnels.

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