Le Centre Joseph Wresinski accueille dans ses archives le témoignage de Myriam Boulahia, médiatrice du livre

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Membre d’ATD Quart Monde depuis son enfance, Myriam Boulahia a choisi de mettre par écrit sa formation de médiatrice du livre et son parcours professionnel au sein de plusieurs bibliothèques. Elle en a tiré un livre, qu’elle a remis officiellement le 15 septembre au Centre de mémoire et de recherche Joseph Wresinski, à Baillet-en-France.

La voix tremblante, Myriam s’accroche au regard des personnes qui l’ont soutenue depuis des dizaines d’années pour raconter son parcours devant les membres du comité d’éthique du Centre Joseph Wresinski. Elle avoue qu’elle se sent plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Pourtant, dès qu’elle commence à parler de son métier de bibliothécaire, son enthousiasme lui fait oublier sa peur et captive l’auditoire.

Déposer officiellement au Centre Joseph Wresinski son livre, Quand la culture se fait espoir. Médiatrice du livre, comment vivre mon métier, représente pour elle une étape importante. “Je ne me sentais pas légitime d’écrire sur ce sujet, parce que j’étais partie au bout de quatre ans. Mais j’avais envie de montrer à mes enfants qu’on peut travailler, se donner les moyens d’avancer, d’être accompagné et de se sentir bien, même si c’est difficile”, explique-t-elle.

Cela n’a pas été simple de se replonger dans son histoire, de revivre des moments heureux, mais aussi douloureux parfois. Elle s’est revue à 17 ans, acceptant la formation de médiateur du livre proposée par ATD Quart Monde, sans trop savoir où elle allait. “La culture, la lecture… Ces mots n’ont pas le même sens ni la même signification pour tout le monde. J’ai longtemps pensé que c’était pour l’élite, pour les étudiants et toutes ces personnes qui avaient des connaissances plus grandes que les miennes, les gens riches et bien d’autres encore”, écrit-elle dans son livre.

“Faire sa place”

L’expérimentation d’une formation de médiateur du livre, conduite en lien avec le ministère de la Culture, a été lancée en 1992 pour 16 personnes venues de toute la France. Les stagiaires qui, pour la plupart, avaient eu une expérience difficile de l’école, devaient en deux ans “acquérir des compétences de bibliothécaires et surtout créer et développer des activités hors les murs pour atteindre les populations jusqu’alors exclues du livre et de la culture”, détaille Myriam. L’objectif était également d’interpeller l’institution culturelle sur ses pratiques à l’égard des populations défavorisées. Les cours théoriques suivis en région parisienne étaient complétés par des stages, puis Myriam a commencé à travailler dans une bibliothèque du 19e arrondissement de Paris.

Comme cette profession n’existait pas, il fallait faire sa place. Je devais m’adapter au quartier, à la bibliothèque. Le rôle de médiateur ne consiste pas à faire quelque chose à part pour des gens à part, mais faire en sorte que les familles ne soient plus isolées, rejoignent les autres dans la société, et puissent s’exprimer et vivre normalement”, se souvient-elle.

Même si elle quitte Paris et ce métier de médiatrice du livre au bout de deux ans, Myriam estime que cette période constitue encore pour elle “une bouée de sauvetage face aux difficultés du quotidien”. Elle travaille aujourd’hui à l’espace Vie du citoyen d’une bibliothèque de Rennes, où elle s’emploie chaque jour à “accueillir les gens, les respecter, peu importe d’où ils sont”. “Je me revois, plusieurs années en arrière et je peux dire : oui, j’ai bien avancé, progressé et je peux être fière de ce parcours qui est le mien. Il a pris, certes, des années, mais il est tellement agréable de pouvoir exercer ce métier au quotidien, d’être là où l’on ne m’attend pas, de pouvoir me lever le matin en me disant à nouveau : je vais découvrir et apprendre des autres personnes, partager le savoir de chacun. Cette richesse qui n’a de prix que celui de l’humain“, explique-t-elle.

“Être en paix avec mon passé”

Écrire ce parcours n’a pas toujours été simple, mais elle souhaite ainsi “laisser une trace, montrer tout ce que le Mouvement nous a apporté” et faire en sorte que ses enfants soient fiers de ce chemin parcouru. “Cet écrit me permet d’être en paix avec mon passé, d’être en vie devant mon avenir et de remercier toutes celles et ceux qui m’ont accompagnée durant presque trois décennies”, précise Myriam, en introduction du livre.

On espère que cette maison soutient la transmission que des familles très pauvres essayent de faire aux générations suivantes. C’est la vie de milliers de familles qui est conservée là. C’est la mémoire de l’engagement”, affirme Bruno Tardieu, le directeur du Centre de mémoire et de recherche Joseph Wresinski, lors de la remise officielle du bordereau de versement du livre. Le Centre a en effet pour ambition de rassembler, conserver et mettre à disposition pour des recherches, les archives produites par ATD Quart Monde depuis 1957. Elles gardent les traces de la vie, de la pensée, et des combats des personnes en situation de pauvreté et de ceux et celles qui se sont engagés à leurs côtés.

 

Photo : Présentation par Myriam Boulahia de son livre Quand la culture se fait espoir. Médiatrice du livre, comment vivre mon métier au Centre Joseph Wresinski le 15 septembre 2022. © Carmen Martos

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