Le rapport CIPES, porté par ATD Quart Monde, met en évidence le rôle déterminant de la pauvreté dans les trajectoires scolaires, conduisant à une orientation précoce et massive des élèves défavorisés vers des filières ségrégatives. Il montre que ces orientations, souvent subies, limitent fortement les perspectives de réussite scolaire et professionnelle, contribuant à la reproduction de la grande pauvreté. Face à ce constat, la recherche CIPES a mobilisé pendant six ans une démarche participative inédite associant chercheurs, professionnels de l’éducation et personnes ayant l’expérience de la pauvreté.
Cette recherche-action s’est appuyée sur des observations de terrain, des entretiens et des expérimentations menées dans une douzaine d’écoles, afin d’analyser concrètement les mécanismes d’exclusion à l’œuvre. Elle met en lumière l’importance des implicites scolaires et du manque de prise en compte des réalités vécues par les élèves et leurs familles. Le rapport souligne également le rôle central de la relation école-famille, souvent marquée par l’incompréhension et des inégalités de reconnaissance.
Les travaux montrent que des transformations sont possibles lorsque les équipes éducatives adoptent des pratiques fondées sur la coopération, l’écoute et la coéducation avec les parents. La recherche insiste sur la nécessité de changer de regard sur la pauvreté et de reconnaître les savoirs et capacités des familles comme des ressources. Elle met aussi en avant les effets positifs du croisement des savoirs et de la participation des personnes concernées dans l’élaboration des solutions.
Enfin, le rapport formule des recommandations concrètes pour lutter contre les discriminations scolaires, en agissant à la fois sur les pratiques pédagogiques, le fonctionnement des établissements et les relations avec les familles. Il conclut que seule une transformation globale de l’école permettra de garantir à tous les enfants, quels que soient leurs milieux sociaux, une réelle égalité des chances au sein du cursus ordinaire.
