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« Il vaut mieux un petit travail que pas de travail du tout » : vrai ou faux ?

C’est en effet ce qui se pratique dans de nombreux pays… et qui produit des millions de travailleurs pauvres.

« À lui seul, un emploi stable peut changer de façon décisive la conception que les gens ont de la vie, notent Esther Duflo et Abhijit Banerjee(1). […] Un « bon emploi » est un travail stable, bien payé, qui permet d’avoir l’espace mental nécessaire pour faire tout ce que la classe moyenne fait si bien […] De bons emplois signifient que les enfants grandissent dans un environnement où ils ont la possibilité de tirer le maximum de leurs talents. »

Pourtant, le nombre de travailleurs pauvres ne cesse de grandir en Europe et ailleurs : environ 6 % en France, 20 % en Allemagne et au Royaume-Uni. En 2014, le taux de risque de pauvreté y est respectivement de 13,3 %, 16,7 % et 16,8 % (chiffres Eurostat). En Allemagne, les réformes Hartz des années 2000 ont réduit la protection sociale des personnes sans travail pour les inciter à accepter des « mini-jobs ». La diminution du chômage s’y est accompagnée d’une hausse des inégalités et de la pauvreté(2). En Allemagne, avoir un mini-job ne permet pas, le plus souvent, d’accéder ensuite à un meilleur emploi.

Accepter un travail d’appoint quand son conjoint travaille déjà, pourquoi pas ? Mais un emploi précaire pour toute une famille, est-ce acceptable ? Quant à dire que cela vaut mieux que rien… c’est ignorer que l’on a les moyens de faire mieux (idées reçues « on ne peut pas augmenter le SMIC », « l’État n’a plus les moyens de créer de l’emploi » et « s’il existait vraiment des nouveaux emplois à créer, le « marché » l’aurait déjà fait »).

1E. Duflo, A. V. Banerjee, Repenser la pauvreté, op. cit., chapitre 9.
2F. Bouvard, L. Rambert et alii, « Réformes Hartz : quels effets sur le marché du travail allemand ? », Trésor-Éco no 110, 2013.

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