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En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté – 3e édition (2017)
En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté – 3e édition (2017)
DE
Claire Hédon, Jean Christophe SARROT, Marie-France ZIMMER
nombre de pages :
224
|
prix :
5,00 TTC
|
isbn :
979-10-91178-41-9
date de parution :
2016

Un livre pour tous les citoyens curieux de comprendre les grandes questions qui agitent nos sociétés, au-delà  des apparences et des discours faciles. Cette nouvelle version entièrement mise à jour et augmentée permet de démonter point par point une centaine d’idées reçues sur la pauvreté.

description

ATD Quart Monde a gagné en 2016 une bataille menée depuis sept ans : la précarité sociale est devenue un critère de discrimination dans la législation française. Ce petit manuel de désintox y a notamment contribué, mais il reste encore beaucoup à faire pour combattre les préjugés, décrypter les mécanismes à l’œuvre et proposer des alternatives.

Plus la crise économique et sociale s’accentue, plus les idées reçues sur les pauvres se répandent. Plus cette crise est présentée comme une catastrophe naturelle, plus ils sont convoqués au tribunal de l’opinion publique : s’ils sont pauvres, ce serait « de leur faute ». « S’ils sont à la rue c’est qu’ils l’ont choisi » ; « La vraie vie, ce n’est pas l’assistance, c’est la réussite des plus aptes » ; « D’ailleurs, s’ils voulaient vraiment chercher du travail, ils en trouveraient »…

Élaboré pour être accessible à un large public et intégralement mis à jour, ce manuel déconstruit des préjugés actuels et répond à 117 idées reçues dont une trentaine inédite. De nouveaux éclairages et des points de vue continuent d’en faire un outil indispensable pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Chiffres, documents officiels et travaux de chercheurs à l’appui, ce livre montre que la stigmatisation des pauvres repose non sur des faits avérés mais sur des discours qui masquent les véritables causes de la misère.

extrait

(Extrait de la préface par Costa-Gavras)

L’humiliation est une chose insupportable

Ma mère me disait souvent : « N’oublie jamais que ceux qui sont repus ne croient pas ceux qui ont faim. » Nous sommes des millions à être repus dans le monde et nous tournons le dos à ceux qui connaissent la précarité et la pauvreté. Ce livre décrit en détail tous ces moments auxquels nous leur tournons le dos et les arguments erronés que nous utilisons.

Avant de réfléchir à la manière dont on peut aider à changer la situation d’une personne, il faut commencer par la respecter et par respecter ses besoins. C’est le premier pas, le plus important et celui que l’on fait rarement. C’est à ce respect qu’invite ce livre, de manière détaillée et surprenante par tout ce qu’on y apprend. Lorsque je l’ai lu, j’ai été surpris et bouleversé.

Notre incapacité personnelle à changer les choses et à résoudre les difficultés qu’affrontent les pauvres nous rend très négatifs, sinon méchants. Se retourner contre eux devient alors comme une consolation. « Ce n’est pas de notre faute, c’est de leur faute à eux », pensons-nous. Il faut au contraire sortir de cette logique qui est très humaine mais erronée. C’est pour cela que je parle avant tout de respect inconditionnel. De ce respect peuvent découler beaucoup de choses.

Dans mon enfance, j’ai vécu des choses très dures. Mon père était engagé pendant la guerre avec le Front de libération nationale fondé par le parti communiste. Quand la monarchie est revenue en Grèce après-guerre, les gens qui faisaient partie de la petite classe moyenne comme nous ont perdu leur travail. J’étais alors adolescent, je prenais conscience de la vie et des choses. J’ai ressenti tout le mépris et le rejet que ma famille suscitait, comme si les gens nous disaient : « Laissez-nous en paix, dans notre tranquillité de repus », même des gens à qui nous ne demandions rien.
La pire chose que les pauvres doivent ressentir, en dehors des manques matériels, c’est certainement l’humiliation. Le mépris que l’on vous porte pour une situation que vous n’avez pas choisie est une chose insupportable.

Commentaires

9 avis pour En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté – 3e édition (2017)

  1. 5 sur 5

    Je suis le cadet d’une fratrie de treize. Dans mon enfance, je n’ai pas vécu des choses très dures comme Costa-Gavras, mais plutôt des situations pas toujours simples. Ses dernières phrases m’ont particulièrement touchées:
    « La pire chose que les pauvres doivent ressentir, en dehors des manques matériels, c’est certainement l’humiliation. Le mépris que l’on vous porte pour une situation que vous n’avez pas choisie est une chose insupportable. »
    parce que je les ai vécues et que depuis je cours derrière la reconnaissance… pas celle du niveau social, mais plutôt la reconnaissance de l’autre, du proche: je suis d’ailleurs devenu délégué syndical. J’ai très envie d’acheter plusieurs exemplaires de votre livre pour essayer de convaincre les « repus » de mon entourage.
    Merci pour votre travail qui tend à redonner une dignité à l’enfant que j’étais, à mes douze frères et soeurs, mes parents mais aussi et surtout aux enfants maltraités d’aujourd’hui.

  2. Je viens de la rue, 30 adduction et la rue à partir de mes 10 ans, je ne sais que trop ce que c’est que d’être humiliée, prise pour ce que je ne suis pas et encore aujourd’hui, meme’pas j’ai pu enfin remonter, je ne suis toujours pas crédible.
    Faire tomber les murs d’idées fausses des amalgames biensur, la dignité est importante pour se relever.

  3. oui cela dérange beaucoup certaines consciences et ce ne sont celles des personnes les plus fortunées, au contraire; je témoigne avoir contracté un mariage blanc avec une homme sans papier pour lui éviter la chasse impitoyable; c’était une action anonyme et solitaire qui m’a beaucoup apporté spirituellement; il a disparu pour aller faire sa vie mais face à l’impuissance de nombreuses personnes j’ai eu le sentiment d’avoir « sauvé » un être de la détresse. Cela s’est passé à Mayotte et lorsque je suis revenue en métropole j’ai été effarée de constater la honteuse attitude des politiques fortunés qui savent se débrouiller pour avoir des comptes offshore et se payer le luxe d’humilier les pauvres; aussi l’année prochaine je ferai partie des non-votants actifs.

  4. L’évidence pour certains est de « combattre la pauvreté » alors que combattre la richesse devenue « obscène », me semble plus pertinent !
    Nul n’a droit au superflu – disait en 1848 George SAND – tant que chacun n’a pas l’essentiel (l’essence de vie) ! Non, il n’est pas vrai que les pauvres sont des jaloux aigris par les miettes de plus en plus rares. L’insolence des clinquants devient humainement insupportable pour les plus affamés d’entre nous et ce mépris social devient une cause qui produira de dangereux effets. La violence n’est pas le produit de la cruauté mais la défense du faible !

  5. 4 sur 5

    D’accord pour lutter contre la pauvreté, qui dans 99,99% des cas n’est pas choisie. Beaucoup de cas sont terrible à vivre et on les subit. Et plus on était haut dans l’échelle sociale plus la chute est dure. Mais ne perdons jamais de vue que si l’on veut que les « repus » comprennent ceux qui connaissent la précarité et la pauvreté il est nécessaire de comprendre avant tout les « repus ».

    « On a toujours peur de ce que l’on ignore »

    Voilà pourquoi ce livre est utile pour mieux comprendre et donc ne plus ignorer ceux qui tombent dans la précarité et la pauvreté, car cela peut être, demain, le destin de chacun de nous.

  6. 5 sur 5

    La pauvreté est un sujet complexe qui tient souvent à un résultat lié à des habitus sociales comme disait Bourdieu. Chaque cas est une expérience de vie différente. Le fait est que la pauvreté est un phénomène subie et non voulu pour toucher quelques maigres subsides. Le RSA, par exemple, est perçu socialement comme un avantage alors que peu de personnes osent s’interroger sur les capitaux gigantesques que brassent les entreprises du CAC 40. Il faut juste savoir que, même au moyen âge, les différences de richesses entre personnes aisées et pauvres n’étaient pas aussi grandes qu’aujourd’hui. Il est curieux que cette question n’ouvre pas les titres du journal de TF1.

  7. 5 sur 5

    qu’on nous donnent du travail et on parlera après. même diplomé y a pas de travail , à 55 ans ont est déjà en retraite pas de travail trop vieux. avec quoi on va manger ? des cacahuettes, meme les cacahuettes faut les payer.

  8. 5 sur 5

    Essentiel. Une bonne fois pour toute, on ne mérite pas d’être pauvre ! On tombe dans la pauvreté, et cette chute est instrumentalisée pour donner bonne conscience aux  » riches « . Une véritable conspiration du silence, pour que rien ne change…

  9. 5 sur 5

    Travaillant encore pour quelques semaines, dans le secteur médico social,j’ai eu sans cesse sur mon bureau, ce remarquable ouvrage, que j’ai chaudement recommandé à mes collègues des Clic et CDAS où j’exerce (ais). C’est dans ce livre, que je trouve les arguments qui font flèche, contre ceux qui, trop légèrement, parlent d’assistés. Merci pour ce remarquable travail d’édition. François Rault – Bretagne

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