Les coups de coeur de Bella Lehmann-Berdugo

Soumsoum, la nuit des astres de Mahamat-Saleh Haroun et Laurent Gaudé. Fiction. France/Tchad. VOST. En salle le 22 avril.
Dans un village traditionnel du Tchad sinistré par les pluies, Kellou est orpheline de mère, morte en couches. Des visions la tourmentent. On lui interdit d’aimer Baba, on l’accuse de porter malheur, tout comme Aya, femme libre, revenue d’ailleurs. Une amitié naît entre l’adolescente esseulée et la chamane victime d’opprobre. Leur capacité de voyance les rapproche. Aya transmet à Kellou son savoir ancestral. La tradition de « la nuit des astres » permettait autrefois l’amour charnel totalement libre l’espace d’une nuit. A son tour le père de Kellou remarié fera les frais de cet ostracisme.
Dans les montagnes de l’Ennedi, des scènes à la lisière du fantastique se mêlent à un réalisme résolument féministe qui dénonce le patriarcat et la discrimination des êtres à la sensibilité différente. Il faut se laisser glisser dans la lenteur méditative, la sensualité, la poésie de la photo et du son et la douceur magnétique de la jeune actrice.

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto. Fiction. Italie. VOST. En salle le 29 avril.
Au XVIIIe siècle à Venise, l’Ospedale della Pietà recueille des orphelines de mère inconnue. Destinées au mieux à épouser des bourgeois Vénitiens, elles reçoivent une éducation complète et musicale. Pour renflouer les finances de l’établissement, des concerts prisés ont lieu le dimanche pour de riches mécènes. Vivaldi, presque inconnu et asthmatique, est nommé maître de musique à l’orphelinat. Une connivence se tisse entre un homme poussé vers les Ordres par sa famille modeste pour avoir une rente de situation et Cécilia, jeune-fille passionnée par le violon, rétive au mariage. Deux solitudes s’apprivoisent prudemment, au-delà des rumeurs. Sur un fond classique, les deux acteurs captent le spectateur chacun par l’intelligence de leur personnage.
