Le film Comme une louve “touche le cœur, l’esprit et l’intelligence”

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Après avoir réalisé en 2011 Joseph L’insoumis, Caroline Glorion se penche sur la question du placement des enfants, dans le film Comme une louve, au cinéma le 20 septembre. Avec l’actrice Mathilde La Musse, elles expliquent comment elles ont imaginé et mis en scène l’histoire de Lili, mère isolée de trois enfants qui se bat pour reconstruire sa famille.

Pourquoi avez-vous choisi de mettre en avant la question du placement des enfants dans ce film ?

Caroline Glorion : Je suis engagée avec ATD Quart Monde depuis 40 ans et cette question m’a toujours transpercé le cœur. Lorsque j’ai présenté mon premier film, Joseph l’insoumis, une spectatrice s’est levée et m’a apostrophée : “Pourquoi ne parlez-vous pas de la misère aujourd’hui ? On vient de me prendre mon gosse parce qu’on a jugé que j’étais incapable de l’élever. C’est ça la misère aujourd’hui”. Je me suis dit qu’il fallait le raconter. J’ai eu envie de faire émerger un personnage à l’opposé des stéréotypes que subissent ces personnes. Elles sont toujours regardées à l’aune de leurs manques, parce qu’elles “n’ont pas de quoi manger, pas de maison, elles ne sont pas allées à l’école”… En restant tout le temps avec le point de vue de Lili, je voulais qu’on regarde du côté de sa fantaisie, de son intelligence, de son désir de liberté…

Comment vous êtes-vous glissée dans la peau de cette jeune mère ?

Mathilde La Musse : J’ai imaginé des lettres que Lili écrivait à ses parents, à ses enfants, aux pères de ses enfants, à ses amies, pour évoquer des souvenirs, leurs personnalités, nos relations… C’était ma manière à moi de construire mon personnage, de lui créer un passé.

Lili est un peu une femme-ado, elle vit dans son monde. Son avocate, interprétée par Sarah Suco, lui apporte une bulle d’oxygène en ne l’infantilisant pas. Elle lui parle cash et ça lui fait du bien. On voit son personnage grandir et évoluer. Ce n’est pas magique, ça se fait petit à petit, notamment grâce à toutes les femmes qui l’entourent. J’ai aimé qu’il y ait beaucoup de femmes dans ce film. Il n’y a pas de sauveur, de héros, et ça fait du bien aussi.

Avez-vous travaillé avec des familles ayant connu le placement de leurs enfants et des professionnels des services sociaux pour écrire le scénario ?

Caroline Glorion : Depuis de nombreuses années, j’ai accompagné des familles et écouté des récits de pères humiliés, de mères brisées ou indignées. Le film est né à la Maison Quart Monde de Caen, où j’ai notamment rencontré une militante Quart Monde, dont le personnage de Lili est inspiré. Tout ce qui est dans le film, j’ai pu le voir et l’entendre. À aucun moment je n’ai voulu accuser les services sociaux ou cette mère. J’avais envie de mettre en scène le malentendu tragique qui se joue entre, d’un côté les services sociaux, et d’un autre côté les familles pauvres.

Mathilde La Musse : Le film ne montre pas “les méchants services sociaux contre la gentille mère”. C’est fait avec beaucoup de douceur. On voit que les professionnels font ce qu’ils pensent être juste. C’est toujours un fil très fin : savoir si c’est une bonne décision, si c’est une mauvaise idée de séparer les enfants de leur mère ou si, au contraire, on leur sauve la vie. C’est un choix difficile et courageux. De l’autre côté, il y a ces parents, comme Lili, qui sont eux-mêmes extrêmement courageux, mais qui ne sont pas parfaits non plus, font parfois des choses impardonnables, mettent en péril la santé de leurs enfants… Ils font comme ils peuvent, mais on voit chez Lili l’amour incommensurable qu’elle a à donner.

Comment aimeriez-vous que ce film soit reçu par le public ?

Caroline Glorion : J’ai voulu faire un film qui touche le cœur, l’esprit et l’intelligence des gens, qui les bouscule, sans faire de morale. J’ai eu envie de raconter l’histoire particulière d’une femme, mais qui est emblématique de ce que vivent les familles du Quart Monde. J’ai envie qu’elle émeuve les spectateurs, qu’elle les embarque et que leur émotion monte ensuite au cerveau, à la réflexion, que ça les amène petit à petit à se mettre en route, pour agir.

Cet article est extrait du Journal d’ATD Quart Monde de septembre 2023.

Photo : Caroline Glorion et Mathilde La Musse en plein tournage, à Sète. © Alba Films

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