The New West de Kate Beecroft. Etat-Unis. Fiction. En salle le 6 Mai.
Dans le Dakota du sud, Tabatha Zimiga, récemment veuve dirige un ranch. Malgré des soucis financiers, elle y accueille des adolescents en difficulté. Elle les forme à l’élevage des chevaux et au rodéo dans le respect des bêtes autant que des êtres humains. Tous vivent en caravane sur une friche entourée d’un vaste territoire où les Badlands ont sculptés de fascinants replis terrestres.
75 millions de poussière qui pourraient les ensevelir. Il n’en est rien. Tabatha, look de rockeuse, sa mère et sa fille Porshia sont des princesses guerrières, elles ne sont pas à vendre. Un éleveur convoite le domaine, il sera éconduit. Le récit mise plus sur l’aspect humain que social des situations.
La cinéaste s’est immergée trois ans parmi les protagonistes. Elle pratique le mélange des acteurs et des non professionnels, de la fiction et du documentaire. L’intrigue mince s’étire, les scènes de rodéo et d’enchères se répètent, palpitantes, coupées de chevauchées emballantes, sur fond musical décoiffant. C’est par les ambiances nées de la lumière, des cadrages, par des plans charnels, des scènes d’intimité entre trois générations de femmes fortes, par des dialogues « cash » que la caméra nous tient.
Bienvenue dans le nouvel ouest américain.
La Guerre des prix d’Antony Dechaux. Fiction. France. En salle depuis le 18 mars
Audrey a grandi à la ferme. Cheffe de rayon d’un hypermarché en Normandie, elle est propulsée au cœur de sa centrale d’achat, chapeautée par un chef intransigeant. Elle négocie les marges auprès de partenaires locaux, exsangues. Des bureaux glacials de Derval aux stalles des vaches laitières, la voilà forcément prise en étau. Un thriller efficace, joué dans la nuance qui dévoile les tenants et les aboutissants des mécanismes à l’œuvre.
Vous ne mangerez plus vos yaourts bio avec la même insouciance.
Bella Lehmann-Berdugo
