Le garçon qui faisait danser les collines de Georgi M.Unkovski. Fiction. Macédoine/Rep. Tchèque/Serbie/Croatie. VOST. Sortie en salle le 3 juin.
Ahmet, 15 ans et son petit frère Naïm, orphelins de mère, vivent dans les montagnes de Macédoine. Le père débordé a retiré l’aîné de l’école pour garder les moutons, tandis qu’il fait les marchés. Le petit ne parle plus depuis la mort de leur mère, on l’oblige à consulter un inquiétant rebouteux. L’adolescent passionné de musique rêve de devenir DJ. Il en pince pour la jeune Aya promise hélas à un mariage forcé. Celle-ci prépare en secret une chorégraphie de danse peu traditionnelle. La musique les rapproche, chacun à la barbe de leur père. Le goût artistique des jeunes gens sera le moteur de leur émancipation. Les adolescents et l’enfant, interprètes non professionnels charment par leur fraîcheur.
De très belles scènes de connivence fraternelle, une vie rurale d’aujourd’hui à l’aune des réseaux sociaux, des situations rocambolesques empreintes de poésie ou d’humour. Le réalisateur surfe entre tradition et modernité et cultive le tragi-comique avec bonheur.
BAIT de Mark Jenkin. Fiction. Royaume-Uni. VOST. Sortie en salle le 3 juin
En Cornouailles, un village de pêcheurs où l’activité touristique a fracturé sournoisement le tissu social et précarisé les travailleurs de la mer. Martin Ward pêche péniblement sans bateau, son frère l’utilise comme navette touristique. Leur maison a été vendue à de riches touristes Londoniens au paternalisme méprisant. Deux mondes inconciliables comme des clans. De jeunes oisifs jaugent de jeunes précaires et vice versa, ils se frôlent, s’affrontent, disparaissent. Le protagoniste principal impressionne par sa force et sa vulnérabilité, les personnages secondaires ne sont pas en reste. Le choix esthétique du noir et blanc, les cadrages étudiés, la frugalité des dialogues, le déroulé original presque théâtral servent le récit de façon magistrale.
Bella Lehmann-Berdugo


