Le livre, “une porte ouverte vers plus de liberté”

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Espace de créativité et de lien social, les Bibliothèques de rue sont également un lieu privilégié pour exercer ses droits culturels.

Quand ils voient arriver l’équipe de la Bibliothèque de rue dans leur quartier, beaucoup d’enfants sont d’abord méfiants. Le livre représente parfois pour eux un objet de peur et un symbole d’échec. La Bibliothèque de rue peut les réconcilier avec la lecture, qui reste un savoir essentiel, un de ceux qui assurent une circulation du sens entre les personnes et leur environnement, mais elle va bien au-delà d’un simple moyen “d’accès à la culture”, explique, dans le Mooc, l’équipe de la Dynamique Enfance.

L’intention n’est pas de permettre à ces enfants d’accéder à une “culture légitime”, mais d’exercer leurs droits culturels. L’un des modules du Mooc revient ainsi sur ce que représentent ces droits.

Un outil pour se construire

La Dynamique Enfance rappelle qu’en Bibliothèque de rue, “le livre n’est pas la réponse à un besoin, mais plutôt une porte ouverte vers plus de liberté, au service de la relation, une voie pour révéler potentiels, désirs, goûts, singularités. C’est un outil pour se construire, non pour réparer autrui“.

Pour le philosophe Patrice Meyer-Bisch, interviewé dans le Mooc, accéder aux droits culturels, c’est avoir “le droit de participer à des ressources culturelles de qualité qui permettent de vivre son processus d’identification tout au long de sa vie, c’est-à-dire de découvrir qui on est. C’est le droit d’être reconnu comme capable de savoir”. Le livre est ainsi ce qui fait le lien entre les personnes. “C’est un prétexte pour crier, chanter, être en colère, pleurer, se regarder, ressentir, éprouver son corps, désirer ensemble, s’épauler et débrider l’imaginaire”, décrit-il.

La notion de réciprocité est en outre très importante dans les Bibliothèques de rue. “Pour pousser le plus loin possible son savoir, chacun a besoin de s’appuyer sur le savoir des autres. On s’élève alors comme une voûte, grâce à cette opposition. Il y a les apprenants des deux côtés. L’animateur a besoin de ceux qui l’écoutent pour lire correctement”, explique le philosophe.

Chacun apporte ainsi son identité, son histoire et sa sensibilité autour d’un ouvrage et c’est ce qui permet l’échange. “Pour moi, la culture, ce sont les gens que l’on rencontre. Chacun est différent et c’est cela qui est enrichissant. Tout le monde a une culture. On raconte tellement aux gens pauvres qu’ils n’en ont pas, qu’ils en sont persuadés”, témoigne Marion Navelet, militante Quart Monde d’Île-de-France. “Les droits culturels, c’est être reconnu dans ce que l’on est, dans son identité”, ajoute-t-elle.

Être à l’écoute

Le livre permet par ailleurs de s’ouvrir sur d’autres modes d’expression. “Il peut être une invitation à écrire, créer, organiser des spectacles, des expositions, des jeux, des événements”, recommande la Dynamique Enfance. Les animateurs de Bibliothèques de rue ne sont donc pas là pour apprendre à lire aux enfants. “On ne dit pas aux parents : c’est bon pour vos enfants, ça va leur faire du bien. On ne sait pas ce que ça va leur faire, mais on invite à découvrir cette proposition et nous sommes à l’écoute des réactions des gens”, explique Christine Géroudet, volontaire permanente et animatrice de Bibliothèque de rue en Alsace.

Pour Patrice Meyer-Bisch, l’observation et l’écoute sont ainsi “la première obligation en termes de droits de l’Homme”, car pour pouvoir participer à la vie culturelle , avec les ressources dont on se saisit, ses aspirations et sa vision du monde, il faut d’abord être écouté, se raconter, être connu et reconnu. Pendant une Bibliothèque de rue, les animateurs et animatrices doivent ainsi être à l’affût. À l’affût de ce qui est dit, mais aussi de “ce qui n’est pas dit”, explique Hélène Deswaerte, volontaire permanente et animatrice de Bibliothèques de rue dans le Nord. “Quand un enfant est en retrait, a beaucoup de difficultés à entrer en interaction avec les autres, c’est important de le noter. A contrario, un enfant qui va occuper l’espace, accaparer l’adulte, peut aussi exprimer un besoin d’attention”, résume-t-elle.

Il ne s’agit donc pas seulement de lire un livre, mais aussi de voir comment l’enfant reçoit cette lecture, si sa concentration se développe, si, au fil des séances, il prend confiance en lui, choisit lui-même des ouvrages… Beaucoup d’animateurs et d’animatrices de Bibliothèques de rue constatent que de nombreux enfants se disent que ce n’est pas pour eux, qu’ils ne vont pas y arriver. “Le fait de croiser sur son chemin des personnes qui vont penser autrement et ouvrir un éventail de possibilités, cela peut ouvrir des portes”, conclut Hélène Deswaerte.

Pour s’inscrire au Mooc, ouvert du 8 janvier au 30 juin : https://moodle.atd-quartmonde.org/

Pour se renseigner, devenir animateur ou créer une Bibliothèque de rue près de chez vous  : dynamique.enfance.france@atd-quartmonde.org

Cet article est extrait du Journal d’ATD Quart Monde de janvier 2022.

Photo : Bibliothèque de montagne à Cuyo Grande, au Pérou, en 2008. © François Phliponeau

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