Dans le Jura, un couple intégré dans une commune, ayant fui la Géorgie en 2018, se retrouve sous OQTF (obligation de quitter le territoire français). Dès lors, des alliés d’ATD Quart Monde, les habitants de la commune et des environs se mobilisent dans un grand élan de fraternitécontre cette injustice. Voici le témoignage de Laurent, allié du Mouvement.
“Mercredi 27 août, alors que Gygor commence les vendanges dans le Jura, la bouille sur le dos remplie de raisin, il se fait arrêter par la police à l’occasion d’un contrôle des agents de la Mutualité sociale agricole. Ce Géorgien est déclaré dans les registres des vendangeurs, comme chaque année, mais il est aussi sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) depuis 2024. Assigné à résidence dès le lendemain, ce père de famille est invité à revenir le samedi suivant à la gendarmerie muni de son passeport – ce qu’il ne fait pas de peur d’être renvoyé par avion en Géorgie (pays que sa femme et lui ont fui en 2018). Il prend à nouveau la fuite. Quelques jours après le départ de son mari, Mina reçoit elle aussi une OQTF.
Avec le soutien de Claude, allié du Mouvement, je décide d’occuper jour et nuit la place publique avec une caravane, une table, des chaises et des pancartes.
« Qu’une famille, arrivée il y a sept ans dans la commune, dont la fille est née et scolarisée ici, dont la mère travaille dans un restaurant et le père chez des agriculteurs du coin, se retrouve dans cette situation ubuesque, c’était totalement incompréhensible. Il fallait que tout le monde sache ! »
Cette initiative déclenche une dynamique insoupçonnée, entraînant les habitants de la ville et alentours. Des personnes parfois voisines qui ne se connaissaient pas encore entrent dans cette mobilisation. Encouragés par ce dynamisme, nous créons un QR code pour la pétition, distribuons des tracts, faisons du porte-à-porte dans le but d’obtenir des signatures, mais surtout parler avec les gens.
Nous avons réussi à fédérer plus d’une centaine de personnes bien au-delà du cercle habituel pour faire entendre leurs voix devant la préfecture. Trois semaines plus tard, Gygor a finalement pu retrouver sa maison avec la promesse, de la préfecture, de ne pas être
poursuivi. Une première victoire de haute lutte. En revanche, les OQTF de Gygor et Mina sont toujours d’actualité. Ensemble, le combat continue”.
Laurent Gaudin
