Direction Avignon pour la sixième rencontre du Labo d’idées jeunes : les réflexions sur la maltraitance institutionnelle sous l’angle de la jeunesse se poursuivent

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Du 23 au 25 juin, cinq des douze jeunes du Labo d’idées jeunes se sont réunis à Avignon avec le département et la dynamique jeunesse France pour la sixième rencontre du Labo depuis sa création. Deux jours d’échanges pour poursuivre les réflexions entamées autour de la maltraitance institutionnelle du point de vue de la jeunesse. Cette session fait aussi suite à une première rencontre entre les professionnels du réseau Wresinski Jeunesse et les jeunes du Labo d’idées en début d’année 2023.

Si les rencontres précédentes du Labo d’idées jeunes ont eu lieu à Méry-sur-Oise et Pierrelaye, pour cette dernière session avant l’été, le rendez-vous était donné à Avignon. Depuis Rennes, Nantes, l’Alsace et l’Ile-de-France, la route a été longue pour chacun. Malgré les arrivées plutôt tardives, les longues heures de trajet et la chaleur, dès la première heure le samedi matin, les jeunes déjà présents à la dernière rencontre de février commencent par prendre le temps d’expliquer ce qu’est le Labo d’idées aux nouveaux. Pedro estime : “cet espace, c’est pour améliorer le quotidien. Et puis échanger entre jeunes et professionnels. Ça fait du bien aussi en fonction de ce qu’on a vécu et de ce qu’on vit encore”. Lætitia, elle, ajoute : “et puis c’est transmettre les messages plus haut aussi, vers l’État”.

Mettre des mots sur des témoignages vécus par les jeunes autour de la maltraitance institutionnelle

Le thème fort du Labo d’idée, la maltraitance institutionnelle, revient ensuite très vite sur la table. On s’attarde sur des points clés ressortis lors de la dernière rencontre du Labo. On cherche collectivement à mettre des mots précis là où il en manque, en relisant des témoignages. Les mots sont forts : discrimination, pression, violence, harcèlement, abandon… Et les témoignages tout autant :“tu ne peux rien faire”, “je ne comprends pas pourquoi elle me traite comme ça”, “nos projets personnels doivent rentrer dans ce que l’institution veut entendre”, “on nous demande d’être responsables et en même temps on nous infantilise”.

Le repas préparé ensemble ensuite permet de décompresser, de rire et de se donner des nouvelles. Pour beaucoup, cette session est aussi l’occasion d’une première découverte d’Avignon. Alors, en fin de journée, un temps de visite de la ville est prévu. Le Palais des Papes bien sûr, mais aussi un détour par les petites rues pour repartir avec d’incontournables cartes postales. En sortant de la boutique, Adrien affirme en rigolant, les yeux devant une carte postale avec un champ de lavandes : “Bon de toute façon, celle-là, je pouvais pas repartir sans !”

Les suites d’une première rencontre en février entre le réseau Wresinski Jeunesse et les jeunes du Labo d’idées

Les jeunes du Labo d’idées se sont déjà rencontrés une première fois autour de cette thématique : c’était en février, avec les membres du réseau Wresinski Jeunesse. Le projet est de comprendre la maltraitance institutionnelle en croisant les savoirs entre jeunes ayant l’expérience du rapport aux institutions, et professionnels travaillant dans les institutions avec des jeunes en situation difficile. Après cette première rencontre où les jeunes et les professionnels ont pu découvrir leurs représentations mutuelles de la maltraitance institutionnelle, l’étape suivante pendant cette session était d’aller plus en profondeur, en groupes de pairs : cette fois, chacun a pris le temps d’écrire le récit détaillé d’une expérience de maltraitance institutionnelle.

Les professionnels ont fait le même exercice deux semaines auparavant, les jeunes ont donc pu lire ensuite ensemble un de ces récits et l’analyser. L’un évoque “le manque de confiance” : “On lui a menti, on l’a fait espérer”, Bakary analyse : “s’il se retrouve dans la même situation plus tard, et qu’on lui dit qu’il aura une place [d’hébergement], il ne pourra pas être sûr”. Steven lui, regrette le “manque d’empathie” au sein des structures d’hébergement collectifs qui, selon lui, devraient parfois prendre plus de temps pour étudier la situation de certains jeunes particulièrement vulnérables pour leur donner la priorité. Tous s’accordent à dire que le travailleur social est impuissant face à un problème plus grand que lui : “Le travailleur social, lui, dans son asso, il peut rien faire sur le manque de logements.”

À l’issue de la session et avant que chacun reprenne la route, un dernier sujet de réflexion est proposé aux jeunes : ont-ils le sentiment de vivre des choses que ne vivaient pas leurs parents ou les adultes des générations précédentes? Et en particulier lorsqu’on parle de maltraitance institutionnelle ? Beaucoup d’idées sortent et les débats se poursuivent même au moment de ranger les dernières affaires. L’une des jeunes explique : “Je n’en parle plus avec mon père mais, quand j’en parlais, pour lui il fallait prendre n’importe quel travail et gagner son pain et le reste viendrait plus tard. Et moi je lui disais non, on peut faire un travail qu’on aime dès le début. Je travaille pas pour l’argent, je donne de mon temps c’est pour un truc que j’aime bien sinon ça a pas d’intérêt !” Pour Adrien, l’incompréhension vient souvent sur le sujet du rapport aux institutions. Il regrette de ne pas avoir plus de conseils et de soutien : “j’apprends encore des parties administratives de la vie, il me faut de l’aide”. Le temps manque pour poursuivre les débats, mais chacun des jeunes pourra prendre le temps de mettre à l’écrit ce qui lui vient à l’esprit pour pouvoir en parler lors de la prochaine session, à la rentrée.

Anne-Cécile Demulsant

 

Photo : Sixième rencontre du Labo d’idées jeunesse à Avignon, juin 2023.

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