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Pierre d’homme
Pierre d’homme
DE
Bernard JAHRLING
nombre de pages :
240
|
prix :
13,00 TTC
|
isbn :
2-913046-29-0
date de parution :
2004
thème(s) :

Autobiographie d’un militant, arrivé à 14 ans, avec sa famille, dans le bidonville de Noisy-le-Grand. Il y rencontre le père Joseph Wresinski et s’engage à ses côtés.

description

Réfugié avec sa mère allemande dans la France de l’après-guerre, Bernard Jährling a 14 ans en 1955, quand on le dépose avec les siens au camp des sans-logis de Noisy-le-Grand près de Paris.

Des abris en tôle et des tentes militaires alignés à la hâte sur une ancienne décharge, la boue, les rats, quelques pompes à eau…
Dans ce lieu vivent jusqu’à deux milles personnes. « C’est quoi ça ? s’inquiète le nouvel arrivant, un camp de prisonniers ? »

Aux cars de touristes qui viennent visiter cet enfer humain, l’adolescent crie sa révolte à coup de pierres. Sur ce bout de terre où la haine pousse comme de la mauvaise herbe, l’auteur se demande quelles mains l’ont empêché de basculer : celles de ses frères ? de ses sœurs ? de sa mère ? Une mère de huit enfants qui leur répétait : « Ne reviens jamais à la maison menottes aux poignets ! »
Aux yeux de ce garçon, le seul homme qui représente le père qu’il n’a plus, c’est l’aumônier du camp, l’abbé Joseph Wresinski…

L’auteur, maçon tailleur de pierres, nous fait découvrir ce prêtre qui tient bon parmi ces naufragés avec lesquels il créera le mouvement ATD Quart Monde.
Avec ses yeux de jeune en colère puis son regard d’homme mûr, Bernard Jährling nous entraîne sur un chemin inédit de la haine à l’espérance.
Témoin de l’Histoire aux côtés de ceux qui résistent dans la boue, il croise des grands de ce monde, artistes, hommes politiques ou religieux. L’enfant du bidonville deviendra formateur de centaines de jeunes qui s’engageront sur tous les continents, là où des familles attendent qu’une main, un cœur les accompagnent pour qu’elles retrouvent enfin une intelligence capable de restituer à la « pierre d’homme » la place qui leur revient.

extrait

Critiques du livre Pierre d’homme Critiques du livre Pierre d’homme Robert-Yves Quiriconi – Associated Press

Voici un livre d’une rare densité humaine, dont les personnages, de chair et de sang, ont une épaisseur que l’on aurait du mal à retrouver même dans les plus prestigieuses fictions. Des abris en tôle et des tentes militaires alignées à la hâte sur une ancienne décharge, la boue, les rats, quelques pompes à eau. C’est dans ce cloaque qu’en 1955, l’auteur alors âgé de 14 ans, réfugié avec ses frères et sa mère allemande, est « déposé ». De l’Allemagne d’après-guerre, le voilà passé, près de Paris, au « camp des sans logis » de Noisy-le-Grand où vivent près de deux mille personnes. « C’est quoi ça ? Un camp de prisonnier ?  » s’inquiète l’adolescent qui reçoit les touristes venus en cars visiter cet enfer humain, à coups de pierres : « Ne reviens jamais à la maison menottes aux poignets » lui répète sans relâche sa mère, en charge de huit enfants.

Dans cette vie cassée par l’extrême pauvreté, se détache la lumineuse figure de l’abbé Joseph Wresinski , l’aumônier du camp, qui redonne à tous ces naufragés le droit d’espérer en créant, avec eux, ce qui deviendra le mouvement ATD Quart Monde . Ce témoignage sur la misère et contre l’exclusion, écrit dans un style à l’image du vécu de l’auteur : direct, est aussi une leçon d’humanité qui redit l’importance de l’engagement sur le long terme aux côtés des plus pauvres. Maçon, tailleur de pierre, cet enfant du bidonville est devenu formateur de centaines de jeunes qui s’engagent avec le Mouvement sur tous les continents. Aujourd’hui, c’est à ses petits-enfants qu’il dédie son livre. Superbe et émouvant !

—-

Pierre François – FRANCE Catholique N°2947 8 octobre 2004

« Pierre d’homme », de Bernard Jährling nous retourne les sangs tel un roman. Sans doute parce qu’il s’agit en fait d’un récit que l’auteur a d’abord vécu dans sa chair. Ce témoignage est plus qu’instructif. Il est vital pour qui a le souci de son prochain, ou même la simple curiosité de comprendre.

Comment devient-on un paria dans les années d’après-guerre ? Il suffit d’avoir une mère allemande et un père français. L’ancien prisonnier aurait voulu refaire sa vie là où le sort l’avait jeté, mais la menace d’une déportation en Russie provoque le retour en France. Et là, le voisinage s’est chargé de contraindre la famille à un nouvel exil, plus miséreux : à Pomponnette, le tout premier camp de réfugiés monté par l’abbé Pierre. Puis ce sera celui, si célèbre, de Noisy-le-Grand. L’auteur a alors 14 ans.

Au fil des pages, il évoque ses souvenirs, comme autant de coups de projecteur sur la réalité de sa condition. Lui qui fut un collaborateur de la première heure du père Joseph Wresinski dit dans un langage simple l’incompréhension, la méfiance, la haine, et comment pourtant il n’est jamais revenu chez lui les menottes aux poignets.

Incompréhension et méfiance face aux administratifs qui sans partager leur sort s’octroyaient le droit de leur enlever leurs enfants. La parade à cette menace ? Cesser de les envoyer à l’école pour qu’ils ne puissent pas être dénoncés par la maîtresse. Et comment trouver du travail quand votre adresse vous dénonçait ?

Ce livre énumère, sans rancœur désormais, les phrases qu’on n’a pas le droit de dire quand on ne partage pas leur sort. Qu’un savon ne coûte pas cher, alors que le problème de la famille était tout simplement de manger. Au point que parfois ceux qui avaient du travail le quittaient pour toucher quelque argent avant la fin du mois. Alors que leur adresse les faisait repérer, et leur rendait la recherche d’un travail encore plus aléatoire. Et à la critique sur la dimension des familles miséreuses, c’est sa mère qui un jour répond : « l’amour d’une femme pour son homme est tel… qu’avoir des enfants de lui, c’est comme un reflet du regard qu’ils ont l’un pour l’autre. C’est aussi … pour lui prouver le bonheur qu’elle a à bâtir son foyer avec lui, comme une maison solide. Souvent la vie est le contraire de ce qu’on voudrait. Et c’est vous, les enfants, qui nous re-donnez le droit d’espérer ».

La parole de quelques autres était aussi écoutée : ceux dont la présence « permettait justement de croire à nouveau qu’on pouvait se retourner ». Ceux-là ne prononçaient ni discours d’assistanat ni propos moralisateurs. C’est le père Wresinski qui décide de faire payer le charbon ou disant à l’auteur de se « démerder ». Ces paroles-là construisaient d’autant plus qu’elles tombaient dans un esprit déjà admiratif.

On remarque au passage combien d’autres, qui agissaient sur un autre terrain, ne leur donnaient pas de conseil. C’est une Geneviève de Gaulle Anthonioz qui demande à l’auteur de lui tenir le bras pour avancer à la rencontre du Pape. Ou un Giscard d’Estaing qui dit trois mots affectueux à un enfant. A lire ce livre, on comprend comment ces gens, en sachant rester et agir à leur place, sans vouloir tout faire, ont lavé l’honneur d’un peuple chrétien dont le seul regard faisait sortir l’auteur d’une église. Ce jour-là quand Bernard Jahrling est allé voir le père Wresinski pour lui dire combien il était écœuré d’avoir été chassé d’un tel lieu sans une parole, il s’est vu répondre que ce n’était pas ce que ces gens avaient voulu et qu’il devait « aller vers eux, cogner à leur porte, leur faire comprendre que tu n’es pas seul, que vous êtes tout un peuple ! ». Jamais l’auteur n’a oublié ces mots. Il se les ressassait encore lorsque A ide à T oute D étresse se retrouva à l’Elysée, ou à Castelgandolfo. Et il est permis de penser que l’écriture de ce livre est encore un pas vers les nantis, pour consolider le pont que le père Joseph avait commencé de construire.

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