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« On cherche avec les professionnels comment faire pour qu’ils ne travaillent pas à la place des personnes, mais avec elles. En travaillant sur les représentations, les récits, on découvre qu’on est dans des mondes différents, mais qu’on peut arriver à se parler, à dialoguer, à trouver des conditions qui font que les professionnels et les personnes vivant en situation de pauvreté peuvent travailler ensemble. »

 

Les co-formations sont une des applications de la démarche du Croisement des savoirs et des pratiques© initiée par ATD Quart Monde. Elles visent à lever la frontière – faite de préjugés, de peur et d’incompréhensions réciproques – entre deux mondes qui se côtoient mais se connaissent mal : celui des professionnels et celui des personnes en situation de pauvreté.

Rassemblant des personnes en situation de pauvreté et des professionnels – enseignants, travailleurs sociaux, médecins, élus, représentants des institutions, etc. – les co-formations se déroulent sur plusieurs jours. Dans un premier temps, chaque groupe de pairs travaillent séparément : d’un côté un groupe de personnes en situation de pauvreté construit sa représentation d’un problème, de l’autre un groupe de professionnels fait de même. Dans une second temps, les groupes de confrontent leur travail et réflexions afin de chercher ensemble des solutions pour reconstruire les représentations de chacun et co-construire des préconisations. Objectif : apprendre à se connaître mutuellement, à expérimenter ensemble et à identifier les conditions qui permettent d’améliorer la relation, de changer les pratiques, et d’agir en partenariat.

Dans les co-formations, les militants Quart Monde ne font pas « des témoignages de vie » : ayant bâti leurs savoirs avec d’autres personnes qui ont l’expérience de la pauvreté – notamment dans les Universités populaires Quart Monde – ils interviennent en tant que co-formateurs et sont rémunérés pour leur travail. Ils sont accompagnés, tout le long de la formation, par leur « référent », qui les soutient, en les protégeant de toute personnalisation, de toute intrusion dans leur vie privée, et en modérant le rythme de travail des groupes pour que personne ne se sente perdu ou en incapacité de comprendre. Les autres groupes de pairs en présence sont tous volontaires et interviennent au nom de leur groupe, de leur profession, de leur institution. L’équipe d’animation est garante de la démarche du Croisement des savoir et des pratiques© et de la liberté d’expression de tous les participants. Le travail de co-production final formalise les points jugés essentiels pour tous participants et groupes de pairs : constats principaux, pistes de travail, points d’accord, préconisations…