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« Les enfants pauvres sont moins aptes que les autres » : vrai ou faux ?

Faux. Ils ont plus de difficultés au départ, mais il n’y a pas de fatalité.

Viviane Bouysse, Inspectrice générale de l’Éducation nationale, explique (1) : « L’école maternelle accueille des enfants qui ont appris des choses, mais pas les mêmes choses. La difficulté va être de ne pas mépriser ce que les moins avancés savent déjà et de faire en sorte qu’on ne les regarde pas comme des enfants en difficulté parce qu’ils ne savent pas autant que d’autres. Bien distinguer différences et difficultés. C’est tout à fait dommageable de dire à un enfant de 3 ans qu’il est en déjà en difficulté ; simplement il n’en est pas au même point dans son trajet d’apprentissage. Avant d’arriver à l’école, certains enfants ont plus de 1 000 heures d’écoute d’histoires dans leur tête. D’autres n’en ont aucune ! »

Avant et après sa naissance, les conditions de vie difficile (logement, chômage, alimentation, santé…) et le stress imposé à sa famille rejaillissent sur l’enfant et sur ses capacités d’apprentissage (2). Ainsi, en France, un chômage durable des parents diminue de 12 points la probabilité d’obtention du baccalauréat pour leurs enfants (3).

Mais le lien entre pauvreté et échec scolaire n’est pas inéluctable, puisque les études PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) montrent que dans la plupart des autres pays développés, il est moins élevé qu’en France. Plusieurs actions peuvent aider à casser ce lien : améliorer les conditions de vie de l’enfant et de sa famille ; investir davantage dans le soutien à la petite enfance (accès aux crèches…) et dans l’école élémentaire (4) ; soutenir les parents dans leur rôle éducatif ; changer le regard négatif souvent porté sur eux à l’école, qui décourage les élèves en difficulté dans leurs apprentissages (c’est l’« effet Pygmalion ») ; mettre en œuvre des pédagogies adaptées à tous les élèves (5) et des modes d’évaluation qui les encouragent tous à progresser (6) ; poursuivre l’éducation initiale par des temps de formation tout au long de la vie, etc.

 

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Merci à Georges Million pour ce dessin.