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« On ne vit pas trop mal avec le RSA » : vrai ou faux ?

Faux. Il n’est pas possible de vivre dignement avec le RSA aujourd’hui.

Certains prétendent que c’est possible en cumulant aides sociales et travail au noir. Ils citent l’exemple d’« un voisin au RSA qui… ». Mais des exemples ne font pas une généralité. Et, hors exception, le travail au noir pratiqué par les personnes en précarité reste de très faible ampleur.

En 2015, les Français estiment qu’une personne seule doit disposer au minimum de 1 553 € par mois pour vivre(1). Le montant du RSA pour une personne seule est de 525 € mensuels en avril 2016 (461 € en cas d’aide au logement).

Quelques chiffres font comprendre les difficultés auxquelles les familles aux plus faibles revenus sont confrontées :

– Le nombre de dossiers de surendettement déposés est passé de 165 000 en 2003 à 230 000 en 2014.

– Une famille sur cinq est en situation de précarité énergétique, soit 5,1 millions de familles, soit 11,5 millions de personnes(2).

– La croissance de la part des dépenses contraintes (loyer, téléphone, gaz, électricité, assurances…) dans le budget des ménages pauvres et modestes. Celle-ci a doublé entre 1979 et 2005(3), passant en moyenne de 23 % à 47 %. On imagine bien que cette part a continué de grandir depuis.

– Dans son rapport « Statistiques d’accueil 2014. La fracture mobilité. Apport statistique », le Secours Catholique-Caritas France compare les budgets réels des familles qu’il reçoit avec les budgets « décents » calculés dans l’étude « Budgets de référence ONPES » réalisée en 2014 par le CRÉDOC et l’IRES. Les premiers sont inférieurs de moitié aux seconds. On y voit combien les budgets habillement, vie sociale-culture-loisirs-vacances, santé-hygiène-beauté (idée reçue no106), équipement, transport, et en partie alimentation sont sacrifiés(4).

– Le surcoût imposé aux familles en situation précaire qui paient le logement, l’alimentation, le téléphone, le crédit, etc. à un prix supérieur à celui que paient les autres familles. Ce phénomène de « double peine » génère un surcoût de 500 € par an en France pour une famille en situation précaire(5).

On peut ajouter à ces conditions matérielles le poids des démarches à renouveler régulièrement pour obtenir des aides, les difficultés de santé, le stress des recherches d’emploi et de formation, le poids des préjugés à affronter… Tout cela pour, au bout du compte, ne pas parvenir à vivre dignement jusqu’à la fin du mois. Combien de familles évitent leurs voisins et leurs amis parce qu’elles ne peuvent même pas les recevoir pour un café(6) ?

Souvent, des personnes pensent que certains « ne vivent pas trop mal avec le RSA » ; en fait, elles surévaluent le montant des minima sociaux et se trompent dans leurs calculs (idée reçue 18).

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Merci à NIkolaz pour ce dessin.