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Recherche : La participation institutionnelle à l’épreuve de la protection de l’enfance

Regards croisés sur les freins au développement de la participation collective des parents en protection de l’enfance.

Faire participer les parents de la protection de l’enfance, un nouvel enjeu de taille pour les professionnels de l’Aide sociale à l’enfance.
Alors que de nombreux rapports remis ces dernières années, du rapport Bourguignon au rapport Bacqué-Mechmache, encouragent la participation des usagers à la conception, la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques publiques, force est de constater que c’est encore loin d’être le cas en protection de l’enfance.
Cette recherche s’intéresse aux freins à la mise en oeuvre de dispositifs participatifs institutionnels, plus communément appelés « comités d’usagers » associant les parents de la protection de l’enfance. Elle a été conduite auprès de trois départements, l’Isère, la Moselle et l’Essonne et à travers l’étude de leurs expériences participatives en la matière. Des cadres départementaux, travailleurs sociaux mais aussi des associatifs ont été interrogés pour identifier les enjeux relatifs à la participation des parents au sein de ces différents territoires.
Il en ressort qu’au-delà des freins classiques à la participation qui ont pu être soulignés dans les nombreuses études réalisées sur le sujet, des obstacles spécifiques s’opposent à la participation des parents en protection de l’enfance.
S’agissant en premier lieu d’un déficit de citoyenneté, qui entrave la légitimité des parents à être associés à la politique dont ils sont destinataires, les freins à leur participation reposent également sur la complexité de la relation entretenue avec les professionnels. Cependant les résistances exprimées par certains travailleurs sociaux révèlent aussi l’importance de la présomption de défaillance qui pèse encore sur les parents.
Cette participation apparaît donc inconcevable dans ce champ d’action publique où le contrôle social subsiste. Mais des exemples étudiés l’on peut percevoir des pistes dépassant ce paradoxe, qui intègrent la participation à une réflexion globale autour de l’accompagnement des familles.
Cette analyse met aussi en avant les apports d’une participation des familles au service d’une protection de l’enfance répondant plus efficacement à leurs besoins; à condition néanmoins que celle-ci se veule émancipatrice et non aliénante.
Cette recherche a été conduite par Julie Chapeau, diplômée du master Villes, territoires, solidarités de Sciences po Grenoble dans le cadre de son mémoire de fin d’études.

 

Lire le mémoire de recherche de Julie Chapeau : C’est ici !