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Voyage dans la France solidaire

Voyage dans la France solidaire

« L’objet de cet ouvrage est d’entrer dans le cœur du fonctionnement (en France) de ces structures associatives, afin d’en comprendre les dynamiques actuelles et les problématiques, au regard de l’évolution de la précarité ».

Les associations face aux nouvelles précarités.

L’auteure, diplômée de Sciences-Po Paris et professionnelle de l’action sociale, s’intéresse ici aux seules associations de l’aide sociale et alimentaire, de la veille sociale et de l’hébergement social et du secteur caritatif. « L’objet de cet ouvrage est d’entrer dans le cœur du fonctionnement (en France) de ces structures associatives, afin d’en comprendre les dynamiques actuelles et les problématiques, au regard de l’évolution de la précarité ». Une précarité de plus en plus multifactorielle, multidimensionnelle, qui requiert de la part des acteurs du social « une action globale sur l’ensemble des thématiques ».

Dans un premier chapitre, Noémie Caponnetto tente une évaluation de la situation des divers publics les plus précaires : les familles monoparentales, fragilisées ; les femmes sans domicile, souvent oubliées ; les jeunes, génération sacrifiée ; les personnes âgées, isolées ; les travailleurs pauvres, de plus en plus précarisés ; les populations rurales, délaissées ; les personnes exilées, très vulnérables.

Face à ces diverses situations, comment évolue la réponse des associations ?
L’aide alimentaire se double de plus en plus d’un accompagnement social et se soucie de plus en plus de la qualité de l’alimentation. Certains collectifs se préoccupent d’un accès digne à l’alimentation et expérimentent ce qu’on pourrait appeler une sécurité sociale de l’alimentation.
Dans les nombreux dispositifs d’accès à l’hébergement et à l’emploi, on doit souvent aller à la rencontre de publics qui ne s’y présentent pas spontanément et prendre en compte un nombre croissant de personnes très précarisées, voire présentant des troubles psychiques. L’enjeu serait de sortir des solutions d’urgence ou d’attente pour parvenir à des situations de droit (cf. les expérimentations du programme « Logement d’abord » et du projet « Territoires zéro chômeur de longue durée »).

Au cœur de cette vie associative en mutation, il y a le jeu des relations internes d’une part entre bénévoles, ceux qui sont réguliers et ceux qui sont ponctuels, d’autre part entre bénévoles de terrain et salariés. Le fait nouveau est l’apparition maintenant de bénéficiaires de l’association qui en deviennent bénévoles. Ce qui conduit l’auteure à considérer que la participation des personnes accueillies, secourues ou aidées, parfois jusqu’au sein des conseils d’administration, apporte un renouvellement de la conception même du militantisme.

Au terme de ce panorama, quelques perspectives sont esquissées d’une part en faveur d’une meilleure coordination inter associative pour mettre en cohérence les actions entreprises sur un même secteur géographique, d’autre part en faveur d’un réajustement du soutien politique et financier des Pouvoirs publics pour mieux concourir à ce qui apparaît comme l’objectif majeur : passer d’un fonctionnement d’urgence à des solutions pérennes pour les personnes.

A noter que tout au long de cet ouvrage, des extraits d’interviews permettent d’entendre la parole de divers responsables associatifs sur la manière dont ils peuvent appréhender les situations auxquelles ils sont confrontés et assumer une meilleure façon d’y faire face. Ils viennent en appui de façon tout-à-fait appropriée pour illustrer dans leur contexte les engagements requis par les précarisations actuelles.

Daniel Fayard

L’Harmattan – Questions contemporaines – 2023 – 170 p.