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Vers l’autre

Vers l’autre

Grâce à une écriture sensible, presque impressionniste, l’autrice dessine le décor de son enfance bretonne : « Cocon douillet » d’où elle perçoit, « de l’autre côté du mur », un monde dont on lui interdit l’accès. Elle s’interroge sur ce qui l’a incitée à franchir les obstacles pour aller « vers l’autre »

Étudiante à Paris, elle découvre les bibliothèques de rue, les universités populaires. Elle s’engage auprès des plus exclus avec le Mouvement ATD Quart Monde.

Des questions la taraudent : « Les barrières tombent-elles ? Est-il possible de rejoindre la pensée de l’autre qui est si différent de moi ? La vraie rencontre existe‑t‑elle ? »

Ses notes, très nombreuses pour se souvenir des dates, des lieux, des sensations, des paroles surtout, sont le terreau de sa recherche. Elle nous les partage, évoquant avec pudeur ses hésitations, ses doutes, le vertige, voire même parfois la sensation d’être intrusive. Une in‑tranquillité qui est son moteur.

Nous cheminons avec elle, entre passé et présent, entre France et Suisse où elle poursuit sa réflexion, puis à son retour à Rennes. Nous faisons la connaissance de Yannick, un homme rejeté depuis son enfance, abimé par la vie. C’est un apprivoisement mutuel. Yannick se révèle petit à petit un maître à penser, porteur d’humanité. En cela, il est un peu co-auteur du livre.

L’autrice invite à « oser sortir de chez soi » et Yannick encourage : « Faut pas baisser les bras ! » De nombreux sujets sont évoqués au long des pages : le relogement, la politique de la Ville, l’approche des professionnels médicaux et sociaux, la place des plus pauvres dans l’Église…

Caroline Petitat-Robet sillonne les routes de France et de Suisse, pour en débattre avec ses lecteurs

Laurence Cailleau-Wallon

Éd. Torticolis et Frères – 2022 – 231 p.

Compte-rendu publié dans la Revue Quart Monde n° 266 : Peindre et dépeindre