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Le voyage d’Amadou

Le voyage d’Amadou

Un bateau de migrants fait naufrage et Amadou retourne dans son pays natal pour se construire un autre avenir.

(Les survivants)
d’après le récit d’Amadou Keita

En un peu plus de 50 pages, le personnage principal et unique de cette pièce de théâtre, Amadou Keita, raconte : la fin d’une enfance volée par la nécessité et la misère de sa famille, les années d’adolescence pendant lesquelles, porté par l’espoir d’un bel avenir de footballeur très loin de chez lui, il a supporté les séparations, les travaux les plus pénibles et les trahisons des adultes qui l’ont davantage exploité que guidé dans la construction de son avenir.

Il a toujours « rebondi » comme le ballon fétiche dont il a dû se débarrasser pour alléger son paquetage lors de sa longue traversée du nord de l’Afrique vers la Méditerranée.
Si le naufrage du bateau qui devait l’amener en Europe n’a pas vraiment mis fin à ses aventures, par chance ou par miracle, il a mis un terme à ses rêves d’exil.
Sur sa terre natale retrouvée, il continue à lutter pour ses droits, son avenir, et à montrer un chemin d’espoir à ceux qui l’entourent.

La typographie permet au lecteur de repérer les retours en arrière, aux temps du rêve ou des souffrances.

Le lecteur imagine une mise en scène simple mais pleine d’impact. Il se prend à espérer que cette pièce puisse être représentée dans les pays où les jeunes rêvent comme rêvait Amadou à leur âge. Que des textes comme celui-là puissent les dissuader de devenir les victimes consentantes de passeurs sans scrupules.

Car le récit d’Amadou fait écho à une réalité terrible, régulièrement rapportée avec plus ou moins d’émotion par les médias et reçue avec plus ou moins d’humanité… Une réalité qui ne cessera que lorsque ces jeunes ne verront plus l’Europe comme le phare aveuglant qu’il faut rejoindre pour une vie qui serait à coup sûr meilleure et qui justifierait tous les sacrifices financiers, tous les risques et toutes les souffrances.

Catherine Cugnet

Les Cahiers de l’Égaré – 2017 – 61 p.