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Ingénieurs arts et banlieues

Ingénieurs arts et banlieues

L’idée d’associer « art » et « social » n’est pas banale. Et il a fallu toute la pugnacité et toute la combativité de l’auteur pour faire épanouir cette idée qui s’est forgée au fil des années, pour faire entrer La Peinture dans les quartiers sensibles de Marseille, et maintenant d’autres villes de France (Toulon, Lyon, Chambéry, Roubaix, et bientôt Région Parisienne), par le biais d’ateliers de peinture, dans la rue et ouverts à tous les enfants.

Plongeant dans ses racines familiales fortement ancrées dans l’ouverture aux autres mais aussi tournées vers la culture classique – musique, littérature, histoire -, l’auteur nous dévoile les ressorts, parfois intimes, qui l’ont amené à passer du métier d’ingénieur dans l’industrie à celui d’ingénieur dans les cités : la découverte progressive de l’Art pictural – de l’atelier municipal de Montmartre à l’École des Beaux-arts de Marseille – et l’immersion durant quinze ans comme volontaire au sein d’ATD Quart Monde.

Au fond, c’est l’association entre les complémentaires Beauté et Bonté, en référence à la rencontre de l’artiste Jean Bazaine et du père Joseph Wresinski, qui a guidé l’auteur dans la création d’Arts et Développement.

Sans être un mode d’emploi pour la création d’ateliers de peinture de rue dans les quartiers (aujourd’hui près de 50 en France), l’ouvrage questionne sur la nécessité de « l’art dans la rue », sur le « pour quoi » de la démarche. La Peinture, atelier personnifié, prend corps au fil de l’ouvrage.

Même si on peut regretter le peu de place laissée à la parole des enfants, on se régalera, entre autres, des extraits des rapports d’observation des artistes intervenants, notés « sur le vif ».

Etienne Tulasne

Éditions Vérone – 2022 – 109 p.

Compte-rendu publié dans la Revue Quart Monde n° 264 : Vers une protection sociale universelle