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Celui qui ne travaille pas ne mange pas !

Celui qui ne travaille pas ne mange pas !

La longue histoire de la répression des pauvres à partir d'une phrase de saint Paul : "Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus."

Vingt siècles de répression des pauvres

Vingt siècles de répression des pauvres en 200 pages ! Pour réussir ce pari sans perdre son lecteur, Régis Burnet, professeur d’exégèse, prend comme fil rouge une phrase de saint Paul : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. »

Margaret Thatcher s’en sert pour justifier son ultralibéralisme. A la suite de Karl Marx, les constitutions de l’URSS la convoquent pour exiger l’ardeur au travail du prolétariat. Chacun manipule la Bible pour fonder son idéologie, mais c’est toujours l’évidence irréfléchie de la « valeur travail » qu’on cherche à conforter.

En parcourant cette « histoire parfois un peu déprimante » de l’interprétation de cette maxime, l’auteur nous met en garde contre les slogans simplificateurs : écrite pour le petit groupe des coreligionnaires de Paul afin qu’ils ne délaissent pas les activités du monde dans l’attente du Messie ; présentée aux moines comme moyen de vaincre l’acédie [paresse spirituelle] ; brandie contre les pauvres et les marginaux afin de consolider un ordre social basé sur le travail voulu par Dieu ; et aujourd’hui universellement utilisée comme une condamnation de l’assistanat et de l’oisiveté… des plus pauvres bien sûr !

Dans chacun des ces contextes, les résonances sont différentes. Si l’écorce des mots est la même, la formule transposée sans précaution d’un univers de pensée à un autre, en vient à signifier presque l’inverse de sa visée initiale.

Une invitation à ne pas nous laisser piéger par des idées reçues.

Frédéric-M. Le Méhauté

Éditions du Cerf – 2015 – 216 p.

Compte rendu publié dans la Revue Quart Monde n° 237.