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Service public ou barbarie
Analyse
Arnaud Bontemps, co-fondateur du collectif Nos services publics, dresse un constat
de crise des services publics : maltraitance institutionnelle à lʼencontre des personnes
des deux côtés du guichet (reprenant le travail dʼATD Quart Monde sur le sujet), perte
de sens du travail, dérives bureaucratiques, fragmentation de la
société, politiques réactionnaires et anti-écologiques, etc. Les services publics ne
remplissent pas leur mission, si tant est quʼils lʼaient déjà fait véritablement. En
retraçant leur histoire, il souligne quʼil nʼy a jamais vraiment eu de définition claire et
unanime des services publics : ils sont à construire.
Au lieu de considérer quʼil faut revenir vers le passé, il propose donc de fonder les
services publics dans un nouvel élan : ils devraient être « une réponse aux besoins
essentiels de la population, déployée en dehors du marché, financée collectivement et
gérée démocratiquement ». Leur objectif doit être de « mettre en œuvre concrètement
lʼidée de notre égale humanité ».
Afin dʼy parvenir, il faut toutefois déverrouiller la situation : la manière dont le budget
est voté, mais aussi la manière dont le débat public est encadré, dont la répartition des
pouvoirs fonctionne, ainsi que les dogmes politiques et économiques et le
fonctionnement européen… sont autant de verrous à faire sauter pour permettre la
coopération et le pouvoir à tous les étages entre les fonctionnaires et les citoyen-nes.
En reprenant de nombreux exemples (sécurité sociale de lʼalimentation, maisons
collectives de santé, gestion du COVID 19), Arnaud Bontemps met en avant une
culture de la coopération et de la décision collective : il faut que le pouvoir puisse
circuler, en travaillant autant le mode de désignation des personnes ayant le pouvoir
que la manière dont le pouvoir sʼexerce.
Ugo Ziccarelli
La Découverte, Petits cahiers libres, 2026, 333 p.
