Entrez votre recherche ci-dessous :

« Il faut mieux se connaître entre nous »

Militante Quart Monde près de Lyon, Élodie Espejo-Lucas signe l’avant-propos du livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté. Avec son mari, Vincent, ils racontent comment ce livre les a aidés à lutter contre les préjugés.

« Toutes ces idées fausses, nous les avons entendues 1000 fois. On sait que c’est faux, mais on n’a pas forcément les réponses à apporter pour pouvoir avoir un meilleur dialogue. Ces préjugés, ils m’ont d’abord rendu triste. Quand j’étais petite, j’avais l’impression que ma mère profitait du système, qu’elle avait fait cinq enfants pour les allocations familiales, parce que c’est ce que j’entendais en sortant de chez moi. Ensuite, j’ai grandi et j’ai compris que c’était son handicap qui empêchait ma mère de travailler. C’est alors la colère qui est arrivée face à ces réflexions. J’avais besoin de ne pas laisser les gens dire cela. Aujourd’hui, quand on entend une idée fausse, on en discute, on ne lâche pas, on se bat, car on sait que ce n’est pas possible de laisser dire cela.

Ce livre est génial, car il apporte des chiffres, des analyses, des réponses, il y a un vrai travail derrière, ce n’est pas du blabla. Grâce à lui, on a réussi à faire bouger la façon de penser de certaines personnes. Même nous, militants Quart Monde, on a parfois des idées fausses, on peut penser que certains profitent du système. Il y a des fraudeurs, c’est vrai, mais pas plus chez les pauvres que chez les autres. Et on ne connaît jamais complètement la vie des autres. Il faut se battre pour tous, pas pour certains seulement, et il faut mieux se connaître entre nous. Pour lutter contre ces préjugés, on doit mettre les gens dans le dialogue. »

Retrouvez En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté sur le site des Éditions Quart Monde