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Six volontaires en découverte à ATD Quart Monde

Ils ont deux ans pour connaître le mouvement de l’intérieur. Avant de décider ou non de s’engager à plus long terme.

– « Pouvez-nous dire pourquoi vous êtes encore dans le Mouvement ? », lance une voix autour de la table.

– « C’est bien, cette question, cela nous renvoie à nos racines », commente Christophe Géroudet, membre de la délégation nationale d’ATD Quart Monde.

Ce mardi midi, les tout nouveaux volontaires « en découverte » ont proposé aux deux volontaires permanents de « la DN » de déjeuner avec eux, à la maison Quart Monde de Montreuil.

Ils ont plusieurs mois pour découvrir le Mouvement de l’intérieur, ses actions, sa façon de fonctionner… Ils décideront ensuite s’ils repiquent pour un an de volontariat dans la perspective d’un engagement à plus long terme. Quoi de mieux dès lors que d’échanger avec des « anciens » au parcours reconnu ?

De g. à dr. et de haut en bas, Ouarda, Simon, Hugo, Cyriane, Julian et Paul. ©FP, ATDQM

 

IDEAL

Les uns ont apporté un repas maison, les autres un plat tout fait. Au milieu de la table, des fruits et des gâteaux à partager.

« Au départ, j’étais dans la banque, c’est dire le chemin parcouru, commence Pascal Lallement, délégué national, mais je voulais donner un sens à ma vie. A ATD Quart Monde, ce que j’aime surtout, c’est l’humain, la rencontre. »

« J’ai d’abord travaillé quatre ans comme ingénieur spécialisé dans la résistance au feu des structures métalliques, enchaîne Christophe Géroudet, puis j’ai démissionné pour rejoindre ATD Quart Monde. Mon chef était abasourdi. »

Puis il souligne qu’un tel choix n’est pas si simple : « On a un idéal et on passe à la réalité. Il y a des hauts et des bas… »

TOURNANT

Autour de la table, les cinq volontaires en découverte – Cyriane, Ouarda, Julian, Hugo et Simon, un sixième Paul, les rejoindra quelque jours plus tard – n’en perdent pas un mot. Ils s’interrogent sur le tournant que pourrait prendre leur vie et ont besoin avant d’y voir clair.

Le Mouvement leur paraît compliqué, avouent-ils. Ils ont du mal à en comprendre la structure, qui décide de quoi. Christophe et Pascal se font didactiques : outre « la DN », il y a la présidence, les pôles, les réseaux, les équipes régionales… Et il faut ajouter la dimension internationale du Mouvement.

SENS

Venus d’horizons divers, les jeunes volontaires ont une chose en commun : une quête de sens, la volonté de vivre en accord avec leurs valeurs.

« J’ai travaillé dans la communication et dans le business, explique Cyriane, 24 ans. A un moment, dans la com, j’ai eu l’impression de faire de la publicité mensongère, c’était contre mes valeurs. J’ai fait un service de volontariat européen en Macédoine. Et là, j’ai rencontré une personne qui m’a parlé d’ATD Quart Monde. »

Hugo, 23 ans, titulaire d’une licence en Economie sociale et solidaire, évoque aussi cette quête : « J’ai rencontré dans un collège une association qui accompagnait des enfants du voyage en milieu rural. Il y a des remontées qui prennent aux tripes. Je veux faire quelque chose qui a du sens. »

ENVOIS

Au début, les volontaires s’occupent des envois du 17 octobre, Journée mondiale de refus de la misère célébrée chaque année par les groupes locaux. Ils reçoivent les commandes d’affiches, de flyers, de tee-shirts…, préparent les paquets, les expédient. Une façon de souder le groupe.

Cette année, ils participaient en plus à la préparation du Village des initiatives. Paul prêtait main forte pour décorer les lieux, Julian pour organiser la bagagerie…

Simon, 24 ans, qui a déjà fait un stage de six mois à ATD Quart Monde dans le cadre de son master, organisait l’équipe accueil du Village. « On te dit Vas-y ! alors que tu n’as aucune expérience. C’est formidable et aussi un peu déstabilisant ».

Fin octobre, « la DN » devait attribuer à chacun une mission pour le reste de l’année. Un moment attendu avec impatience, une étape souvent déterminante pour leur décision à venir.

PREUVE

Combien resteront à ATD Quart Monde ? Ouarda, 30 ans, chercheuse en physique des matériaux au départ, assure qu’elle a « un projet réfléchi ». « Je voulais créer une association pour femmes seules avec des enfants. Mais je n’avais aucune expérience associative. J’ai découvert ATD Quart Monde qui me correspond tout à fait. L’histoire du père Joseph  me parle, j’ai eu un peu ce genre de vie.  » Je me vois partir avec ATD Quart Monde pour quelques années. »

Julian, 21 ans, parle d’une « année de rupture » après la prépa et une première année de licence. Passionné par l’écriture, il cherche « une expérience sur le réel ». « Ce que j’aime à ATD Quart Monde, c’est qu’on ne cherche pas à colmater les brèches, que la culture et les livres fonctionnent comme un ascenseur social. »

Paul, 22 ans, licencié en géographie, se voit rester. Alors que certains s’inquiètent de devoir vivre avec 590 euros par mois, le loyer pris en charge, s’ils deviennent volontaires permanents, lui ne se fait pas de souci. « J’ai envie d’apporter, je sais aussi combien les plus pauvres peuvent nous apprendre, mes parents ayant été volontaires quelques années. »

Ouarda, Cyriane, Julian, Hugo, Paul, Simon : quelque soit leur choix, ils sont la preuve que le Mouvement touche les jeunes.

Véronique Soulé

Le saviez-vous ?
ATD Quart Monde compte quelque 450 volontaires permanents, de 40 nationalités, qui interviennent aux côtés des plus démunis dans 30 pays.