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« Se loger et manger, c’est plus important que la culture » : vrai ou faux ?

Faux. La culture est une part essentielle de l’être humain et peut « remettre en route » une vie.

Geneviève de Gaulle Anthonioz a expliqué l’importance qu’avaient eue pour elle la culture, l’art et la spiritualité, alors qu’elle se trouvait déportée en 1944 dans le camp de concentration de Ravensbrück(1). À la même époque, des femmes internées dans un autre camp mettaient en scène le conte de Blanche Neige pour représenter leur situation(2). Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant ont montré combien l’aspiration à la beauté avait été forte au cœur même de l’esclavage, dans les siècles précédents. Nombreux sont les témoignages qui disent combien la culture est essentielle à l’être humain, même au plus profond de sa détresse(3). « La demande culturelle des milieux défavorisés englobe les arts, la beauté, les expressions artistiques de toutes sortes, souligne le rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale » dès 1987. Là encore, les plus pauvres expriment dans toute sa profondeur une attente qui vaut pour tous les milieux peu aisés(4). » Tout cela va à l’encontre de la célèbre théorie de la « pyramide des besoins » du psychologue Abraham Maslow qui, bien que n’ayant pas de validité scientifique, est souvent citée et enseignée. Cette théorie définit une hiérarchie de cinq niveaux de besoins, distinguant des besoins dits primaires des besoins dits secondaires.

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Un programme de recherche mené par ATD Quart Monde a déconstruit cette pyramide, expliquant que la culture peut « remettre en route » une vie : « les besoins culturels sont aussi importants que les besoins qualifiés traditionnellement de primaires. […] La culture est une nourriture essentielle pour l’être humain. Le matériel, au sens large, ne suffit pas pour redonner de l’élan dans une vie(5). Les gens ne se mettent pas en route pour cela. La difficulté, par exemple, que peuvent avoir des personnes en situation de précarité à prendre leur santé en main peut provenir d’une absence de but, d’un manque de finalité dans leur existence. […] De fait, il existe un cloisonnement entre l’action sociale, qui prend en compte les besoins primaires vitaux, et l’action culturelle, qui paraît subsidiaire (à satisfaire lorsque les autres besoins seront satisfaits) ou relative, donc non primordiale quand il s’agit de personnes en situation de précarité. […] Il existe à la fois des besoins primaires vitaux et des aspirations (reconnaissance, culture, beauté…) qui font que quelqu’un est un être humain à part entière. Pour passer de l’assistance à la participation, il faut que ces aspirations soient prises en compte. […] Nous proposons de remplacer le dessin pyramidal [de la pyramide de Maslow] par un cercle, une boule, qui respecte la totalité de la personne(6). »

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