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Les Visages d’ATD Quart Monde #9 – Malgorzata, Joanna et Magda, volontaires polonaises en découverte

Malgorzata, Joanna et Magda se sont engagées comme volontaires à ATD Quart Monde à Varsovie pour un an. En janvier dernier, elles ont participé pendant dix jours, à une session de découverte du Mouvement à Méry-sur-Oise (Val-d’Oise), son siège international.

Malgorzata, Joanna et Magda sont venues ensemble de Pologne, parmi la trentaine de pays où le Mouvement est implanté. Elles ne se connaissaient pas avant de travailler au siège d’ATD Quart Monde à Varsovie. En France, avec une dizaine d’autres jeunes volontaires en découverte, elles ont approfondi leur connaissance du Mouvement et participé à diverses activités : rencontres avec des volontaires et avec la présidente du Mouvement en France, visite du centre des archives de Baillet, temps de formation, chantiers…

Nous les avons rencontrées lors de leur séjour. Elles nous ont expliqué en anglais, et pour l’une d’elles en polonais grâce à l’interprétariat d’Asia, pourquoi et comment elles avaient rejoint le Mouvement.

Être avec les gens

Malgorzata, 30 ans, frange blonde et visage rond, commence. Elle semble la plus à l’aise pour parler avec la journaliste.

 » J’étais enseignante dans un jardin d’enfants à Varsovie. Une structure privée, très moderne. Mais il y avait beaucoup de travail administratif. Et les parents étaient considérés comme les plus importants. J’avais vraiment envie de changer, de faire autre chose. J’ai pris ma décision durant l’été 2018. Je connaissais ATD Quart Monde par un ami. J’ai appris qu’ils cherchaient des volontaires et j’y suis allée. Je suis impatiente d’en savoir plus sur le Mouvement. Devenir volontaire permanente ? Je ne sais pas encore, je vais voir.

À ATD Quart Monde à Varsovie, je travaille avec des jeunes et sur les questions d’information. Nous visitons aussi des familles, nous organisons des réunions. Le plus important pour moi, c’est d’être avec les gens. À ATD, j’apprends tout le temps, je comprend mieux comment être avec les familles.

Ce que j’apprécie aussi dans le Mouvement, c’est que nous ne laissons jamais seules les personnes, nous nous soutenons les uns les autres, nous poursuivons toutes le même objectif, lutter contre la misère. « 

Avoir un travail qui fait sens

Joanna, 33 ans, réservée au premier abord, s’enhardit après que Malgorzata se soit exprimée.

 » J’étais enseignante en école primaire. Trop de travail de bureau. Je voulais travailler dans une ONG. J’ai cherché sur internet je suis tombée sur une annonce d’ATD Quart Monde, en août 2018.

J’ai toujours voulu avoir un travail qui faisait sens, où l’on était avec les gens, où l’on faisait des choses bien, en équipe. J’ai été engagée dans une organisation étudiante, on avait notamment organisé une conférence sur la co-existence entre les peuples.

J’ai rejoint ATD Quart Monde en novembre 2018. Je suis à l’administration financière. Je mène aussi des actions de terrain, je visite des familles. Nous ne faisons pas de bibliothèque de rue en ce moment parce que les familles ont déménagé. Nous cherchons un lieu. J’aime vraiment beaucoup ce que je fais à ATD. »

Aller vers les autres

Magda, 27 ans, enchaîne. C’ est elle qui paraît la plus timide. Elle parle d’une voix douce, toute en sourires.

 » J’ai connu ATD Quart Monde par un ami, allié du Mouvement. Il m’en a parlé, connaissant ma sensibilité. Je suis diplômée en psychologie. J’ai fait aussi de l’économie mais je n’ai pas terminé mon mémoire l’an dernier. J’ai décidé d’être volontaire permanente à ATD Quart Monde.

Dans le Mouvement, il y a beaucoup de personnes bien qui partagent le même but : la lutte ou plutôt l’éradication de la pauvreté comme disait Jozef Wresinski.

Oui, la figure de ce prêtre d’origine polonaise, fondateur d’ATD Quart Monde, compte dans mon choix. Le livre de Francine de la Gorce  » Un peuple se lève  » est traduit en polonais. Un ami me l’a offert dans un moment difficile. J’ai découvert que, malgré toutes les difficultés, Jozef Wresinski était arrivé à réaliser quelque chose. Il  ne s’était pas refermé sur lui-même. Au contraire, il s’est ouvert pour aller vers les autres. Cela m’a fait comprendre que je pouvais moi aussi faire quelque chose.

C’est très fort que ce prêtre catholique, avec une enfance si compliquée, n’ait pas abandonné et qu’il ait pu faire tout ce qu’il a fait. Sa mère lui a certainement transmis de la force. Jozef Wresinski a trouvé son chemin, il est venu à Noisy-le-Grand et il a dit :  » c’est mon peuple « . C’est très fort, cela. Tout ce qu’il a vécu dans son passé l’a aidé à soutenir les gens.

Enfin, je trouve formidable que des gens de diverses religions l’aient rejoint, que l’on puisse agir tous ensemble, au delà de nos différences et que l’on lutte ensemble. « 

Véronique Soulé

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