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Les volontaires permanents sont des « travailleurs aux relations humaines »

Volontaire permanente depuis 1980, Martine Hosselet-Herbignat est aujourd’hui directrice de la rédaction de la Revue Quart Monde, véritable « caisse de résonance de la pensée des familles membres d’ATD Quart Monde ».

De la Bibliothèque de rue créée dans un quartier de Namur en 1972 à la Revue Quart Monde, dont elle s’occupe depuis 12 ans, l’écrit semble être un fil conducteur dans le parcours de Martine Hosselet-Herbignat. C’est à Namur, en Belgique, où elle a grandi, qu’elle entend parler d’ATD Quart Monde pour la première fois.

Elle a alors un peu plus de 15 ans. Un ami, avec qui elle « donne des coups de mains dans les quartiers défavorisés de la ville » revient « tout chamboulé » d’un chantier d’été à Méry-sur-Oise. « Il avait vu comment il était possible de vivre avec des familles très pauvres, mais aussi de réfléchir avec elles à l’avenir. » Ils décident alors, avec quelques amis de créer une Bibliothèque de rue, à laquelle elle participe activement pendant 8 ans.

Après ses études d’assistante sociale, Martine devient responsable, avec son mari, d’une maison d’accueil pour des hommes vivant principalement à la rue. « Au bout de deux ans, on se trouvait vraiment très seuls. De fortes relations d’amitié avaient été créées avec ces hommes, dont certains sont devenus les parrains de nos deux premiers enfants, mais nous ne savions pas comment avancer avec eux. Il n’y avait pas vraiment de perspectives. » Ils décident alors de devenir volontaires permanents d’ATD Quart Monde, en 1980.

À Noisy-le-Grand, où ils commencent au Pivot culturel de la Cité de promotion familiale, ils proposent des activités aux enfants et adolescents. Mais, surtout, ils trouvent ce qui leur manquait à Namur : « une équipe pour réfléchir ensemble à cette connaissance des familles en grande pauvreté que nous avions déjà et à la perspective d’un combat plus vaste, plus global ». En intégrant le volontariat, elle devient membre d’un groupe de « travailleurs aux relations humaines, qui font le pari qu’avancer vers une société plus juste en travaillant sur différents fronts vaut la peine ». Elle découvre alors l’importance de l’écriture régulière, imposée aux volontaires par le fondateur d’ATD Quart Monde, pour mieux comprendre les événements, prendre de la distance ou mettre en lumière certains faits.

Un laboratoire d’expérimentations

Avec sa famille, ils s’installent ensuite à Herblay, dans le Val-d’Oise, puis partent pour Bruxelles. Là, Martine prépare les Universités populaires Quart Monde avec les participants. « Certains groupes venaient de Liège et apportaient souvent leurs productions artistiques. Les militants Quart Monde de Bruxelles étaient un peu jaloux et nous disaient qu’eux aussi étaient capables de produire de belles choses, mais qu’ils n’avaient pas de lieu pour cela. »  L’idée fait alors peu à peu son chemin et tout le monde se relève les manches pour rénover, dans le quartier de Molenbeek, une ancienne brasserie, qui devient la Maison des savoirs. Il s’agissait « d’une sorte de laboratoire d’expérimentations », avec des ateliers de peinture et de dessin, mais aussi une mare écologique entretenue avec les enfants, et des ateliers d’informatique et de programmation, précurseurs en ce début des années 1990. Jusqu’en 1994, Martine anime l’atelier « Art et Poésie ». Elle ressent alors le besoin de mettre par écrit cette aventure autour de l’expression artistique des personnes en situation de pauvreté dans le roman Clin d’œil à l’ami Picasso.

Sa mission la conduit ensuite loin de Bruxelles, à Marseille où, dans l’équipe du Forum du Refus de la misère, elle est chargée à partir de 2000 des relations avec les associations amies, dans les pays méditerranéens, au Maghreb et au Proche-Orient.

Caisse de résonance

Et c’est en 2008, que, tout en restant à Marseille, elle prend la tête du comité de rédaction de la Revue Quart Monde, héritière de la revue Igloos née en 1960. « C’est passionnant, parce que c’est une caisse de résonance de la pensée des familles membres d’ATD Quart Monde. En parallèle, je ne me lasse pas de découvrir des universitaires expliquant en quoi, dans leurs domaines de recherche, la pauvreté est une question et un sujet de réflexion. » Les dossiers de la revue croisent l’évolution de la société et des réflexions du Mouvement concernant les droits fondamentaux, le logement, la formation, l’emploi, mais aussi la culture ou les loisirs.

La revue donne également la parole à des personnes ayant connu Joseph Wresinski ou qui réagissent à ses écrits. Elle propose des conseils de lecture ou de films et permet à ceux qui le souhaitent de prendre la plume pour témoigner de faits qui les indignent. Pour Martine, ATD Quart Monde « a donné une colonne vertébrale » à sa vie en assurant « une sorte d’unification » entre ses aspirations, notamment littéraires, et « un engagement politique et des convictions personnelles inchangées, qui se sont renforcées, depuis près de 50 ans ». Julie Clair-Robelet

Retrouvez la Revue Quart Monde sur le site des Éditions Quart Monde.

 

Photo : Martine Hosselet-Herbignat. ©Marie Milliard-Rastoin

 

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