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« Les très pauvres votent front national » : vrai ou faux ?

Faux. Les personnes en grande précarité votent plus à gauche qu’à droite.

La précarité a effectivement favorisé en avril 2012 Marine Le Pen, qui a doublé son score chez les électeurs précaires (20 %) par rapport aux plus favorisés (11 %). Mais, plus que la catégorie des plus précaires, c’est la catégorie juste au-dessus qui a le plus voté Le Pen (24 %), ceux qui ont un petit patrimoine, possèdent parfois leur logement, ont un statut social et craignent de le perdre. Lors de cette élection, les plus précaires ont voté plus à gauche que les autres couches de la population(1).

« Plus que la condition sociale ou la profession, ce qui regroupe les électeurs du FN, précise le démographe Hervé Le Bras, c’est plutôt le sentiment de ne pas s’en sortir face à la crise. Le FN recrute dans une population plus large, comprenant des artisans et des commerçants, appartenant à une classe moyenne inférieure ou à une classe populaire supérieure. Ce ne sont pas tant les plus fragiles socialement qui votent FN que ceux qui les côtoient et redoutent de basculer dans une forme ou une autre de précarité.(2) »

Notes

1C. Braconnier, N. Mayer (dir.), Les inaudibles. Sociologie politique des précaires, Paris, Presses de Sciences-Po, 2015.
2C. Daumas, « Le vote frontiste se propage comme des épidémies de grippe », journal Libération, 10/12/2015.

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