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« Les pauvres sont violents » : vrai ou faux ?

Pas si simple. Ils sont davantage victimes qu’auteurs de violence et parviennent parfois à la maîtriser mieux que d’autres.

L’étude « La misère est violence, rompre le silence, chercher la paix » menée en 2010-2011 par ATD Quart Monde dans vingt-cinq pays a mis en évidence que les personnes en situation de pauvreté étaient plus victimes qu’auteurs de violence : « Aucun autre groupe de personnes n’est soumis à autant de violence, autant de châtiment, autant de ségrégation, autant de contrôle et autant de mépris que les personnes qui vivent dans la pauvreté (1). » Celles-ci ne sont pas violentes de nature. Ce sont les inégalités, les injustices et la pauvreté qui constituent une violence inhumaine et attaquent les capacités des hommes, des femmes et des enfants, y compris leurs capacités de communiquer les uns avec les autres. Mais cette violence est le plus souvent ignorée par la société, qui voit surtout celle commise par les personnes. La violence subie est même parfois vue comme une punition ou une fatalité par ceux qui l’endurent ; elle réduit ses victimes à l’exclusion et au silence.

Richard Wilkinson et Kate Pickett expliquent, dans Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, que plus les inégalités sont fortes dans une société, plus elles génèrent chez les personnes les plus démunies une violence physique qui est presque toujours une réaction à l’irrespect, à l’humiliation et à la honte (2).

Mais cet enchaînement n’est pas une fatalité. Aux États-Unis, le sociologue Robert J. Sampson a montré que la violence est plus faible dans les quartiers où la cohésion sociale et la confiance sont fortes entre les habitants, qu’ils soient riches ou pauvres (3).

En France et dans d’autres pays, on peut citer de nombreuses expériences de vie partagée dans des quartiers défavorisés, mises en œuvre par des habitants, des associations, etc. Ce sont les personnes en précarité qui hébergent le plus d’autres personnes encore plus mal logées qu’elles, parce qu’elles savent ce que signifie être sans-abri. Les équipes d’ATD Quart Monde sont témoins quotidiennement de la force de ces liens dans des quartiers déshérités du monde entier. Ils ont permis de sauver des vies après l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans (2005), le séisme en Haïti (2010), le typhon Haiyan aux Philippines (2013) ou encore lors des violences en Centrafrique (2013-2016).

couv_idees_fausses_2017_200ATD Quart Monde publie l’édition 2017 de l’ouvrage de référence qui démonte les idées fausses. Indispensable plus que jamais en période électorale.

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Merci à Nikolaz pour ce dessin.