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Les jeunes Européens cassent les frontières

Du 7 au 11 juillet, la rencontre européenne des jeunes a rassemblé à Méry-sur-Oise une centaine de jeunes venus de neuf pays.

Installés sous un arbre, à l’ombre, un petit groupe de jeunes se prépare. Ils ne parlent pas la même langue, ne se connaissaient pas quelques heures auparavant, mais ils ont découvert qu’ils vivaient des expériences similaires. Ils ont donc inventé une saynète pour parler du regard des autres et du jugement. Cela faisait partie des trois thèmes abordés par la centaine de jeunes de 13 à 30 ans rassemblés à Méry-sur-Oise, avec la thématique de l’école et celle d’un travail digne. Traduite instantanément en sept langues, leur représentation est chaleureusement applaudie.

Ils sont venus de Belgique, d’Espagne, d’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, de Pologne, de Roumanie, de Suisse et de France pour « réfléchir ensemble à ce que cela signifie aujourd’hui d’être un jeune européen vivant la grande pauvreté », explique Lou Borderie, responsable de la Dynamique jeunesse européenne. Ces cinq jours leur ont permis d’aller « au-delà des frontières nationales, mais aussi de celles de l’esprit, des préjugés qu’on peut avoir quand on ne comprend pas la personne qui est à côté de nous. On a créé un cercle de solidarité, de liens », affirment plusieurs jeunes lors de la dernière assemblée plénière.

Refus de se laisser faire

« On a senti de vous, jeunes, le refus d’être harcelés, mis de côté, car on ne répond pas aux attentes de la société et de l’école ; le refus de se laisser faire quand, dans le travail, nous sommes exploités et maltraités ; le refus d’être enfermés dans la peur et dans la honte que vivent nos familles et nos parents ; le refus d’être enfermés dans l’immobilisme », constate Chantal Consolini, membre de la délégation générale d’ATD Quart Monde. « Vous n’êtes pas tristes, pas désespérés, pas passifs, vous êtes joyeux, vous avez envie, vous avez des rêves, vous voulez combattre des injustices avec d’autres dans le monde », poursuit-elle. Que ce soit lors des temps de réflexion des matinées, lors des activités créatives ou sportives des après-midi ou pendant les soirées festives, tous ont su créer des espaces de rencontres et d’échanges, dans une ambiance joyeuse et bienveillante.

Ce rassemblement, organisé dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse, leur a aussi permis d’échanger avec des représentants de la Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative et avec une représentante du Forum européen de la jeunesse, Paulína Jalakšová. Car l’objectif est bien de construire un plaidoyer pour la jeunesse, porté par ATD Quart Monde au niveau européen.

Laboratoire d’idées européen

« On est en train de créer une espèce de laboratoire d’idées européen. Nous allons réunir un groupe de jeunes délégués de chaque pays pour travailler pendant toute l’année 2022 sur ce qui est ressorti de cette rencontre. Puis, en avril 2023, une quarantaine de jeunes participeront à une session d’études au centre européen de la jeunesse, à Strasbourg. Ils pourront ainsi rencontrer les membres des institutions européennes en petits groupes, dans un contexte très privilégié. Ensuite, un grand rassemblement aura lieu à Strasbourg en mai 2023, à l’occasion des 30 ans de l’inauguration de la Dalle en l’honneur des victimes de la misère installée devant le Conseil de l’Europe », détaille Lou Borderie.

En voyant les jeunes s’emparer du micro sur la scène, Pierre Klein, responsable de l’équipe Europe d’ATD Quart Monde, leur donne un dernier conseil : « Ne perdez pas votre énergie et vos espoirs en écoutant les adultes. Le monde a besoin de vous ».

 

Photo : © Dominique Bechet