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Journée mondiale des réfugiés : un combat de tous pour les droits de tous

Face à ceux qui aurait la tentation de monter les uns contre les autres, ou de défendre les uns plus que les autres, il n’y a qu’une solution, c’est de nous mettre ensemble autour de ce qui nous est commun avec pour objectif que chacun de nous, d’où qu’il vienne soit respecté dans sa dignité. Réaffirmons notre volonté de nous mettre ensemble, « population d’ici et d’ailleurs », réaffirmons que notre combat est celui pour les droits de tous, sans distinction.

La force d’ATD Quart Monde est de pouvoir s’appuyer sur l’expertise de ceux qui se battent contre la pauvreté et l’exclusion depuis longtemps et ont accepté de la mettre au service de tous pour faire changer la société.

Ce que raconte Micheline, militante Quart Monde, de sa rencontre avec une famille kosovare illustre ce combat commun :

« Un jour un grand père kosovar est venu à moi, m’expliquant que son fils et sa belle-fille étaient partis leur laissant les 2 plus grands des enfants. Il était dans la galère.

Je suis impliquée avec les femmes relais depuis longtemps parce qu’avec Aquilina [militante Quart Monde] on a connu les galères et on ne veut pas que les autres la connaissent aussi.

Là a commencé un long parcours, nous sommes allés avec le grand père et les deux enfants chez l’assistante sociale, lui demandant de l’aide au point de vue juridique, alimentaire et surtout pour scolariser les petits. L’entretien était difficile. L’atout que j’avais,  c’était que déjà je m’occupais des papiers administratifs du grand père, donc dans ce sens c’était facile.

La difficulté supplémentaire, c’était la langue. L’assistante sociale me posait les questions, je les reformulais en français courant au gamin, qui lui traduisait au grand père, et les réponses allaient dans le sens inverse, dans le même processus. Nous sommes allés tous ensemble aussi au centre médico psychologique, pour les petits, sur conseil de l’assistante sociale.

Mais pour l’école ce fut une autre histoire, les petits étaient déjà scolarisés dans une école d’une autre ville près de Nancy, impossible d’avoir le certificat de radiation puisque les parents n’étaient pas là, la famille était dans un foyer ADOMA. Au bout de 3 semaines, alors que le plus grand me demandait chaque jour « c’est demain qu’on va à l’école », ils sont rentrés à l’école surtout grâce à la compréhension de la Directrice qui est passée outre.

Ce qui a été formidable c’est qu’on a réussi à réunir tous les gens qui venaient aux femmes relais pour demander de l’aide. Ils  se sont mobilisés à leur tour pour que  les gamins partent avec un cartable et le nécessaire comme tous les autres enfants.

Tout cela pour vous dire que le chemin des migrants n’est pas aussi idyllique que certains disent.  Qu’on peut tous être solidaires.

On parle beaucoup des migrants mais en réalité, on est tous pareil, des personnes humaines, des familles qui nous battons pour les papiers, pour l’école, et on peut s’aider, se donner des conseils. Ce qu’on veut c’est aller vers tous ceux qui galèrent pour que personne ne se sente abandonné. »