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La société idéale, de l’utopie à la concrétisation 1/3

Pendant trois jours, les jeunes venus de toute la France à la rencontre nationale d’ATD Quart Monde ont dressé le portrait de leur société idéale en définissant les valeurs fondamentales qui la caractériseraient.

Ils ont aussi imaginé ce qu’ils pouvaient faire, dès maintenant et à leur échelle, pour y parvenir.

 

 

Voici leurs témoignages dans le premier volet de notre série en trois épisodes :

Ilona, 18 ans, Nogent-le-Rotrou

La société idéale, c’est une société où tout le monde s’entend, les préjugés s’effacent, on se mélange, il n’y a pas de guerre entre les riches et les pauvres, entre les hommes et les femmes… Les valeurs seraient la solidarité, la générosité, la bienveillance, l’écoute et le partage. Moi, je veux aider les autres s’ils ont un problème, les mettre en garde sur certaines choses. J’aimerais aussi créer un site internet pour parler des discriminations, de la pauvreté, de ce dont on ne nous parle pas, les choses positives et négatives.

Robin, 21 ans, Lorraine

Ce serait avant tout une société où les gens s’entraident, car on constate aujourd’hui les dégâts et les excès de l’individualisme, notamment sur l’environnement. Il faut prendre conscience qu’on n’est pas seul, qu’on vit dans un environnement qui est fragile et qu’on doit agir ensemble.

La valeur principale de la société idéale est l’amour, guidée par l’entendement, par la sagesse. Pour agir, il faut d’abord agir sur soi, essayer de devenir « sage », cultiver de bonnes valeurs pour éviter d’être dirigé par ses passions, ses désirs, qui peuvent conduire à des excès. C’est un chemin long et périlleux, mais, quand on y parvient, il faut essayer de partager ces valeurs avec d’autres personnes, leur montrer que c’est possible de changer.

Léana, 21 ans, Dole

Ce serait une société où il y aurait beaucoup de tolérance, des échanges, des efforts de compréhension, de la solidarité et de la paix. À mon niveau, j’essaye de ne pas avoir de préjugés, d’être très tolérante, de toujours vouloir connaître, apprendre avant de juger quoi que ce soit.

Yadali, 23 ans, Poitiers

Ce serait un monde dans lequel il n’y aurait plus de guerre, où chacun pourrait vivre décemment. Je souhaite qu’il n’y ait pas de gens laissés de côté, que tout le monde puisse avoir un toit, de quoi manger et subvenir aux besoins de sa famille et puisse accéder aux loisirs qui lui plaisent, sans entraver la liberté des autres. Le respect et l’entraide seraient les valeurs fondamentales. Il faut que chacun respecte l’autre, son histoire. On n’est pas obligé d’aimer tout le monde, mais on peut au moins se respecter, cela évite les conflits.

Mathilde, 24 ans, Marseille

C’est une société de proximité, où il y aurait des contacts, où les gens connaîtraient leurs voisins, se parleraient en vrai. Il y aurait du respect, du partage, de la confiance dans les relations avec les autres. Moi, je veux essayer de donner de la valeur aux rencontres que je fais, en me disant que ça compte à chaque fois. Je vais essayer d’être avec des gens différents de moi pour changer et m’engager auprès d’ATD Quart Monde.

Angelina, 19 ans, Brest

Pour moi, la société idéale, c’est de ne mettre personne de côté, qu’il soit riche ou pas, qu’on apprenne à vivre tous ensemble, à discuter avec tout le monde, à ne pas se juger et à faire attention aux autres. Ce serait une société d’égalité et de justice, où l’on comprendrait que ce n’est pas parce que quelqu’un est plus pauvre qu’il n’est pas intelligent comme les autres.

Moi, je ne vais pas vraiment vers les autres, mais j’ai commencé à discuter avec plusieurs personnes lors de cette rencontre et je pense que, maintenant, j’irai plus facilement vers les autres, pour apprendre à les connaître, apprendre leur culture, voir comment ils vivent, même s’ils sont différents de moi. On est tous des humains et on vit tous différemment.

Mehdi, 95, Montmagny

La société idéale, ce serait bien, mais je crois qu’en France on est déjà assez bien. C’est la mentalité de certains personnes qu’il faut changer. Dans les grandes villes, les gens sont souvent individualistes, ne pensent qu’à eux et n’aident pas beaucoup les autres. Mais il faut se rendre compte de la chance qu’on a d’être en France. Les valeurs fondamentales seraient la solidarité et le fait de se respecter les uns les autres.

Nathan, 21 ans, Val d’Oise

Pour moi, la société idéale ce serait une société dans laquelle on serait tous égaux, où il n’y aurait pas de différences entre les gens, même si certains ont plus d’argent, et il n’y aurait plus de discriminations raciales. La valeur fondamentale serait vraiment l’égalité. Moi ce que je veux faire pour changer la société c’est parler fort, pour que les gens m’entendent bien.

Lucas, 21 ans, Île-de-France

Ce serait une société assez inclusive, où il y aurait beaucoup de logements pour loger tout le monde et vivre décemment, mais aussi des commerces ; une société qui proposerait des loisirs pour tous et des moyens de transport. La ville idéale assurerait les divers droits à chacun : droit à la mobilité, droits aux loisirs, à la culture, et même droit à l’emploi. Elle intégrerait des espaces apaisés pour le loisir, où l’on pourrait laisser libre court à la détente. Ses valeurs seraient la liberté, le fait d’être tous égaux et que personne ne se sente supérieur aux autres

Amaëlle, 19 ans, Montreuil

Pour moi, c’est une société où on peut vivre ensemble. Mais ce n’est pas le mythe de vouloir vivre ensemble tous de la même façon, ce serait vivre ensemble tous dans nos différences. Les valeurs seraient l’équité, l’entraide et la recherche du bonheur. Je pense qu’il faut s’intéresser aux gens, discuter avec eux, essayer déjà au quotidien d’appliquer ces valeurs fondamentales que l’on veut appliquer et avoir le courage de changer radicalement.

Éric, 28 ans, Saint-Étienne

C’est une société où l’on peut faire confiance, s’entraider et trouver des solutions pour avancer ensemble, sans jugement, sans guerre, sans embrouille. Une société qui permet de montrer ce qu’on sait faire, d’accepter les autres et de soulever les personnes les plus démunies pour les aider à s’en sortir. Je pense qu’il faudrait ressortir les cahiers de doléances de la Révolution et montrer la force que cela peut donner au peuple et qu’il ne faut donc pas nous laisser de côté, mais avancer avec tous. Les valeurs seraient le respect, l’amour et le soutien pour vivre, réfléchir et avancer ensemble.

Laureen, 23 ans, Poitiers

Ce serait une société où tout le monde cherche à comprendre l’autre et l’accepte tel qu’il est. Ce serait aussi aussi une société où on consomme uniquement ce dont on besoin et où il y aurait un partage égalitaire des richesses et des ressources ; une société où l’on valorise les individus pour leurs compétences, leurs talents, leurs aptitudes et pour ce qu’ils sont. Elle serait dominée par des valeurs comme la compréhension de l’autre, l’empathie, le travail sur les émotions pour accepter les siennes et celles des autres, savoir les exprimer. Il y aurait aussi de la solidarité et de la simplicité, les gens ne voudraient pas avoir une vie trop faste, mais juste vivre simplement.

Je peux essayer de me changer moi-même pour mieux comprendre les autres, avoir un comportement le plus en accord possible avec mes valeurs, en termes de consommation et, dans mon rapport aux autres, essayer de les valoriser pour ce qu’ils sont, les accompagner, prendre conscience des privilèges qu’on a pour soutenir ceux qui ont moins et faire du bénévolat là où il y a besoin.

Propos recueillis par Julie Clair-Robelet.

Photos : Julie Clair-Robelet et Remi Santiard, ATD Quart Monde