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Journée mondiale du refus de la misère : une étude sur les dimensions de la pauvreté en France remise au gouvernement

Communiqué de presse – 14 octobre 2019

ATD Quart Monde, le Secours Catholique – Caritas France, l’Association des Centres Socio-Culturels des 3 cités et une enseignante-chercheuse de l’Institut Catholique de Paris publient un rapport surles dimensions de la pauvreté en France, résultat d’une recherche menée pendant trois ans enassociant les personnes en situation de pauvreté en tant que co-chercheuses. Ce rapport seraprésenté par l’ensemble de l’équipe de recherche le 17 octobre à 15h00 à Elisabeth Borne, Christelle Dubos et Olivier Noblecourt, au Ministère des Solidarités et de la Santé, à l’occasion de la Journéemondiale du refus de la misère. Objectif : défendre la création de nouveaux indicateurs de pauvreté et contribuer à l’élaboration de meilleures politiques de lutte contre la pauvreté aux niveaux national et international.

Téléchargez le rapport et sa synthèse sous embargo jusqu’au mercredi 16 octobre 22h00

8 dimensions et 2 expériences constantes pour mieux comprendre la pauvreté et donc mieux la combattre

S’il est largement admis que la pauvreté est multidimensionnelle, aujourd’hui encore on tend à la limiterà ses aspects financiers quand il s’agit de la mesurer. Pourtant l’enjeu est de taille : alors que la communauté internationale vient d’adopter la feuille de route pour la mise en œuvre des Objectifs pourun Développement Durable (ODD) – dont le premier est d’éradiquer la pauvreté partout et sous toutes ses formes – la manière dont nous comprenons et mesurons la pauvreté est plus que jamais essentielle.

Menée en France par ATD Quart Monde, le Secours Catholique – Caritas France, l’Association des CentresSocio-Culturels des 3 cités à Poitiers et une enseignante-chercheuse de l’Institut Catholique de Paris, cetterecherche participative a permis de dégager huit dimensions de la pauvreté, en partant de la vie des personnes qui en souffrent : privations matérielles et de droits, peurs et souffrance, dégradation de la santé physique et mentale, maltraitance sociale, maltraitance institutionnelle, isolement, contraintes detemps et d’espace, compétences acquises et non reconnues par la société.

Le rapport met l’accent sur l’interdépendance de ces huit dimensions. Il défend la nécessité d’uneapproche systémique de la pauvreté puisque « tout est lié, rien n’est figé ». Le rapport donne aussi des exemples concrets de ce que vivent les personnes en situation de pauvreté, entre dépendance et combat au quotidien, identifiées comme deux expériences transversales et constantes de la pauvreté. « Quand on vit dans la pauvreté, on doit toujours lutter. Vivre dans la pauvreté, c’est être enfermé dans une spirale. C’est aussi avoir des blocages. Le blocage est global », explique ainsi un groupe de personnes en situation de pauvreté.

Une méthodologie innovante : des personnes en situation de pauvreté co-chercheuses

En mettant en œuvre la méthodologie du Croisement des savoirs et des pratiques© développée depuisvingt ans par ATD Quart Monde en lien avec des professionnels et des scientifiques, cette recherche participative a pour originalité de reconnaître les personnes en situation de pauvreté en qualité de co- chercheuses, à égalité avec les universitaires et les professionnels. Cette approche, qui met en confrontation différents savoirs, permet ainsi de changer de paradigme : les populations qui étaient l’objet de programmes pensés par d’autres deviennent source d’une connaissance indispensable pour lutter efficacement contre la pauvreté.

Une étude internationale

Ce rapport sur les dimensions de la pauvreté en France, s’inscrit dans le cadre d’une recherche participative internationale, pilotée par l’Université d’Oxford et ATD Quart Monde avec le soutien denombreux partenaires. Menée durant trois ans au Royaume-Uni, en France, aux Etats-Unis, au Bangladesh, en Tanzanie et en Bolivie – cette recherche a permis de mettre en lumière neuf dimensions communes à ces six pays permettant de définir la pauvreté. Les résultats internationaux de cette recherche ont été présentés le 10 mai dernier à l’OCDE.

Pour Jean-Claude Dorkel, membre de l’équipe de recherche ayant l’expérience de la pauvreté : « Cette recherche rejoint notre engagement à éradiquer la misère. Nous voulons que nos combats servent à d’autres. »

Pour Véronique Fayet, présidente du Secours catholique – Caritas France : « Cette recherche confirme deux convictions clefs du Secours Catholique : la pauvreté financière a un impact sur l’ensemble de la vie socialeet familiale des personnes qui en souffrent et ces personnes doivent être actrices des politiques publiques. Leurexpérience de la précarité est partie intégrante de la recherche. C’est de leur expertise que doit également partirla recherche de solutions. »

Pour Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde : « Nous espérons que ce rapport fasse évoluer le regard des politiques et de la société sur les personnes les plus pauvres. Elles se battent pour s’en sortir mais trop souvent on les soupçonne de profiter des « aides » sociales, de ne pas chercher à travailler et à s’insérer dans la société. Notre crainte aujourd’hui est que les réformes actuelles – retraites, chômage, revenu universeld’activité … – aggravent la maltraitance institutionnelle dont elles sont victimes, comme le souligne cette étude. »

Pour Elena Lasida, enseignante-chercheuse à l’ICP : « On espère que cette recherche produira des outils plus efficaces pour lutter contre la pauvreté, mais indépendamment de son résultat, elle est déjà porteuse d’unchangement radical de paradigme : la pauvreté ne se réduit pas à des données à collecter sur le terrain, elle est conçue comme une expérience qui donne un savoir singulier et incontournable pour la combattre. »

Pour Mohammed Rhalab, co-président de l’Association des CSC des 3 Cités : « Dans une société civilisée comme la nôtre, dans une nation classée au cinquième rang mondial, la pauvreté doit être notre préoccupation première. Il faut que notre regard sur la pauvreté et sur ceux qui la vivent, change. C’est une réalité qu’il faut regarder avec lucidité et surtout avec la volonté de la changer. Ce rapport montre qu’on ne peut résoudre les problèmes de la pauvreté qu’en écoutant et en travaillant avec ceux qui la vivent. »

Contact presse

Emilie Perraudin / [email protected] / 06 28 61 69 05

 

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