Entrez votre recherche ci-dessous :
Journal d'ATD Quart Monde n° 453 Août.2015

Lutter contre le réchauffement : pas sans les pauvres

Paris va accueillir une grande conférence mondiale sur le climat en décembre, la COP21. ATD Quart Monde demande que les populations vivant dans la grande pauvreté soient associées aux politiques de lutte. Trop souvent, les mesures mises en œuvre se retournent aujourd’hui contre elles.

Éditorial du journal

Comme un colibri

Une volontaire nous a envoyé ces mots : « Qu’a pu vivre cette femme pour être si méfiante de tout le monde ? Souvent je la vois de loin et du coup elle s’en va, fuit ma présence. Tout en respectant son attitude, je m’interroge. (…) Être présent, à l’écoute et oser un pas quand l’autre nous y invite, ne jamais forcer, un équilibre si fragile…(…) Un paquet de souffrance, son corps est toujours tendu, prêt à bondir, qui a envie de crier, d’exploser, de fuir, qui se ferme, s’ouvre le temps d’un instant. « Oui je veux bien qu’on m’aide, mais pas en me disant fais-ci, fais-ça. »
Les services sociaux, l’école se font de plus en plus pressants, déjà deux enfants qui n’habitent plus sous leur toit… Non, pas la dernière, pas celle-là… Alors elle se referme encore plus, et un jour, je la vois dans la rue, en pleurs, on va venir chercher sa fille… Et tous ces gens qui décident pour elle…(…) Qui entend les cris sourds de cette mère ? »
Cette approche me rappelle ces mots d’André de Peretti (1) : « Regardez ce colibri (…) Il a la possibilité, non seulement de la marche avant comme les autres oiseaux, mais aussi de la marche arrière. Il s’arrange pour s’approcher des fleurs, juste ce qu’il faut pour reculer s’il est trop près, ré-avancer s’il est trop loin. A chaque instant il peut régler sa présence/distance, à la fine pointe des fleurs (ou des choses) pour ne pas les abîmer mais pour bénéficier du nectar, pour être dans une présence qui ne soit pas pression, ni dans une distance qui serait aussi pression par défaut. »
Trouver la bonne distance… Pour cela, il faut chercher ensemble, partager nos visions, nos idées, se laisser interroger dans nos équipes, nos groupes… C’est tout le sens de notre mouvement qui veut rassembler pour permettre à tous de faire reculer la misère.
Pour ce faire, il nous faut être unis. Ne nous leurrons pas. C’est difficile, un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Parce que la misère est rude. Parce que nous sommes humains. Parce qu’il nous faut accueillir l’autre, pauvre ou non, construire à partir de lui et de ce qu’il peut apporter. Se transformer ensemble. En cherchant en priorité ceux qui sont absents ou qui ne trouvent pas leur place dans nos projets.
De fait, ils nous manquent.

Pascal Lallement, membre de la délégation nationale d’ATD Quart monde

(1) « Présence de Carl Rogers », A. de Peretti, Erés, 1997

ATD Quart Monde revient à l’équilibre en 2014

Le mouvement a présenté ses comptes annuels : les recettes couvrent quasiment toutes les dépenses. Pour confirmer cette tendance dans la durée, la priorité est de trouver de nouveaux donateurs...

Aux Philippines, le défi du relogement

Les autorités relogent des familles de Manille menacées par la montée des eaux ou par la pollution. Mais certaines ne trouvent pas les moyens de subsister sur place. Un défi que gouvernement, les...

À lire et à voir pendant l’été 2015

Les lectures de l’été J’ai cherché si c’était vrai Bernadette Cornuau, une femme engagée Jean-Michel Defromont Plus qu’une biographie, ce livre nous entraîne sur les pas...