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Journal d'ATD Quart Monde n° 415 Mar.2012

Le politique, c’est nous

« Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi », disaient Gandhi et Nelson Mandela. De plus en plus de voix s’élèvent pour constater les limites des politiques destinées à lutter contre la pauvreté lorsqu’elles sont entreprises sans concertation avec les personnes concernées. La participation citoyenne est pourtant inscrite dans les textes.
Faisons-la avancer en dialoguant avec nos voisins, notre entourage, et en l’exigeant de nos élus et futurs élus.

Éditorial du journal

La clairvoyance du sage de Pikine

pascal_percq90-150f1Durant quelques jours fin janvier, des personnes en situation de grande pauvreté et d’autres, venues du monde entier, ont témoigné que « la misère est une violence », mais que ces personnes, malgré l’humiliation, posent chaque jour des actes de paix qui mériteraient d’être reconnus. Nous sommes allés d’étonnement en étonnement durant ces journées.

En croisant regards et expériences, nous avons compris combien il fallait croiser aussi les savoirs, inventer un nouveau langage universel porteur d’espoir basé sur l’écoute et le respect de l’autre.

Sans doute faudrait-il plusieurs dizaines de Feuille de route pour retranscrire tous ces échanges. On retrouvera sur les sites Internet du Mouvement et dans une prochaine Revue Quart monde l’essentiel de ces propos.

Citons une de ces voix, forte, celle d’un militant de la première heure au Sénégal, Monsieur Mustapha Diop, dit « Tapha », venu de Pikine dans la banlieue de Dakar. Même si M. Diop est aveugle, l’acuité de son regard est particulièrement pertinente.

Un soir, il découvre qu’en même temps que ce colloque, un autre sommet se tient à Davos en Suisse : celui de responsables économiques, de banquiers et de chefs de gouvernements. « Ces dirigeants décident entre eux d’actes politiques qui nous concernent, nous les pauvres, alors même que nous ignorons tout d’eux. Voilà bien une forme de violence invisible que je ne soupçonnais pas contre nous les pauvres », observe-t-il.

Et M. Diop, attentif, va de découverte en découverte au fil du colloque : « J’apprends qu’en Espagne des dizaines de milliers de familles sont à la rue ; qu’au Moyen-Orient, on met les enfants en prison ; qu’en Haïti, le peuple fait toujours face avec courage au séisme et au choléra… » Mais ce qui le met le plus en colère et le révolte, c’est de découvrir « qu’en France, on sépare les enfants de leurs parents pauvres pour les placer. La France est un pays riche, dit-il, et nous autres Africains, nous sommes pauvres. Si je répète cela chez nous, on ne me croira pas, on ne peut l’imaginer. Car chez nous, même si nous sommes très pauvres, ce sont nos enfants qui constituent notre richesse. Jamais on ne pourrait nous en séparer. » Sage M. Diop…

Pascal Percq, responsable du Pôle Mobilisation-Communication-Publications d’ATD Quart Monde France

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