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Journal d'ATD Quart Monde n° 437 Mar.2014

Agir contre la pauvreté au Québec

Vu de France, le Québec impressionne par le dynamisme de ses organismes communautaires nés dans les années 1970. Vu du Québec, ceux-ci ont beaucoup changé depuis. Nombreux sont les Québécois qui espèrent aujourd'hui un vrai engagement citoyen et du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté.

Éditorial du journal

Les bons et les mauvais pauvres

Je ne sais que penser de ce que j’entends depuis quelques semaines dans les médias. On voit revenir les bons et les mauvais pauvres, « ceux qui veulent s’en sortir » et qui y arrivent et « ceux qui ne le veulent pas. » A-t-on encore le droit aujourd’hui de penser de cette manière ? De dénier aux gens dans la précarité le courage qu’il leur faut tous les jours pour faire face à leurs obligations, aux regards méfiants de beaucoup, aux regards confiants de leurs enfants… bref, pour faire face à la vie quotidienne qui ne nous fait pas de cadeaux ?

Bien sûr et tant mieux, certains s’en sortent, deviennent député, chefs d’entreprises, actrice… Mais, et sans vouloir dénigrer les efforts qu’ils ont dû déployer, ils sont souvent partis avec un bonus de poids. Ils ont appris dans leur vie avant la galère qu’il faut rebondir sur les opportunités et qu’ils peuvent avoir confiance en eux.

Pour les autres, c’est bien plus compliqué. Depuis l’enfance, ils ont appris qu’on ne devait pas faire confiance (on s’est tellement fait avoir !). On leur a répété si souvent qu’ils ne valaient rien, qu’ils peuvent difficilement saisir une opportunité quand elle se présente.

Il y a quelques années, j’ai eu l’opportunité d’un travail sûr. Je n’avais qu’à écrire une lettre de motivation. Quelques-uns d’entre vous me connaissent. Je suis une battante. Je suis capable d’aller jusqu’au bout pour les autres. Mais je ne pouvais pas croire que quelqu’un puisse me faire confiance. J’ai essayé de l’écrire, cette lettre ! Jour et nuit, j’y pensais… Tout ce que je pourrais avoir pour mes enfants ; une vie normale ; moins peur des factures… Mais j’étais incapable de dire quelle était cette motivation que l’on attendait de moi, de mettre mes capacités en valeur. J’ai continué de vivre dans la galère.

Est-ce que je voulais rester au RSA ? Grand Dieu, non ! Je n’ai tout simplement pas eu assez confiance en moi, en mes capacités, pour écrire cette lettre.

Suis-je un mauvais pauvre ?

Marie-France Zimmer, membre de la Délégation nationale d’ATD Quart Monde France

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