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Confinement et précarité : garder les liens

En cette période de confinement, des membres d’ATD Quart Monde nous écrivent le quotidien de celles et ceux qu’ils connaissent. Extraits.

« Je connais deux personnes très investies dans une activité de jardinage proposée dans l’accueil de jour où je vais. Dès le week-end des 14-15 mars, elles m’ont fait part de leur inquiétude concernant la fermeture du lieu. Mardi, l’un d’eux me disait : « Ce matin, je suis allé à l’accueil de jour. C’était fermé. J’ai appelé et cela ne répondait pas. Je vais réessayer demain. Il faut arroser le jardin. Je sais bien que ce n’est pas très important ce jardin, mais nous on y met toute notre motivation. Cela fait du bien, même on n’est pas obligés de se coller l’un à l’autre vis à vis des microbes. »
Aujourd’hui, ils m’ont dit que l’accueil de jour avait accepté d’ouvrir afin qu’ils puissent arroser et jardiner. « C’était super. Il faisait beau. On a vu que les petits pois sont sortis. Les tulipes aussi. Cela va être magnifique. Cela fait vraiment du bien de pouvoir jardiner en ce moment. » Après leur activité, ils avaient le sourire. » (Yves)

« Tous les jours, je mets à ma fenêtre un petit poème sur une toile recouverte de peinture ardoise »

« J’habite dans un quartier où la population est assez variée. Un centre maternel et des logements HLM sont à deux pas de chez moi. Tous les jours, je mets à ma fenêtre un petit poème sur une toile recouverte de peinture ardoise. Cela permet donc de garder le lien avec l’extérieur et (et c’était là mon premier objectif) de permettre que certaines personnes puissent au moins sourire une fois dans la journée en regardant ma petite pancarte où les poèmes sont généralement assez positifs. J’ai repéré que la majorité des personnes qui s’arrêtent et m’adressent la parole souffrent de la solitude au sein de leur appartement. Elle m’ont dit être contentes de voir ces petits poèmes chaque jour. Pari gagné ! » (Pauline)

De la créativité contre l’ennui

« Plusieurs jeunes s’ennuient. L’un que nous avons appelé en fin du premier jour de confinement était sur le point de péter les plombs ; il ne s’imaginait pas de supporter de rester enfermé ainsi plusieurs semaines. Lors de l’appel téléphonique, il criait sa colère et, peu à peu, il parvenait à se calmer et, avant de conclure la conversation, il nous a remerciés de notre appel. Après une longue période d’inactivité, ce jeune venait juste de commencer à travailler dans une cantine scolaire ; il ne supportait pas cet arrêt brutal qui lui était imposé. Quand nous l’avons rappelé 8 jours plus tard, heureusement, il avait trouvé un rythme et des moyens d’occupation, notamment grâce à une console de jeux vidéo qui lui permettait d’être relié à d’autres.

Comme ce jeune, ceux qui sont en Ecole de la Deuxième Chance, en stage, ou en Garantie Jeune se retrouvent dans le vide, sans lien avec leur structure et sans projet de travail à distance.

Par ailleurs, nous avons imaginé des moyens pour se relier aux uns et aux autres, entre membres du groupe jeune, à partir des idées de jeunes ou de leurs attentes. Anne accepte de lancer et d’animer un groupe WhatsApp sur lequel chacun pourra donner des nouvelles et où elle postera des petits jeux ou des défis. Anne suggère de lancer, par exemple, un défi photos (avec son téléphone ou un appareil) sur des thématiques, des vidéos avec des thématiques, faire une petite chorégraphie pour celles et ceux qui aiment danser, etc. L’invitation a été lancée ce matin par SMS à 32 personnes et, à midi, nous avions reçu 18 réponses favorables. Seul un jeune a répondu qu’il n’était pas intéressé et un autre qu’il n’a pas WhatsApp ; nous allons donc chercher comment il pourrait être associé aux autres.
Nous avons demandé à Benjamin d’animer des séances de karaoké, par Skype ou un autre support de communication. Nous avons demandé à Thomas de chercher des jeux que nous pourrions faire à distance, par Skype ou un autre support de communication.


Nous continuons d’alimenter notre compte Facebook, notamment en y relayant des informations générales concernant le COVID 19 où en mettant des liens vers des sites culturels gratuits ou autres propositions.

Lorsque cette période de confinement sera derrière nous, nous imaginons proposer des sorties aux jeunes plutôt que de se retrouver dans notre local. Nous avons déjà deux rendez-vous de fixés : une randonnée en kayak et un week-end à la campagne. » (Nathalie et Denis)

Et vous, comment vivez-vous cette situation ? Quelles difficultés rencontrez-vous ? Des initiatives sont mises en place dans votre immeuble, votre quartier, votre ville pour venir en aide aux personnes en difficulté ? Comment se déroule le confinement et la scolarisation à la maison des enfants ? Quelles opérations de solidarité souhaiteriez-vous voir éclore ? Comment voyez-vous évoluer votre situation dans les prochaines semaines ? Écrivez-nous à : [email protected]