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Cheminer avec les familles en grande précarité

Une cinquantaine d’alliés et de volontaires d’ATD Quart Monde se sont retrouvés du 8 au 10 mars à Pierrelaye (Val d’Oise) pour une session intitulée « Cheminer avec les familles en grande précarité ».

 

Faut-il parler d’accompagnement, de compagnonnage, de présence ? Les mots ne manquent pas pour décrire l’engagement des membres d’ATD Quart Monde auprès des familles et personnes en situation de précarité. Pendant trois jours, une cinquantaine d’alliés et de volontaires, venus de toute la France, se sont réunis pour débattre sur ce sujet, mais aussi trouver des repères, partager leurs doutes, leurs expériences et ce qui leur donne de la force.

Pour ATD Quart Monde, le terme d’accompagnement est en effet souvent ambigu. « C’est une notion à manier avec beaucoup de précaution », soulignent plusieurs participants, qui pointent les limites parfois floues « entre soutien, assistance et accompagnement vers le droit ». Marie-Claire, alliée à Toulouse (Haute-Garonne), préfère pour sa part parler de « compagnons d’apprentissage ».

Mais au-delà du terme employé, le cheminement avec les familles, au quotidien, suscite de nombreuses interrogations. « Comment faire en sorte que l’accompagnement permette à la personne d’accéder à ses droits, de faire respecter sa dignité ? Comment définir s’il s’agit d’une aide ou d’un obstacle à l’émancipation de la personne avec qui on est en relation ? Comment faire quand le droit à être accompagné par une personne de son choix ou une association est bafoué par l’institution ? »

Fort investissement

C’est tous ensemble, puis en petits groupes, que les participants à la session ont réfléchi à leurs pratiques, racontant chacun leur tour une situation vécue et les questions qui en découlent, avec parfois encore une pointe d’émotion dans la voix. Car l’accompagnement des familles ou des personnes demande souvent « beaucoup d’investissement et est très fort émotionnellement », rappelle Chantal, membre du secrétariat Famille et petite enfance au siège d’ATD Quart Monde à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Karine, jeune volontaire en Franche-Comté, a ainsi conscience de « l’importance de savoir où sont ses propres limites, de trouver la bonne distance et de ne pas tout accepter ». Pour Joseph, allié à Caen (Calvados), « ce n’est pas évident de savoir le besoin, l’aspiration la plus profonde de la personne avec laquelle on souhaite cheminer. Il peut arriver qu’elle ne dise rien et ce moment peut être angoissant. Puis il y a parfois un déclic, un léger frémissement, imperceptible, qui montre qu’elle commence à redresser la tête ».

Tous les participants soulignent ainsi la nécessité « de ne pas se retrouver seul, de créer des espaces de dialogue pour les accompagnants ». Ils rappellent aussi qu’il s’agit d’un travail sur le long terme au cours duquel les membres d’ATD Quart monde « doivent avant tout être dans l’échange, dans la vie partagée » pour que chacun retrouve « du pouvoir d’agir ».

Reportage : Julie Clair-Robelet Photographie : François Poussin, ATDQM

Renseignements : [email protected]