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Les ȃmes et les enfants d’abord

Les ȃmes et les enfants d’abord

Ce texte, bouleversant et dérangeant, vient nous questionner sur nos points faibles, sur notre part d’humanité, sans jamais nous juger.

Déambulant à Venise, voulant entrer dans la basilique, une femme découvre sur le sol un paquet de chiffons ressemblant à une forme humaine. C’est une mendiante, en plein froid ; seule une main, paume ouverte, sort de ce tas de guenilles. La visiteuse, qui tient la main de son jeune fils, ne pourra se défaire de cette image de la misère.

Trois ans plus tard, c’est à elle qu’elle s’adresse en l’appelant « Madame » lorsqu’elle écrit ce texte. Ni un roman ni un documentaire, il nous interroge sur ceux qui vivent dans la misère, sur nous, sur nos yeux qui voient, ne voient pas, sur nos enfants qui grandissent à « hauteur » des SDF assis sur nos trottoirs.

La narratrice doit tous les jours répondre aux questions de son enfant. Elle n’a pas d’indulgence pour elle-même : « Sur la pauvreté, je n’en sais ni plus ni moins que les autres. Je l’ai croisée, je ne l’avais pas remarquée ou alors c’était sans rien y trouver de remarquable… ». S’adressant à cette « dame », l’auteure lui rend sa dignité.

Marie Odile Diot

Éd. Belfond – 2016 – 110 p.

Compte rendu publié dans la Revue Quart Monde n° 243