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Rencontre en ligne sur le thème de « La poésie de l’action » – Cycle « La grande pauvreté » du Dorothy

Le Dorothy organise, en partenariat avec ATD Quart Monde, un cycle de conférences sur le thème de la grande pauvreté. Dans ce cadre aura lieu le 18 mars à 20h une conférence sur Zoom sur la thématique de « La poésie de l’action ».

« La poésie de l’action », tel est le titre de la conférence très remarquée de François Jomini au cours du colloque international de Cerisy la Salle, « Ce que la misère donne à repenser avec Joseph Wresinski », en 2017 à l’occasion de son centenaire.

François Jomini fut le seul praticien à faire une grande conférence au cours de ce colloque, aux côtés de grands philosophes, sociologues, historiens. Instituteur de profession, devenu volontaire permanent d’ATD Quart Monde il y a 35 ans, il a mené de nombreuses actions de création culturelle avec les personnes en situations de grande pauvreté, enfants, jeunes et adultes, en Suisse, son pays, au Honduras, en France, en Allemagne. Il est aussi artiste, peintre, sculpteur, et au milieu de sa vie s’est formé à la philosophie

« Vous êtes des poètes de l’action », écrivait le Pape François dans sa lettre aux mouvements populaires le 11 avril dernier, jour de Pâques, pour leur exprimer son soutien, son amitié. Il leur dit qu’ils sont, eux, en première ligne de la crise mondiale que nous traversons. Première ligne invisible, aux gestes humbles et non reconnus par le monde, gestes toujours partagés, qui ne mettent pas en avant une personne particulière mais tiennent la communauté, gestes poétiques – de vraies créations.

C’est bien de cela dont parlera François Jomini dans sa conférence : les gestes mêmes des très pauvres sont des créations, mais il faut les voir, et les actions collectives qui font sens sont celles qui se joignent à ces gestes. « Les enfants les plus pauvres sont naturellement des créateurs. Ils savent que la création n’est pas achevée, car le monde tel qu’ils le vivent n’est pas beau, pas supportable. » Jomini cite encore le Père Joseph : « l’essence de la misère est de faire que les êtres qui la subissent se meuvent dans le vide » et Jomini commente : « comme le son de la voix ne se propage plus dans un espace vidé de son air… » Et il cite encore « comment redonner son intensité à la vie, si ce n’est en vivant avec d’autres la poésie ». Nécessité vitale de la création dans l’expérience du vide.

François Jomini décrit ces gestes, dans l’atelier art et poésie à Genève où des enfants en perpétuelle fuite finissent par oser. « Il empilait des cailloux. ‘Que fais tu ?’ ‘Je fais un château de cailloux’ » et ce dialogue a mené à un atelier de sculpture . Aussi au Honduras où François a fait bibliothèque de rue, en choisissant le lieu où vivait la famille la plus rejetée de son quartier, et dont le papa cherche la survie de sa famille, en allant en ville avec tous ses enfants pour aiguiser des couteaux. Cet homme avait fabriqué, inventé son outil de travail à partir d’une pierre qu’il avait trouvée. François cite ces enfants, cet homme – Don José – ou le Père Joseph Wresinski, et les fait dialoguer avec d’autres comme Simone Weil, André Gence, ou Emmanuel Kant.

Sa conférence sera accompagnée d’une exposition d’œuvres créées avec des personnes qui se dressent face à la grande pauvreté et l’exclusion.

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