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Le groupe des enseignants du projet pilote de Maurepas à Rennes : « Travailler en équipe et avec les parents »

Professeur des écoles, Yannick Merlin co-anime avec Benoît Hooge, d’ATD Quart Monde, le « groupe enseignants » du projet pilote de Maurepas. Il est coordonnateur des réseaux de réussite scolaire (RSS) de Maurepas et Villejean (avec les réseaux « ambition réussite », les RRS ont succédé en 2006 aux réseaux d’éducation prioritaire et aux zones d’éducation prioritaire).
Professeur des écoles, Yannick Merlin co-anime avec Benoît Hooge, d’ATD Quart Monde, le « groupe enseignants » du projet pilote de Maurepas. Il est coordonnateur des réseaux de réussite scolaire (RSS) de Maurepas et Villejean (avec les réseaux « ambition réussite », les RRS ont succédé en 2006 aux réseaux d’éducation prioritaire et aux zones d’éducation prioritaire).

Comment fonctionne le « groupe enseignants » du projet pilote ?

Il réunit cinq ou six fois par an une douzaine d’enseignants volontaires, sur les 44 que comptent les écoles des Gantelles et de Trégain. Parmi la trentaine d’autres enseignants, plusieurs manifestent un réel intérêt pour nos travaux et suivent nos réflexions, mais n’ont pas suffisamment de disponibilité pour venir aux rencontres.

Les enseignants manquent-ils de moyens pour faire réussir les enfants ?

Tous les enseignants veulent que chaque enfant réussisse, mais ils sont conscients qu’ils ne peuvent parvenir seuls à ce résultat. Il faut travailler à plusieurs : avec les parents, la collectivité, les acteurs de l’accompagnement à la scolarité, etc. Une circulaire de 2006 précise d’ailleurs que, parmi les dix compétences à acquérir pour les professeurs des écoles, il faut « travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école. » L’échelle du quartier me paraît être la bonne pour cela.

Comment le projet pilote incite-t-il les acteurs éducatifs à travailler ensemble ?

Il aide beaucoup à la reconnaissance du rôle éducatif de chacun, y compris des parents d’élèves qui vivent en grande difficulté. Je crois qu’il rejoint un courant chez les professionnels de l’éducation et dans des mouvements d’éducation populaire, qui refuse de considérer les parents comme démissionnaires et les habitants des quartiers périphériques comme fauteurs de troubles, et veut au contraire les associer réellement aux actions éducatives.

Quelle sera la suite de ce travail ?

Le 12 janvier 2011 aura lieu une formation à laquelle participeront des parents et les 44 enseignants des deux écoles du quartier (car cette journée a été reconnue journée  pédagogique). Cela permettra des échanges très importants. On devrait aussi retrouver des fruits de ce travail dans les projets des deux écoles, qui doivent être réécrits début 2011.

Et dans les mois et années qui viennent ?

Il est possible d’aller encore plus loin dans la coopération entre enseignants et parents. Les rencontres peuvent prendre d’autres formes, être plus fréquentes, avec des groupes plus restreints et mixtes enseignants-parents-partenaires. Le quartier de Maurepas est un quartier très mélangé, comme beaucoup de quartiers de villes en France. Ce que nous avons commencé ici peut aussi démarrer ailleurs.

Propos recueillis par Jean-Christophe Sarrot

Un projet pilote qui fait tache d’huile Le travail entrepris en 2007 par des parents et des enseignants
volontaires à Maurepas alimente la recherche-action « En associant leurs parents, tous les enfants peuvent réussir » lancée avec 23 sites en partenariat avec l’IRDSU (Inter-Réseau des professionnels du Développement Social Urbain), la MRIE (Mission Régionale d’Information sur l’Exclusion en Rhône-Alpes) et différents mouvements d’éducation populaire.
Infos : [email protected] ou 01 42 46 81 95.

Conditions de réussite

Voici quelques conditions de réussite apparues dans les premiers échanges :
– ne pas s’adresser aux parents uniquement au cas par cas ; les aider à se soutenir entre eux,
– prendre les moyens d’aller vers les parents les plus éloignés, et mobiliser pour cela tous les acteurs, dont les autres parents,
– comprendre pourquoi nos enfants ne grandissent pas comme nous à leur âge,
– prendre le temps qu’il faut pour créer une confiance. Plus les parents ont vécu des expériences de rejet et d’exclusion, plus cela demande du temps pour les exprimer.